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L’eau et la Seine-Saint-Denis
vendredi, 20 juillet 2012

Jusqu’au 19ème siècle, l’eau était très présente en Seine-Saint-Denis. Le développement de l’agglomération parisienne a bénéficié de la présence des rivières pour l’alimentation en eau, la défense naturelle, les communications et l’énergie (moulins).

Depuis un siècle, et plus encore après la Seconde Guerre Mondiale, l’urbanisation a modifié le cycle de l’eau : exploitation des nappes (au point d’abaisser certains niveaux de dizaines de mètres), drainage des zones humides, fortes dégradations des rus et rivières en terme de qualité, les rendant insalubres et nauséabonds.

Par ailleurs, ces rus et rivières ont souvent été rendus responsables des inondations, dans des zones urbanisées sur d’anciens marécages. La perception de l’eau par le public s’est alors focalisée sur les nuisances : pollution, inondation…, conduisant à la couverture de la plupart de ces rus. Depuis 30 ans, le Département a donc engagé de nombreuses actions visant à rétablir un cycle de l’eau plus naturel, et rendre une image positive à l’eau.
L’eau dans la ville est présente sous de nombreuses formes : l’eau potable, l’eau des rivières et des nappes, l’eau de pluie, l’eau usée…

Les rivières urbaines enterrées

Le département de la Seine-Saint-Denis était parcouru de nombreux rus et petites rivières, et les zones marécageuses couvraient de vastes surfaces.
La plupart de ces rus et rivières qui sillonnaient le département ont été couverts ou busés, disparaissant ainsi de la mémoire des habitants mais restant toujours présents.

Les principales rivières sont :
- le Sausset (8 km) : une partie à ciel ouvert est visible à Tremblay-en-France puis dans le parc du même nom à Villepinte. Il rejoint la Morée à Aulnay-sous-Bois ;
- la Morée (12 km) : observable en partie sous la forme d’un collecteur pluvial à ciel ouvert à Blanc-Mesnil ;
- la Vieille Mer (6 km) et le Rouillon (6 km) devenus respectivement collecteurs pluvial et eau usée enterrés, recevaient les apports de la Morée et du Croult. Le bassin versant de ce dernier couvre 236 km2 dans le Val d’Oise. . La vieille Mer traverse Saint-Denis et se jette dans la Seine ;
- le ru d’Arras (7 km) prenant sa source dans le Val d’Oise et partiellement observable à Villetaneuse ;
- le Moleret (4 km), qui change de nom pour devenir la Molette (10 km), le ru de Montfort (8 km), le ru de Vincennes prenant sa source à Montreuil (3,5 km) intégrés au réseau d’assainissement unitaire ;
- les rus de Nesle, des Grammonts, et de la Malnoue aujourd’hui transformés en un réseau d’eaux pluviales à Gournay-sur-Marne et Noisy-le-Grand et qui se jettent dans la Marne ;
- Le Rouailler, ancien affluent de la Morée qui prenait sa source à Clichy-sous-Bois.

Projet de réouverture de la Vieille-Mer

Depuis des années, le réseau d’assainissement est progressivement optimisé, les eaux maîtrisées et leur qualité améliorée. Ces résultats encouragent le SIAAP et le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis à redonner leur place à certains cours d’eau en leur permettant qu’ils s’écoulent de nouveau à ciel ouvert. Cet intérêt ne naît pas uniquement de ces améliorations hydrauliques mais parce que les cours d’eau participent de l’histoire, de la géographie, du paysage, du cadre de vie.
Plus globalement, la nature retrouve sa place dans la ville, où le citoyen participe à sa gestion et à sa préservation. Dans cette perspective, une réflexion a été menée depuis 1998, par le biais d’une vaste étude visant à mesurer la faisabilité, l’intérêt et les incidences de la découverture d’un cours d’eau en milieu urbain : la Vieille Mer. La Vieille Mer, aujourd’hui totalement busée était hier une rivière qui reprenait les eaux de la moitié nord du département de la Seine-Saint-Denis et de l’est du Val d’Oise. Les conclusions de l’étude confirment le rayonnement urbain, paysager, environnemental, social, d’une action de reconquête d’un cours d’eau.

