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Sensibiliser les jeunes

Du 17 au 22 mars se déroulera une semaine de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin. Une opération dont la première édition avait été lancée dans un lycée des Lilas l’an dernier par Najat Vallaud-Belkacem et Sylvia Pinel, ministres des Droits des femmes et de l’Artisanat, du commerce et du tourisme.

Directrice de 100 000 entrepreneurs, l’association initiatrice de l’événement, Béatrice Viannay-Galvani nous en explique toute l’importance et la portée.

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D’où vous est venue l’idée de cette semaine ?
Notre association fait intervenir des chefs d’entreprise dans les établissements scolaires et universitaires pour transmettre la culture d’entreprendre aux jeunes. Or, nous nous sommes rendu compte que, dans nos fichiers, nous avions seulement 10 % de femmes. Cela voulait dire que, sur 100 interventions, 90 étaient faites par des hommes et que donc, sans le vouloir, nous véhiculions l’image d’un entrepreneur masculin. Nous avions également des retours, notamment dans les zones sensibles, de jeunes filles qui venaient demander à l’intervenant s’il pensait que, elles aussi, elles pouvaient devenir cheffe d’entreprise. C’est aussi pour elles que nous avons voulu cette opération.

Comment expliquez-vous ce faible pourcentage de femmes intervenantes ?
Entre leur vie professionnelle et familiale, l’agenda des femmes entrepreneures est chargé et leur laisse peu de temps. Mais nous avons également constaté un problème de légitimité à intervenir. Souvent, quand nous leur proposons, la première réaction des femmes est : « Vous pensez vraiment que ça a un intérêt pour les jeunes que je vienne témoigner ? » Un homme ne se pose pas la question... La première édition a cependant été un vrai succès et a été vertueuse pour nous, en mobilisant les réseaux. 130 femmes sont intervenues l’an dernier. Pour l’édition à venir, elles seront 250.

Les élèves sont-ils surpris de voir une femme cheffe d’entreprise ?
Cela dépend. Il y a souvent de la surprise mais, finalement, cela suscite surtout beaucoup d’intérêt. Et, dès qu’elles ont commencé à se présenter, leur sexe n’est plus un sujet. C’est bien pour cela que nous faisons cette opération.

Les élèves se montrent-elles intéressées par l’entrepreneuriat ?
Les filles sont très concernées, notamment dans les zones un peu sensibles où elles jouent un rôle moteur et ont envie de prendre leur vie en main. Pour elles, l’opération prend particulièrement son sens. La nouvelle génération est un peu plus décomplexée et on peut penser que les jeunes filles se sentiront plus légitimes à devenir entrepreneures, à condition toutefois de leur donner des modèles. Les études montrent en effet que les entrepreneurs sont plutôt issus de familles d’entrepreneurs et c’est encore plus vrai pour les femmes. C’est pour cela que l’existence de modèle est particulièrement importante.

Cette sensibilisation fait partie des leviers que veut encourager le Conseil général...
Le Conseil général de la Seine-Saint-Denis s’est montré en effet très intéressé par notre action. Nous avons commencé à discuter afin d’étudier les façons de renforcer encore notre collaboration, dans l’intérêt de la jeunesse du département.

Pour en savoir plus : www.facebook.com/semaine.entrepreneuriat.feminin

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