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Résidence d’auteurs dans les crèches

Les résidences d’écrivains ont commencé en 2012 dans les crèches départementales de Seine-Saint-Denis et cette année, c’est Benoît Jacques qui s’y colle...

Une intervention qui va durer six mois, à raison de plusieurs fois par mois : « Je vois ces rencontres comme des ateliers ou nous réapprendrons à jouer. Ce sera nous les enfants. » Benoît Jacques veut « décoincer les verrous qui se sont mis en place chez nous adultes. On est très encombré du jugement, "c’est bien, c’est mal, on sait faire, on ne sait pas faire". Les adultes disent souvent qu’ils ne savent pas dessiner. Mais ce n’est pas vrai, on sait tous dessiner." Avec un brin de provocation, l’auteur lance : « Je ne crée pas pour les enfants. Je ne fonctionne d’ailleurs pas en tranche d’âge. Pour moi il n’y a qu’une tranche d’âge dans laquelle on est depuis qu’on est né. On est tous dedans. »

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Editeur et dessinateur indépendant, Benoît Jacques a reçu le Baobab de l’album, suprême récompense au Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis en 2009 pour La Nuit du visiteur.

Benoît Jacques crée des livres rares et précieux. Il a choisi de s’autoéditer pour gérer toutes les étapes de la fabrication et de la diffusion et créer ainsi en toute liberté. En 2003, c’est son album « Je te tiens » aux trente-deux linogravures que le Conseil général avait offert aux enfants accueillis dans les 58 crèches départementales. Aujourd’hui l’illustrateur belge est revenu dans l’une d’elles le 5 janvier où sa résidence d’écrivain « Réveiller l’imaginaire » vient de démarrer. « Ce qui me plaît là-dedans, c’est que cela fédère l’équipe autour d’une réflexion commune et que cela nous sort de notre quotidien, explique Isabelle Touloumet, directrice de la crèche départementale Henri-Barbusse de Romainville. Nous qui avons la tête dans le guidon.

Cela va nous permettre de nous ressourcer. Cette résidence d’écrivain, je la vois comme une petite bulle d’oxygène. Le cerveau de l’adulte a besoin de se nourrir d’autres choses que du monde de la petite enfance. La prise en compte des besoins des adultes est indispensable à la qualité de l’accueil des jeunes enfants »
Entre 2012 et 2014, l’auteure Betty Bone était en résidence dans les crèches départementales où elle a croisé les thématiques du projet départemental des crèches : la famille, la place de la famille, l’autre, l’accueil. « C’était la première fois qu’une résidence d’écrivain avait lieu dans une crèche, c’était assez inédit. C’était un peu comme une espèce de test » raconte Betty Bone qui a apporté sa collection personnelle d’albums jeunesse pour un travail sur la lecture : « En les lisant en essayant de ne pas avoir d’ a priori, de discuter. Ce qu’on a fait c’est inviter au dialogue entre les livres et les gens. »

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« Pourquoi J’écris des livres pour les enfants ? Parce qu’entre l’image et le texte, il y a cette forme de poésie qui peut se développer et qui me convient bien. » Betty Bone

Martine Burgazzi, directrice de la crèche Voltaire à Montreuil a apprécié cette expérience : « La résidence de Betty Bone dans notre crèche n’a pas changé notre façon de lire des livres aux enfants mais plutôt la manière dont on les choisit. Depuis on ose plus de choses : comme des livres sur la mort, la maladie. Avant quand on proposait un livre aux personnels de crèche, il nous arrivait d’entendre ce type de commentaire : « Le graphisme est moche », « Il n’y a pas de texte » ou « Je n’aime pas le thème ». Maintenant c’est fini ! »

Isabelle Lopez

A lire aussi : "Lecture et petite enfance" au Salon du livre jeunesse à Montreuil

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