L’eau potable

L’aqueduc de la Dhuys
L’aqueduc de la Dhuys fut construit sous le Second Empire (Napoléon III) afin d’alimenter Paris en eau potable. Il traverse des vallées et sanctionnent les coteaux et franchit 232 kilomètres presque à l’horizontale. Il fut construit pour apporter l’eau aux Parisiens, mais il sert également aujourd’hui à fournir en eau le parc Eurodisney et l’est de la région parisienne.
Les nappes, une solution de secours :
Plusieurs nappes se trouvent dans le sous-sol de la Seine-Saint-Denis, à des niveaux différents.
La qualité des nappes, les plus en surface, ne permet pas leur exploitation pour l’alimentation en eau potable.
Les nappes les plus profondes, de l’Albien et du Néocomien, sont des nappes d’eaux très pures, surveillées en tant que réserve en cas de crise d’alimentation en eau potable. La Seine-Saint-Denis compte 9 forages. Au quotidien, leur pompage est fortement contrôlé, il se limite à quelques industriels et à l’alimentation de quelques communes du département. à présent leur niveau remonte, et leur pollution affecte le développement du territoire.

Les cours d’eau et les canaux

La Seine et la Marne concernent le Département sur de faibles distances à l’ouest et au sud-est : la Seine le délimite au Nord-Ouest et son affluent, la Marne, au Sud-Est.

Le canal de l’Ourcq traverse le département sur une longueur de 17,6 km de Pantin au sud de Tremblay en France. Conçu à l’origine pour approvisionner la capitale en eau, il est, sur une section de 8,5 km, navigable, en aval, jusqu’à Paris.
Le canal Saint Denis, construit à la même époque que le canal de l’Ourcq (1803-1808), part du bassin de la Villette en direction du nord-ouest, fait la jonction avec la Seine au pied du fort de la Briche à Saint-Denis.
Le canal de Chelles qui sert de canal de navigation de la Marne.
L’aqueduc de la Dhuys fut construit sous le Second Empire (Napoléon III) afin d’alimenter Paris en eau potable. Il traverse des vallées et sanctionnent les coteaux et franchit 232 kilomètres presque à l’horizontale. Il fut construit pour apporter l’eau aux Parisiens, mais il sert également aujourd’hui à fournir en eau le parc Eurodisney et l’est de la région parisienne

La qualité des eaux de rivières

Souvent invisible, la pollution de l’eau prend différentes formes : chimique, bactériologique, etc. Pour préserver les rivières, le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis agit sur le réseau d’assainissement et en amont de celui-ci. Les rejets d’eaux usées dans les cours d’eau perturbent durablement les écosystèmes.
Les conséquences sont multiples : accumulation de matières toxiques, disparition d’espèces de poissons, prolifération de certains végétaux au détriment d’autres formes de vies.
Ainsi, il n’y avait plus que trois espèces de poissons dans la Seine en 1970, dans l’agglomération parisienne, contre une trentaine aujourd’hui.
Les pollutions limitent les usages de l’eau des rivières par les populations, et compliquent son traitement pour la production d’eau potable.

La préservation des rivières et de leur écosystème constitue donc un autre enjeu pour l’assainissement par la réduction des volumes d’eau sale rejetés sans traitement.

L’eau dans la ville

Du fait de la présence historique de l’eau sur l’ensemble du territoire de la Seine-Saint-Denis, il convient de sensibiliser tous les acteurs de l’aménagement urbain, dans le cadre des opérations d’aménagement, à la création de dispositifs liés à l’eau comme des fontaines, des bassins en eau, des zones humides, des zones inondables multifonctions, des cheminement des eaux pluviales à ciel ouvert. (Lien vers « l’eau dans la ville »)