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Red Star-Marseille Consolat, le mini-clasico

Vendredi 23 janvier 2015, le Red Star rencontre à domicile Marseille Consolat, un club de même niveau que lui, en 16e de finale de Coupe de France. Gros plan sur cette affiche avec une interview de Steve Marlet, directeur sportif du club, et Farid Beziouen, milieu offensif des Vert et Blanc.

Ancien joueur professionnel formé à Saint-Ouen, avant qu’il ne passe par Auxerre, Lyon ou encore l’OM, Steve Marlet a l’expérience de la Coupe de France. L’actuel directeur sportif du Red Star analyse pour nous ce 16e de finale de Coupe de France contre Marseille Consolat et revient aussi sur ses années phocéennes...

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Vous avez disputé de nombreuses fois la Coupe de France. C’est une compétition qui garde encore aujourd’hui un parfum particulier ?

« Je dirais que oui. C’est la seule compétition qui permet aux deux mondes – amateur et professionnel - de se confronter. Je l’ai vécu des deux côtés, comme professionnel quand je jouais et comme amateur maintenant en tant que directeur sportif. De mon temps, il y avait déjà une certaine crainte chez les professionnels de se faire surprendre par des amateurs, et ça s’est renforcé je trouve. Je me souviens par exemple d’être passé à la trappe avec Lorient face à Calais (2-0, en 2006-2007). Et du côté des amateurs, il y a une surmotivation, ça devient le match de l’année pour eux. Sur un match, des amateurs peuvent devenir les égaux de professionnels. »

Là, il se trouve que vous affrontez une équipe du même échelon que vous. Quel genre d’équipe est-ce ?

« C’est une équipe accrocheuse. Je me souviens qu’au match aller, ils nous avaient posé des problèmes et encore, ils avaient des absents. C’est un vrai club de quartier, qui recrute des joueurs de la région, qui ne lâchent rien. Sur ce match aller, on les avait peut-être un peu pris de haut et on s’était fait surprendre. On avait été menés au score et on avait littéralement arraché ce match nul (1-1). Là, j’imagine que le match va être présenté comme un mini-clasico Paris-Marseille, donc on peut s’attendre à un match très disputé. »

Vous partez toutefois avec l’avantage de jouer à domicile, ce qui est un atout quand on sait que vous n’avez perdu qu’une seule fois à domicile cette saison...

« Oui, et avant ça, nous avions été invaincus pendant un an. A la maison, on obtient de bons résultats. A domicile, on est vraiment dans une dynamique positive. C’est lié aux repères qu’on a ici, au fait qu’on joue sur pelouse synthétique, ce qui perturbe l’adversaire. Et aussi à notre public, qui sait nous soutenir quand il le faut. »

Marseille Consolat, vous connaissiez à l’époque où vous jouiez à l’OM (entre 2003 et 2005) ?

« Je connaissais le club, mais ça s’arrêtait là. Par exemple, à ma connaissance, l’OM n’a pas d’accords de formation avec Consolat. J’ai pu lire que le président de Consolat regrettait qu’il n’y ait pas ce genre d’accords avec l’OM comme ils peuvent exister entre Lyon et des clubs de la région lyonnaise ou en région parisienne. »

Pour la séquence nostalgie, que vous reste-t-il de vos années marseillaises ?

« Beaucoup de bonnes choses lors de ma première année au club : nous avions une grosse équipe avec des joueurs comme Barthez ou Drogba, Mido aussi. Je retiens surtout notre parcours en Ligue Europa dont nous avions atteint la finale, que nous avions perdue contre Valence. La deuxième année, ça avait été plus compliqué avec le départ de Drogba et les supporters qui étaient entrés en guerre contre la direction. »

Enfin, on sait que le premier objectif du club, c’est de monter en Ligue 2. A choisir entre une montée en Ligue 2 et une finale de Coupe de France, vous prenez quoi ?

« Pas facile comme choix... Gagner une Coupe de France, c’est un moment exceptionnel – que je n’ai malheureusement pas connu. Mais je pense que les joueurs choisiraient la montée, parce que c’est le grand objectif du club. Rêvons un peu : si le Red Star remportait la Coupe de France sans décrocher la montée, ce serait certes historique parce qu’à ma connaissance aucun club de 3e division n’a jamais réalisé cet exploit. Mais ça ne changerait pas notre vie pour autant, on serait toujours amateurs. Nous, on veut redevenir pros et installer ce club dans le football francilien comme le deuxième club parisien. »

Propos recueillis par Christophe Lehousse

Portrait
Farid Beziouen, made in 93

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« Le Red Star, c’est un club qui me ressemble ». Farid Beziouen n’a pas à se faire prier pour déclarer sa flamme au club à l’étoile rouge. Il a effectué cette saison son retour chez les Vert et Blanc après y avoir déjà connu une première aventure entre 2010 et 2012. A l’époque, ce milieu offensif, rapide et technique, avait participé à la remontée du club de Saint-Ouen en National. Il l’avait ensuite quitté pour connaître l’étape du dessus avec Sedan. Deux ans plus tard – après une expérience en Algérie, à la JS Kabylie - le voilà de retour, avec l’intention bien affichée d’aider le Red Star à atteindre la Ligue 2.
« Ca me fait plaisir d’être revenu ici. J’avais la possibilité d’aller voir ailleurs, mais je n’en avais pas envie. Je voulais retrouver le Red Star et son atmosphère si particulière, entre club compétitif et grande famille », explique Farid Beziouen.

