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Vincent Peirani

À l’affiche du festival Banlieues bleues le 31 mars, l’accordéoniste Vincent Peirani vient d’être consacré « musicien de l’année » par l’Académie de jazz. Mais plutôt que de s’en enorgueillir, le Séquano-dionysien d’adoption préfère se réjouir pour la reconnaissance ainsi apportée à son instrument. Portrait...

En janvier, l’Académie de jazz lui décernait le Prix Django Reinhardt de musicien de l’année. En mars, il figurait parmi les têtes d’affiches de Banlieues bleues. Entre-temps, son album « Belle époque », en duo avec Émile Parisien, était encensé par la critique. Malgré cela, et beaucoup d’autres, ne parlez pas à Vincent Peirani de succès. « Je continue juste à faire ce que j’ai toujours fait  », se contente de dire ce trentenaire aussi talentueux que modeste.

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Ni l’accordéon, ni le jazz ne sont pourtant ses choix initiaux. Quand il commence la musique à 11 ans, son père lui impose en effet, plutôt que la batterie rêvée, cet instrument un peu démodé. « Dès qu’il me le posait sur les genoux, je pleurais, se souvient-il. Un an après, j’ai commencé le classique avec la clarinette et cela m’a vraiment plu. Malin, mon père m’a amené voir un professeur qui m’a joué Bach à l’accordéon. »

Le jazz, lui, viendra plus tard, après une carrière courte mais très prometteuse. « J’ai été très malade à 17 ans et ai dû arrêté la musique durant deux ans. Les gens qui me trouvaient formidables sont partis... », raconte-t-il. À l’hôpital, un copain lui fait découvrir le jazz. « J’ai été scotché, avoue-t-il. Je me suis dit que si je m’en sortais j’en jouerais. » C’est ainsi qu’il intègre en 2001 le département Jazz et musiques improvisées du Conservatoire de Paris et, très vite, collectionne les prix.
L’accordéon si détesté devient son alter-ego. « Je l’ai depuis 15 ans, explique-t-il. Nous avons appris à nous connaître, à nous apprivoiser. Il s’adapte, selon que je le malmène ou en prends soin. C’est un instrument très complet, qui permet de jouer plein de choses différentes. »


Et effectivement, Vincent Peirani joue de tout, repoussant constamment les limites de son instrument et de sa pratique. « Je suis juste curieux, minimise-t-il là encore. Étant un batteur frustré, j’ai commencé à tenter d’interpréter des rythmes de batterie à l’accordéon. Depuis, je continue à chercher, parce que je ne veux pas m’endormir et pour faire ce qui me plaît... C’est un luxe. » Un luxe pour lui peut-être, mais assurément pour nos oreilles.

Stéphanie Coye

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