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« Sacrée croissance », une exposition pour voir le monde autrement

Jusqu’au 13 février, le centre artistique du 6B à Saint-Denis accueille « Sacrée croissance », une exposition qui met à l’honneur des initiatives citoyennes de par le monde. Leur objectif : lutter contre le dérèglement climatique et se démarquer de notre modèle productiviste.

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Elles s’appellent Ida, Amy, Pabitra ou encore Merete. Ce qui relie cette Argentine, cette Canadienne, cette Népalaise et cette Danoise ? Toutes sont des femmes qui ont compris l’urgence de lutter contre le réchauffement climatique et les dérives qui en sont à l’origine – société fondée sur les énergies fossiles, surconsommation, recherche du profit à tout prix. Chacune d’entre elles, à son échelle, a donc mis en œuvre des solutions alternatives pour essayer de vivre mieux. Ce que la journaliste Marie-Monique Robin, auteure du documentaire « Sacrée Croissance » qui a donné son nom à l’exposition, appelle des « héroïnes locales ».

L’exposition, conçue comme un village global, donne à voir ces différentes initiatives citoyennes dont certaines étaient déjà présentées dans le documentaire de la journaliste prix Albert Londres 1995 et les développe. Via 7 petits films visionnables dans des cabines en carton recyclable, on peut ainsi comprendre ce qu’est l’agriculture urbaine, une coopérative dans le domaine de l’énergie ou encore une monnaie locale.

Otaciana, jeune Brésilienne, a par exemple fait partie de l’aventure de la Banque Palmas, qui a révolutionné la destinée de l’ancien bidonville de Palma, près de Fortaleza, dans lequel elle vit. Après avoir constaté que les habitants de ce quartier ne consommaient pas sur place, ce qui accentuait la pauvreté, un habitant des lieux, Joaquim Melo, a lancé une monnaie locale, le Palmas. Le principe : un Palmas peut s’échanger à taux égal avec un Real, la monnaie brésilienne, mais donne droit à une ristourne de 5 % chez les commerçants du quartier. Avec cette trouvaille, les habitants se sont mis à acheter local du jour au lendemain et la pauvreté a petit à petit régressé au Conjunto Palmeiras.

« Ce qui est intéressant, c’est qu’on voit que des projets menés à petite échelle marchent, il n’y a besoin de faire de grands plans, remarque Laura, jeune femme venue voir l’exposition après avoir déjà vu le documentaire. Fraîchement diplômée, cette architecte s’intéresse évidemment aussi aux évolutions sociétales dans son domaine. « En France aussi, on commence à réfléchir à des potagers urbains ou communautaires, par exemple sur les toits de certaines habitations, à l’image de ce qui peut se faire à Toronto ».

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Mais il n’y a pas qu’à l’étranger que des habitants tentent de se prendre en main. En Seine-Saint-Denis aussi, des initiatives « post-croissance » voient le jour. Valérie Chafik, assistante maternelle à Epinay-sur-Seine, a elle aussi attiré la caméra de Marie-Monique Robin. Son mérite : avoir lancé en avril 2014 un potager pour les tout-petits dans sa Maison d’assistantes maternelles (MAM).

Epaulée par Fabien Gordon, un des parents des enfants gardés, cette habitante du quartier d’Orgemont s’est mise en tête de renforcer le lien des enfants à la terre, notamment pour lutter contre la malbouffe présente dans certaines familles. « Bien manger coûte trop cher pour beaucoup de personnes en Seine-Saint-Denis, et pourtant ce ne devrait être un luxe pour personne, insiste cette femme déterminée. Alors, on a décidé de passer à l’action pour que les enfants et par extension leurs parents prennent goût à bien s’alimenter. Et ça marche ! »

Le jardin d’Orgemont a déjà donné quantité de légumes, accompagnés d’un poulailler et d’arbres fruitiers. Il a par ailleurs fait des émules dans le quartier, des parents cherchant à leur tour à ouvrir leur propre jardin potager. « L’agriculture urbaine n’est pas une lubie, souligne Fabien Gordon, photographe qui a suivi un stage à l’Université populaire de permaculture (UPP). Avec la crise énergétique qui pointe, les villes ont tout intérêt à atteindre une certaine autonomie alimentaire. Il vaudrait mieux qu’on le fasse aujourd’hui, de notre propre volonté, tant qu’on n’est pas encore dans l’urgence ».

Evidemment, tout le monde n’est pas tenu de se reconvertir en agriculteur des temps modernes mais l’exemple de ces fers de lance locaux nous montre sans doute la marche à suivre : consommer de manière responsable, décélérer... sans pour autant moins en profiter.

Christophe Lehousse

« Sacrée croissance », de Marie-Monique Robin, documentaire produit par Arte
L’exposition du même nom se tient à l’Atelier du 6B jusqu’au 13 février : 6-10 quai de Seine, à Saint-Denis (inscription auprès de l’Atelier : latelier@plainecommune.fr)
A noter que l’exposition "Sacrée Croissance" devrait également être visible lors de la COP21, sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra du 30 novembre au 15 décembre au Bourget, en Seine-Saint-Denis.

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