« Historique, populaire et formateur », voilà les trois mots qui viennent à l’esprit du joueur de 28 ans pour décrire son Red Star à lui. « Et puis, c’est aussi un club qui sait vivre ensemble, avec des gens qui ont pourtant des origines, des religions très diverses. Par les temps qui courent, c’est à souligner », estime-t-il.

Farid Beziouen est fier de mettre en avant son parcours en Seine-Saint-Denis. Formé à Tremblay sans être passé par un centre de formation, le petit milieu est ensuite passé à Noisy-le-Sec, qu’il a contribué à faire monter de CFA 2 en CFA. Lui qui habite « près de Bobigny » a apprécié le bon parcours en Coupe de France des clubs amateurs de Seine-Saint-Denis cette saison. « Bobigny éliminé en 32e par une équipe de Ligue 1, Evian, et Noisy-le-Sec au tour d’avant, c’est quand même pas mal ! », s’exclame-t-il.

Cette prestation plus qu’honorable des clubs séquano-dionysiens lui donne d’ailleurs envie de briller aussi en Coupe de France, avec laquelle le Red Star entretient une histoire particulière : 5 fois vainqueurs du trophée entre 1921 et 1942 !
Lui qui était déjà de l’aventure en 2012 quand le Red Star avait été puni sévèrement 5-0 par l’Olympique de Marseille en 32e de finale n’ose pas imaginer pareil scénario face au petit cousin phocéen. « Marseille-Consolat, c’est une équipe qu’on connaît bien parce qu’elle évolue aussi en National. A l’aller en championnat, ça n’avait pas été simple et on avait dû partager les points (1-1). Il faudra qu’on sache répondre à leur combativité par plus d’efficacité offensive ».

S’il a à cœur d’aller aussi loin que possible en Coupe, Beziouen ne perd toutefois pas de vue l’objectif principal du club, à savoir la remontée en Ligue 2. « Si je dois choisir entre une finale de Coupe de France et une remontée en Ligue 2, je prends la deuxième option », estime-t-il, avant d’argumenter : « la remontée, humainement c’est plus fort, parce que c’est un effort sur toute la saison, avec des hauts et des bas. Et le club en tirera des bénéfices plus importants ! »

Sur le plan personnel, le milieu gauche a aussi déjà pris de bonnes résolutions pour 2015 : « il faut que j’ouvre enfin mon compteur buts. 5 passes décisives jusqu’ici, c’est bien, mais ça ne suffit pas ». S’il est titulaire, vendredi 23 janvier, en Coupe de France, Farid peut être sûr qu’en tribunes, il pourra compter sur le soutien de ses anciens coéquipiers de Seine-Saint-Denis, venus en masse pour le voir.

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Un petit bilan du Red Star à mi-parcours, avec Sébastien Robert :

Entraîneur du Red Star depuis octobre 2013, cet ancien joueur des Vert et Blanc, formé au Havre, dresse un bilan de la saison à mi-parcours :

« On est 2e ex aequo à l’heure actuelle, mais en termes de points, on fait un début de saison mitigé. Il y a des points qu’on a laissés filer, notamment à domicile. Je pense par exemple à la défaite regrettable contre Strasbourg (2-1) et aux matches nuls contre Marseille Consolat et Saint-Raphaël-Fréjus. A l’extérieur, il n’y a pas trop de regrets à avoir : nos défaites sont justifiées parce qu’on s’incline sur des aspects qui sont nos points faibles, comme l’engagement athlétique. Le gros point positif, c’est notre assise défensive. Nous avons une défense solide, mature, qui a peu changé à l’intersaison si l’on excepte l’arrivée de Rémi Fournier, devenu notre leader derrière. Sur l’évolution du club depuis plusieurs années, je trouve que ça commence à prendre forme. Tous ensemble, nous avons contribué à ce que le club redevienne un club formateur, avec de bons éducateurs, des principes de jeu, une vraie convivialité au sein du club. Tous les ans, on se fait piller nos espoirs, mais ça fait partie du jeu. C’est aussi pour cela que l’on souhaite monter : une accession à la Ligue 2 nous permettrait de devenir centre de formation et de garder nos jeunes. »
CL

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