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Visite au centre Samu 93

Jeudi 2 octobre 2014, le Président du Conseil général Stéphane Troussel a effectué une visite du centre régulateur du Samu 93, le plus important d’Ile-de-France, basé à l’hôpital Avicenne de Bobigny.

Au centre régulateur du Samu 93, les visages sont encore graves, deux mois après la mort du petit Zacharie, petit garçon de 10 ans habitant Epinay-sur-Seine et décédé le 3 août dernier. L’appel de sa mère, Monique, pour signaler au départ une violente douleur au ventre de son enfant, avait été reçu dans la nuit du 2 au 3 août à la plateforme du Samu 93 basée à Bobigny.

Une vive émotion s’était emparée de toute la Seine-Saint-Denis quand cette mère, n’ayant pas de voiture, avait expliqué avoir dû arrêter un taxi en pleine nuit dans la cité d’Orgemont à Epinay pour pouvoir se rendre aux urgences. Selon sa version, les pompiers, le Samu puis différents taxis contactés au préalable n’avaient pas daigné se déplacer.

Une version que réfute justement le Samu 93, qui a par ailleurs été mis hors de cause début septembre par l’Agence Régionale de Santé (ARS) à la suite d’une enquête administrative. Une autopsie a en effet révélé que l’enfant souffrait d’une malformation au cœur non détectée, ce qui aurait causé son décès. Une enquête judiciaire est toutefois encore en cours, la famille ayant porté plainte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.

« Après cette affaire, traumatisante pour nous, le Samu a été sur la sellette. Je comprends vraiment la douleur de la famille, mais nous pensons vraiment avoir agi selon la procédure », explique le chef de service du Samu-Smur et des urgences d’Avicenne Frédéric Adnet. Ce praticien expérimenté dit avoir écouté et réécouté la conversation avec la mère, enregistrée comme les 360 000 autres appels qui parviennent chaque année au Samu 93 : celle-ci, à aucun moment, n’aurait demandé de moyen de locomotion. « Sinon, il va de soi que nous aurions envoyé une ambulance », assure-t-il.

Sur la question du traitement de l’urgence, là encore, le médecin affirme ne pas détecter de faute. « A l’appel, il n’y a aucun élément de gravité. Les symptômes décrits, des maux de ventre, ne nécessitaient pas l’envoi de moyens lourds. Le conseil donné de venir consulter ici aux urgences était selon moi le bon et malheureusement, le régulateur de l’appel n’a jamais pu se rendre compte que cette dame n’avait pas de voiture », explicite-t-il.

Désarmé face à la douleur de la famille mais convaincu du bon fonctionnement de la procédure ce soir-là, le personnel du Samu 93 explique toutefois vouloir tirer des enseignements de cette affaire pour l’avenir. « Il va nous falloir revenir sur cet épisode, le décortiquer, comme nous le faisons pour toutes les situation de crise », détaille Frédéric Adnet qui n’écarte pas d’introduire une question plus systématique sur les moyens de transport disponibles pour éviter tout malentendu.

Lutter contre la désertification médicale

Jeudi, le président du Conseil général Stéphane Troussel a tenu à visiter le centre régulateur de Bobigny pour rappeler le travail abattu chaque jour par ces personnels, composés notamment de 39 assistants de régulation médicale assurant un premier tri des appels, 125 médecins et 19 ambulanciers.

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Le président du Conseil général, accompagné de la conseillère générale déléguée à la santé Michèle Bailly, s’est aussi déplacé pour rappeler l’importance de tous les services publics dans un département aux problématiques sociales plus aigües qu’ailleurs. « Nous avons un rôle important de détection, d’orientation, de service pour apporter la meilleure réponse possible aux usagers. Il faut continuer à se battre pour que ce sentiment de relégation, d’abandon qu’ont certains se dissipe », a souhaité M.Troussel.

L’élu a notamment rappelé les efforts faits par le Département en matière de dépistage de certaines maladies comme la tuberculose et de lutte contre la désertification médicale en Seine-Saint-Denis. « La prépa-médecine que nous avons lancée l’année dernière n’entrait pas dans nos compétences. Et pourtant, nous l’avons fait parce que se battre pour un bon accès aux soins est primordial », a expliqué Stéphane Troussel, faisant là allusion à un dispositif qui prépare gratuitement les étudiants désireux d’intégrer la fac de médecine de Paris 13 à Bobigny en échange d’un engagement à s’établir par la suite en Seine-Saint-Denis.

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Praticiens et représentants du Département ont notamment convenu du fait que la médecine de proximité restait un enjeu de premier plan. « Ici, l’hôpital reste attractif, il n’y a pas de problèmes de recrutement. Mais en médecine libérale, le tissu s’est désagrégé. Cela contribue à ce que des personnes attendent bien trop longtemps avant d’aller consulter et arrivent aux urgences avec des pathologies déjà très avancées », déplorent les responsables du Samu 93. Et Stéphane Troussel de conclure en réclamant à l’Etat « davantage de souplesse et d’incitations financières » pour les jeunes médecins, notamment en terme d’offres préférentielles de logement.

Christophe Lehousse

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