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« Savante Banlieue » déballe sa science sur le climat

À un mois et demi de la COP21, le sommet climat organisé par l’ONU, la société civile a déjà pu discuter « Lumière et climat » à l’occasion de « Savante banlieue », des journées de vulgarisation du savoir scientifique organisées dans les universités de Seine-Saint-Denis.

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« Mais Monsieur, avec toute la pollution produite, est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard ? » Le micro en main, entouré de ses pairs, un lycéen dépasse sa timidité pour adresser une question légitime à Slimane Bekki, spécialiste du climat à l’université Paris 6. Réponse du chercheur qui, après sa conférence sur l’« empreinte des activités humaines sur le climat » dans un amphithéâtre du Campus de Villetaneuse, a pris un temps pour échanger avec ceux qui le souhaitaient : « Ça dépend de quoi vous parlez. Pour la pollution de l’air, je ne suis pas trop inquiet, car les gouvernements mondiaux, y compris la Chine, commencent à se saisir du problème. Et puis, la pollution de l’air a ceci de simple que si on prend des mesures, elle diminue immédiatement. Ce n’est pas le cas des gaz à effet de serre : nous continuerons à subir les effets du réchauffement climatique même si nous réduisons drastiquement nos rejets de CO2. Car les gaz à effet de serre restent très longtemps dans l’atmosphère. »

C’est un peu l’ambiance de « Savante Banlieue » : lors de ces deux journées, des collégiens, des lycéens ou des membres de la société civile ont l’occasion de rencontrer des scientifiques et de leur poser des questions, même les plus ingénues.
Jeudi et vendredi dernier, sur les campus de Villetaneuse et de Paris-8 à Saint-Denis, la 15e édition de cette fête de la science a donc une nouvelle fois fait phosphorer tous ses auditeurs. A un mois et demi de la COP21 - le sommet sur le climat au Bourget qui tentera de déboucher sur un accord international qui réduise sensiblement nos gaz à effet de serre - la manifestation était logiquement placée sous le signe de la « lumière et du climat ».

Au hasard des différents stands disséminés sur le campus – un atelier organisé par les Petits débrouillards montrant les liens entre lumière et climat ou encore un appartement-témoin permettant de sensibiliser aux éco-gestes – les visiteurs ont ainsi pu étancher leur soif de connaissances. Bilel, en 5e au collège Lucie-Aubrac de Villetaneuse, venu en voisin avec sa classe, a lui bien aimé une « installation sur le développement durable » qui rappelait ce qu’était un effet de serre. Visiblement, l’explication a été reçue cinq sur cinq puisque, interrogé sur les effets du réchauffement climatique, il peut même citer la canicule qui s’était abattue en 2003 sur la France.

Sa professeure, Fatima Bouftas, qui accompagne la petite troupe, se dit enchantée de la manifestation de vulgarisation scientifique. « C’est bien, c’est un bon complément aux cours parce que c’est plus appliqué et ça leur permet aussi de découvrir différents domaines scientifiques », explique-t-elle.

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La démarche scientifique, les élèves ont ainsi pu la découvrir dans la conférence de Maria Fernanda Sanchez Goni sur « 150000 ans de l’histoire du climat ». Cette scientifique, directrice d’études à l’EHESS, étudie les mécanismes du climat du passé pour éclairer ceux de l’avenir. Son exposé, riche et dense, nécessitait certes de la concentration, mais les auditeurs ont tout de même saisi l’essentiel du propos à la fin de sa conférence : le climat a changé beaucoup plus rapidement au cours des quarante dernières années qu’au cours des 150000 ans qui les ont précédées.

À l’issue de la journée, Sarah, scolarisée au lycée Saint-Germain à Drancy, a elle bien perçu la nécessité de changer de mode de vie. « En classe, on avait déjà vu ces sujets-là, mais là c’est plus approfondi. J’ai retenu l’urgence et aussi que si la terre s’était réchauffée dans les 40 dernières années, c’était de la faute de l’homme. »
Loredana, en seconde au lycée Auguste-Blanqui à Saint-Ouen, demande quant à elle un renforcement des normes anti-pollution. « Il faut établir des règles strictes, c’est devenu un besoin urgent. Il en va de la survie de l’espèce humaine. Même les États-Unis et la Chine se mettent en danger en continuant à polluer ainsi », insiste cette jeune femme qui se dit sensibilisée à l’environnement « depuis toujours ». « Je suis née en 2000 donc j’ai toujours entendu parler du réchauffement climatique, c’est quelque chose qui fait partie de ma génération. » Le message de Savante Banlieue semble donc avoir été entendu.

Christophe Lehousse

Des collégiens de l’Ile-Saint-Denis jouent aux conférenciers
À « Savante Banlieue », il n’y a pas que les scientifiques chevronnés qui prennent la parole. Vendredi 9 octobre, un groupe de 10 élèves du collège Alfred-Sisley de l’Ile-Saint-Denis a ainsi choisi d’expliquer devant un amphithéâtre composé de 250 de leurs pairs un phénomène bien précis : la montée des eaux liée au réchauffement climatique. « On a choisi ce thème ensemble parce que la montée des eaux impressionne toujours et parce qu’il permet de mener des expérimentations scientifiques assez simples et peu coûteuses », détaillait après coup leur professeur de SVT Sonia Bourouina.
Durant quarante minutes, les jeunes scientifiques en herbe ont donc démontré, preuves à l’appui, que la montée des eaux n’était pas due à la fonte des icebergs, mais bien à celle de la banquise continentale et à la dilatation des océans sous l’effet du réchauffement climatique. « On estime que l’élévation des océans peut aller de 45 à 82 cm à la fin du siècle », affirme savamment Amine. L’équipe, composée de 4e, de 3e et d’une élève de 5e, a ensuite énuméré les conséquences de cette montée des eaux dans un futur proche : submersion de certaines îles et de zones côtières, salinisation des nappes phréatiques et érosion des plages. « C’était intéressant de construire cet exposé, ça m’a permis d’approfondir mes connaissances », jugeait après coup Kyriane. Déjà très sensibilisée aux thématiques environnementales, cette élève, en 5e au collège Alfred-Sisley, estimait qu’il ne fallait pas céder au défaitisme ambiant. « Il faut être fier de ce que chacun d’entre nous fait pour le climat, même si ce n’est pas grand chose. Par exemple, nous, avec cette conférence, on aura apporté notre petite pierre à l’édifice ».
CL

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