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Sidney Gavignet met les voiles entre La Courneuve et le Sultanat d’Oman

Inconnu du grand public, le skipper (46 ans) du trimaran « Musandam-Oman Sail » est pourtant l’un des plus recherchés du monde où son expérience multiple est louée. Avant de s’élancer dans la mythique « Route du Rhum » où il sera l’un des favoris, faisons connaissance avec ce (très !) surprenant et attachant habitant de la Courneuve !

Mise à jour du 12 novembre 2014
Chapeau bas à Sidney Gavignet ! Le skippeur de La Courneuve a passé mardi 11 novembre la ligne d’arrivée de la Route du rhum en 5e position, à bord du trimaran "Musandam Oman". Lui qui avait dû abandonner pour sa première participation en 2010 est cette fois allé au bout de son défi.
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Lancé sur trois pattes, son trimaran de 70 pieds se dresse, décolle, vole, râle et crie dans un même élan : « Dès qu’il s’élance, il me plonge dans un bruit assourdissant permanent, me donnant avant tout des indications sur la façon dont il encaisse, prend le vent et les vagues, supporte la vitesse. Alors, je suis entre le pilotage d’une Formule 1 et d’un avion de ligne interdisant le moindre faux-pas », décrit Sidney Gavignet, épaulé par une dizaine de cadrans, « sources indispensables d’informations ».

Alors, si « Musandam-Oman Sail » se retourne comme une crêpe, il sera impossible, comme tout bon trimaran qui se cabre, de le remettre dans le droit chemin de la marche. Alors, l’abandon sera signé.

Après avoir appris à naviguer, dès l’âge de 14 ans, sur le lac d’Annecy (Haute-Savoie), Sidney Gavignet, natif de la banlieue de Grenoble (Isère), a jonglé avec un incroyable panel de bateaux, multiplié les courses océaniques en équipage, participé à son premier tour du monde en équipage avec Eric Tabarly, gagné le sien passé sous silence sur un bateau américain en 2005.

Depuis, ce marin pas comme les autres est devenu incontournable dans le milieu, même s’il est encore, après quatre tours du monde en équipage où l’anglais est maître à bord, inconnu du grand public.

Depuis onze ans, cet ogre d’horizons, d’océans et de tours du monde, licencié au Stade Français, a posé ses sacs dans un pavillon de La Courneuve à l’heure où le flot des marins s’ancre en Bretagne.

Guide à Oman…

Dans le « fabuleux » parc de la Courneuve, le skipper court et pique-nique en famille. À Saint-Denis, son aînée est scolarisée. À Bobigny, sa seconde. À La Courneuve, son aînée monta ses grades en taekwondo. À l’UCPA de La Courneuve, sa seconde monte à cheval. Aux studios de La Plaine, travaille son épouse : « Ici, je coupe totalement avec le milieu de la voile : c’est salvateur, sinon je suffoquerais. Ici, nous habitons dans le monde, dans un monde multiculturel où mes filles, ayant fait deux à trois tours du monde avec moi, d’escale en escale pendant mes courses, se retrouvent complètement dans la richesse de la mixité ».

En attendant de gagner une grande course au large en solitaire et de sortir de l’anonymat, l’équipage reste sa danseuse, « passionné par cette magie de pouvoir faire avancer, dans un même tempo, un même état d’esprit, sans trop avoir à se parler, des marins venus d’horizons différents ».

Depuis quatre ans, Sidney Gavignet est la figure de proue d’un programme lancé par le Sultanat d’Oman afin que ses jeunes découvrent la voile. D’ici 2020, 70.000 doivent y être initiés. Depuis 2008, 16.500 l’ont été dont 75% de filles.

Ce programme compte des bateaux amiraux dont le trimaran du Courneuvien, des infrastructures à Oman accueillant régulièrement, aussi, des compétitions internationales : « Avant de rencontrer ces jeunes Omanais, j’accordais de l’importance au fond, pas à la forme. Avec eux, élevés avec d’autres traditions, très réservés et pudiques au point de ne pas manifester leur enthousiasme, je dois prendre des gants, j’apprends de jour en jour et j’espère, surtout, susciter des vocations… ».

Notre marin en chiffres
Si un grand titre individuel comme une victoire dans « Le Vendée Globe » ou dans « La Route du Rhum » manque à sa carrière, Sidney Gavignet a fait quatre tours du monde au fil de « La Volvo Ocean Race » (tour du monde en équipage avec escales) avec une victoire en 2006, vingt transatlantiques, une participation à la prisée Coupe de l’America, deux solitaires du Figaro.

Où surfer dans son sillage : www.sidneygavignet.com ; www.routedurhum.com ; www.omansail.com

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Sidney Gavignet, skipper du trimaran « Musandam-Oman Sail » prendra le départ de la Route du Rhum le 2 novembre.

Le Rhum, « les J.O. de la voile » !

« Comme elle a lieu tous les quatre ans, cette course de légende, très suivie par le grand public français, sont nos Jeux Olympiques. À l’image du Vendée Globe, le Rhum est un monstre à gagner où tous les scénarios sont possibles », résume Sidney Gavignet qui a commenté deux fois son départ avant d’abandonner lors de sa première participation en 2010 (casse d’un bras de liaison).

Quatre ans après, le Courneuvien se souvient « surtout du public énorme et enthousiaste présent sur les pontons avant le départ, et, le jour du départ le long du port, des côtes : c’était de la folie ! Alors, pour la première fois de ma vie, je me suis jamais autant senti à ma place : au bon moment, au bon endroit, dans la bonne attitude, et, l’action juste. Cette fois, à moi, aussi, de faire attention à ce que cette pression du départ ne me fasse pas de croche-pattes ! ».

Aujourd’hui, le skipper de « Musandam-Oman Sail » rêve les yeux grands ouverts mais, les pieds bien sur terre : « Plus j’avance en âge, donc en expérience, plus je me détache du résultat sportif. Et plus je m’enlève de la pression, plus je suis performant. Et, si je laisse un peu aller mon imagination, je me verrais tant arriver à Pointe-à-Pitre en levant, en vainqueur, les bras au ciel ».

À 46 ans, notre Courneuvien n’a jamais été aussi proche des étoiles..!

Son Rhum en chiffres
Comme traditionnellement, la 10ème édition de « La Route du Rhum » s’élancera de Saint-Malo vers Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Répartis en cinq classes, y participeront 81 bateaux dont 8 chez « Les Ultimes » (trimaran 60 pieds) de Sidney Gavignet. En 2010, la course avait été remportée par Franck Cammas en 9 jours. En 2006, par Lionel Lemonchois en 7 jours, le record qui fit rebaptiser, avec humour, un temps, la course, en « Autoroute du Rhum » !

À Saint-Malo, Sophie Greuil

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