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Roger Carel

La voix d’Hercule Poirot et de Winnie l’Ourson habite Villemomble depuis 24 ans. Après plus de 50 ans d’un parcours sans faute avec aussi des rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision, Roger Carel tire sa révérence à 87 ans avec le doublage du dernier Astérix.

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À 87 ans, Roger Carel prend sa retraite. Acteur pour le théâtre, le cinéma, la télévision… il a également prêté sa voix à un grand nombre de personnages. Aujourd’hui, il aspire à un repos bien mérité dans son pavillon de Villemomble.

Roger Carel, c’est ce personnage qui nous a toujours suivis tant au cinéma, à la télévision qu’au théâtre. Dans la série des Arsène Lupin, l’inspecteur Guerchard, c’était lui. Dans l’irrésistible Papy fait de la Résistance de Jean-Marie Poiré, il interprète le général Müller. Mais Roger Carel, c’est aussi et surtout une voix, reconnaissable parmi toutes. Il prête sa voix à C-3PO dans la saga des Star Wars. A Peter Sellers dans de nombreux films. Il est la voix de Charlie Chaplin dans Le dictateur, celle de Benny Hill ou encore d’Hercule Poirot… Surtout, il aura posé son timbre sur de multiples personnages de Disney.

A 87 ans, Roger Carel explique être prêt à tirer sa révérence. « Le prochain Astérix sera mon dernier, je fais mes adieux. » Cela faisait plus de 50 ans qu’il doublait ce personnage culte… Aujourd’hui, il compte bien se reposer dans son pavillon, à Villemomble, où il réside depuis 24 ans. « Regardez tous ces livres, dit-il en pointant du doigt la bibliothèque. Je n’ai jamais eu le temps de les lire. Alors…  » L’homme au regard vif, au rire communicatif, déborde d’une énergie à faire pâlir les moins envieux. Sa potion magique ? « J’ai eu un métier formidable qui m’a entretenu merveilleusement, sourit-il. J’ai eu la chance de ne jamais m’arrêter de jouer. Et quand on a le bonheur, on vieillit moins vite. »

Pourtant, l’enfance fut moins joyeuse. Interne à Saint-Nicolas dès 9 ans, « un établissement très sévère », il restera marqué par une discipline de fer. « Là, je voulais être prêtre, on était tellement englobé dans la religion… » Et puis, pour faire plaisir à son père, il intègre une école d’ingénieur. «  J’ai souffert pendant sept mois  », dit-il en riant. Non, son rêve secret, c’est celui de devenir acteur. « Lorsque j’ai annoncé à mon père que je voulais prendre des cours d’art dramatique, il a dit à ma mère : nous allons avoir un clochard à la maison ! »
Et puis tout s’enchaîne très vite : des cours chez le célèbre René Simon, des premiers contrats pour le théâtre. « J’ai accepté un rôle dans La Dame au camélia, puis dans les Femmes savantes. Et je n’ai jamais arrêté. Je partais de chez moi le matin, et je rentrais vers 2 heures du matin… J’ai eu une chance inouïe. » Au cabaret, il rencontre les frères Prévert, Boris Vian, puis plus tard Michel Serrault, Jean Poiret… Puis viennent des rôles au cinéma. «  J’ai tellement tourné d’officiers allemands !  »

Mais l’homme qui a côtoyé les plus grands n’en reste pas moins lucide : « Il me reste les souvenirs. Mais vous savez, nous ne sommes que des acteurs. Une étoile qui passe et que l’on oublie… »

Nadège Dubessay

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