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Un principal international

Polyglotte, Joël Guignolet s’apprête à piloter le onzième collège international de France, un établissement expérimental basé à Noisy-le-Grand, et le premier des douze nouveaux collèges inaugurés. Portrait.

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À 23 ans, il part à Dallas comme instituteur. « J’avais fait la démarche sans trop y penser, persuadé que ça ne marcherait pas. » Une fois l’envie d’ailleurs concrétisée, retour à La Courneuve, chez lui où il se sent bien. Non loin de son père proviseur du lycée professionnel Denis-Papin. « Ce n’est pas toujours la tranquillité de revenir ici.
Mais j’ai toujours aimé travailler avec les gamins de Seine-Saint-Denis qui sont des élèves attachants. Ça me plaît bien de travailler en ZEP. Il y a du challenge, des enjeux forts. »

À New York, il relève un autre défi et dirige pendant trois années les sections maternelle et primaire du lycée français. Il sait combien les écoles françaises à l’étranger sont prestigieuses.

Au confluent de plusieurs cultures, elles pratiquent notamment le « renforcement positif » cher à Joël Guignolet : « Dans les pays anglo-saxons, on travaille l’aspect humain des élèves, leur capacité à s’investir, à s’impliquer. On retrouve cela dans les cursus internationaux, les écoles de commerce. Il faudrait développer cet aspect beaucoup plus tôt dans la scolarité de l’élève. Ce ne sont pas forcément toujours les résultats scolaires qui font la différence, ni d’où on vient. C’est aussi ce que l’on est et comment on le fait fructifier. »

Il se forme à la PNL (programmation neurolinguistique) et travaille l’écoute active, le dialogue « gagnant-gagnant » et la gestion de conflits. Il le dit lui-même : élever la voix sur un élève est inutile.

Dans le collège international qu’il s’apprête à diriger, les élèves, issus à 85 % de Seine-Saint-Denis, apprendront le portugais du Brésil, le chinois, l’anglais américain et l’arabe. Lui parle l’anglais, l’espagnol et a des rudiments de japonais. « On a ici des gamins qui ont des compétences, qui ont de la valeur et pour certains la volonté de réussir, la “niaque”. C’est inestimable. Pourquoi on ne leur dit pas ? Moi j’appelle ça de l’héroïsme, et je n’en parle jamais sans un frisson… »
À 46 ans, Joël Guignolet réussit à concilier ses deux passions : faire de l’international dans un endroit où il aime travailler, la Seine-Saint-Denis.

Isabelle Lopez

Trois dates

1998
Au lycée francojaponais de Tokyo, il dirige la section primaire (maternelle et élémentaire) pendant six ans.
2004
Au lycée français de New York, il occupe les mêmes fonctions pendant trois ans.
Septembre 2014
Il est nommé principal du collège international à Noisy-le-Grand.

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