Kheiron, tchatche académie

Comédien dans la série Bref sur Canal +, humoriste au Djamel Comedy Club et réalisateur de Nous trois ou rien (sortie prévue en novembre 2015), Kheiron raconte son parcours, celui de ses parents. Toujours proche des enfants, à leur écoute, il prône l’éducation.

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Ce film, Nous trois ou rien, vous l’avez écrit, réalisé et vous jouez le premier rôle. Avez-vous la pression ?
Avec le stand-up, j’ai l’habitude de la pression. Monter sur scène et demander au public de quoi il veut qu’on parle. Et le faire rire autant que si le spectacle était entièrement écrit à l’avance. Cette pression est mille fois plus monstrueuse qu’au cinéma. … Alors là je suis cool, très zen même si c’est mon premier film.

Vous êtes bien entouré, vous jouez avec Leïla Bekhti ?
Elle joue ma mère, je joue mon père. Il y a Gérard Darmon, Alexandre Astier, Michel Vuillermoz de la Comédie-Française, Zabou Breitman. Je n’ai forcé personne, ils sont vraiment venus pour l’histoire. Le sujet est tellement atypique, personnel et fédérateur à la fois. Cela m’a ouvert toutes les voies du cinéma en deux secondes cinquante. J’ai eu droit aux meilleurs acteurs, aux meilleurs techniciens. Tout le monde a voulu s’impliquer pour donner à ce film.

Est-ce un film drôle ?
C’est une comédie dramatique. L’histoire de mes parents est souvent triste. Mais ce sont des gens chaleureux. Ils rient tout le temps… je voulais un film qui leur ressemble. J’aime l’humour noir et trash, mais il n’y a rien de tout ça ici : aucune vulgarité, aucune scène de sexe. Mes parents sont très pudiques. Je leur ai fait un film sur mesure. C’est mon cadeau !

Êtes-vous retourné en Iran ?
Non, et je n’en ai pas envie au jour d’aujourd’hui. Je travaille 20 heures par jour. J’ai deux-trois semaines de vacances par an. Et je ne ressens pas le besoin de renouer avec la terre de mes ancêtres. Pas pour l’instant. J’ai plutôt envie d’aller au Mexique, en Indonésie…

Votre parcours est extraordinaire…
Mon parcours est banal. Il y a juste que très tôt je me suis rendu compte que j’aimais la musique, l’art et l’écriture. Je ne savais pas où j’allais mais je voulais être là-dedans. J’ai fait un disque de rap. D’ailleurs si je n’ai pas eu mon bac du premier coup c’est que j’avais un concert au moment de l’épreuve d’anglais. C’était éliminatoire. Deux ans après j’ai eu mon bac en candidat libre.

Comment en êtes-vous arrivé là ?
J’ai toujours travaillé avec les enfants en centre de loisirs, en maison de quartier, en centre de jeunesse. Je suis devenu agent de prévention et d’éducation et à côté de ça je faisais mes spectacles d’humour et ça marchait bien. Un jour j’ai dû choisir entre les deux. Là je me concentre sur mon art mais je sais qu’un jour je reviendrai vers l’éducation. Je ne sais pas quand. Je ne sais pas comment. Mon rêve c’est de créer une école.

Vous êtes le meilleur prof de stand-up, non ?
Je suis le plus grand amoureux du stand-up. J’aime tellement cet art. C’est tellement magnifique de faire rire avec rien. Sans musique, sans image, sans moustache, sans perruque, sans costume. Juste avec son corps et un micro dans la main.

Avez-vous passé un casting pour travailler sur la série Bref ?
Bref c’est tout con. C’est mon ami d’enfance Bruno (Muschio mais Navo est son nom de scène) qui est de Stains qui l’a co-écrit. Bruno, je le connais depuis que j’ai 6 ans. Au début quand je suis entré dans le milieu du stand-up, je l’ai emmené avec moi. Il était mon co-auteur. C’est là qu’on a rencontré Kyan Khojandi qui est un pote humoriste. Un jour Kyan galérait chez lui. Et de l’ennui est né Bref. Sur l’idée que ça pourrait être marrant de raconter l’histoire d’un mec qui galère dans la vie avec ce ton-là. Ils ont écrit avec Bruno. Avec deux-trois potes on a joué dedans. Ils ont montré le pilote au grand journal qui a adoré et c’est parti ! Moi je joue le rôle de Kheiron. Ça s’est fait en trois secondes et demie.

Tout a l’air facile à vous entendre ?
Quand on a une très bonne idée comme ils l’ont eue sur Bref tout s’ouvre plus facilement. Il y a eu alignement des planètes. Ça a plu à la génération Y. Les gens ont adoré. C’est parti vite.

Vous êtes né sur une bonne planète ?
Oui, c’est sûr. Quand vous verrez le film. Il y a plusieurs moments où on a failli mourir. Non seulement on ne meurt pas mais on est très heureux derrière…

Propos recueillis par Isabelle Lopez

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