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Steven Tronet tricolore !

Le coureur cycliste d’Auber 93, Steven Tronet, a remporté dimanche 28 juin 2015, le titre de champion de France en réglant au sprint tout le gratin français. Une magnifique victoire qui récompense le travail d’un coureur et l’engagement de toute une équipe.

Au départ des championnats de France, à part son équipe et sa famille, ils étaient peu nombreux à croire aux chances de victoire de Steven Tronet. Avec un parcours au relief tourmenté, le titre semblait promis soit à un baroudeur, soit un gros calibre des sprints internationaux. Pourtant, il y avait des indices, comme sa victoire d’étape le 18 juin dernier dans la Route du Sud devant des équipes Pro Tour, l’élite mondiale. « Cette victoire il y a une semaine m’a donné une confiance de dingue. Gagner une course de ce niveau m’a fait prendre conscience que je pouvais battre des coureurs du niveau de Coquard et Bouhanni. »

Dès lors, il lui fallait s’accrocher tout au long du parcours et attendre une arrivée au sprint, « faire le mort » comme on dit dans les pelotons. « J’étais bien mais passée la barre des 200 kilomètres, c’est devenu difficile. Il fallait en tant que sprinter attendre le plus tard possible. Bouhanni prenait beaucoup de vent car il roulait devant, donc je me disais qu’il était prenable. Je ne me suis pas occupé de lui, j’ai fait mon sprint en prenant la roue de Gallopin. »

Bien calé sur la gauche de la route à la limite des barrières, Steven oblige ses adversaires à subir le vent qui vient de la droite pour pouvoir l’attaquer, un modèle de tactique à montrer dans les écoles de cyclisme. La suite, c’est le favori Bouhanni derrière qui tombe, Tronet qui résiste, résiste et passe la ligne en vainqueur !

Une belle histoire

En cinq cent mètres, Steven Tronet vient de prouver qu’ Auber 93, une équipe Continentale, soit de troisième division, peut battre les grandes et riches écuries peloton mondial. « Quand on est dans les petites équipes, on doit se battre contre des trains. A Auber, on a tout ce qu’il faut pour rivaliser avec les formations comme Cofidis ou Europcar. On me place dans de très bonnes conditions mais je n’ai guère l’occasion de disputer les plus grandes courses. » Une question de budget plus que de talent, puisqu’Auber 93 est en recherche de partenariat après le départ il y a un an de son principal soutien privé.

Pourtant depuis plus de vingt ans les P’tits Gars d’Auber sont présents chez les pros avec le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis, une longévité unique qui s’explique par un enracinement dans le cyclisme amateur. Les pros Auber 93, c’est le sommet d’une pyramide constituée par tous les licenciés du Club municipal Aubervilliers cyclisme. Des enfants de l’école de cyclisme, en passant par tous les niveaux amateurs pour tous les âges et également l’équipe dames qui brille en Coupe de France, tous portent fièrement le maillot bleu d’Auber 93.

Un club qui mise depuis toujours sur la formation, quitte à voir partir ses éléments les plus doués pour un avenir plus brillant encore dans des équipes mieux classées. Le sprint de ce championnat de France en témoigne, comme l’explique Stéphane Javalet, le directeur sportif d’Auber depuis toujours : « Le sprint est lancé dans le dernier kilomètre par Stéphane Rossetto, certes chez Cofidis depuis cette année, mais dont la carrière a connu un nouvel élan deux années auparavant alors qu’il portait le maillot d’Auber. Ensuite, Tony Gallopin (Lotto-Belisol) qui a fait ses débuts chez Auber, met le turbo alors qu’il a Steven dans sa roue. Tronet est alors lancé et victoire ! »

Auber est une bien belle école de champions puisque Gallopin termine deuxième et que Rossetto est devenu vice-champion du contre-la-montre jeudi 25 juin. Quant au maillot tricolore, c’est le deuxième de l’équipe d’Aubervilliers. En 2000, Christophe Capelle l’avait déjà chipé aux grosses équipes ! Et Stéphane Javalet, heureux et presque aphone de conclure : « L’histoire est belle, elle récompense toute l’équipe et tous ceux comme le Département de Seine-Saint-Denis, qui sont à nos côtés depuis le début, quoi qu’il arrive. »

Georges Makowski

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