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Pôle Est Ensemble et Artefact 93

En Seine-Saint-Denis, le territoire fait preuve de dynamisme dans le secteur des métiers d’art : exemples avec Est Ensemble et son Pôle dédié puis, avec Artefact 93.

Entretien avec Marina Ribeiro, responsable de la Maison Revel, équipement au cœur du dispositif.

D’où est venue l’idée du Pôle des métiers d’art ?
C’est une initiative de la Ville de Pantin, portée par une élue, Aline Archimbaud, à la fin des années 1990. L’idée était de requalifier le quartier populaire des 4 chemins par le beau et le travail de la main. La ville a trouvé des locaux, les a remis à neuf et des artisans d’arts y ont été installés, choisis en fonction de critères comme le savoir-faire, le fait d’être dans l’innovation technique ou esthétique et l’implication locale. La démarche est ensuite montée en force, de nouvelles problématiques sont apparues et l’offre de services s’est étoffée. En 2008, ouverture de la Maison Revel, qui constitue un véritable centre de ressources pour les artisans du Pôle, mais aussi du département, venant parachever cette politique publique.

Quelles aides apportez-vous concrètement aux artisans ?
Notre première mission est de faire en sorte de créer un réseau, que les gens se connaissent et travaillent ensemble, pour permettre une fertilisation croisée. Nous insufflons une dynamique, dont les artisans sont ensuite les acteurs, initiant de véritables collaborations et échanges de savoir-faire. Par ailleurs, afin de les aider dans leur développement, nous apportons un soutien aux artisans à travers une boutique de gestion, des rendez-vous, une permanence, des formations, afin de les aider dans leur développement. Et nous les promouvons avec la Biennale Déco et création d’art [qui aura lieu du 10 au 12 octobre au Centre national de la Danse de Pantin], la braderie de Noël mais aussi notre participation aux Journées européennes des métiers d’arts ou aux Designers Day’s.

Vous avez également des actions en direction du grand public ?
Oui, car les gens ne savent pas forcément ce que sont les métiers d’art. Dès qu’il y a un événement, les ateliers sont ouverts. Nous sommes aussi en relation avec les entreprises du territoire dont les salariés viennent profiter pendant une heure d’une rencontre avec un professionnel. Nous avons également une action en direction des écoles primaires et, depuis l’an dernier, une classe de collège bénéficie de trois heures par semaine de découverte des métiers d’arts. L’objectif est d’ouvrir leur horizon à ces métiers, mais aussi de les valoriser. Et ça marche !

Avez-vous d’autres projets de développement ?
Depuis mai 2013, la compétence du Pôle a été transférée à la communauté d’agglomération. Nous avons changé d’échelle, avec neuf communes et désormais 76 artisans. C’est un vrai challenge et cela nous amène à changer notre façon de faire. C’est pourquoi nous sommes en train de repenser la Maison Revel, pour ouvrir un espace de convivialité et un autre de coworking, ainsi qu’une couveuse d’entreprises pour ceux qui veulent tester leur activité avant de se lancer.

Plus d’informations sur http://pole-metiers-art.fr

Artefact 93 « Plus innovants qu’à Paris ! »

Plaine Commune est un autre territoire de la Seine-Saint-Denis où s’épanouissent les métiers d’arts, mais aussi des projets de collaboration innovants. Mathilde Christnacht, présidente d’Artefact 93, une association fédérant des professionnels du secteur, nous en parle.

Les métiers d’arts sont-ils nombreux à Plaine Commune ? Retour ligne automatique
C’est un territoire qui compte un grand nombre de créateurs et d’artisans. Parmi les 30 adhérents que compte notre association, nous avons par exemple des ateliers de restauration et de mosaïque, des sérigraphes, des bijoutiers, une corsetière, mais aussi les associations Apijbat, Déchets d’art ou Franciade. Ce sont des structures qui, au carrefour de l’art et de la solidarité, mêlent créativité, insertion et développement durable. Franciade par exemple est parti du constat que beaucoup d’habitants, souvent exclus du marché de l’emploi, ont des savoir-faire et a fait le pari, en lien avec des professionnels des métiers d’art, de créer de l’emploi en fabriquant et commercialisant des objets dérivés du patrimoine. Nous sommes plus innovants qu’à Paris !

Et comment est né Artefact ?

Artefact est né en mars 2009 à la suite d’un travail de mobilisation des artisans dans le cadre du programme européen Equal « Territoire et patrimoines pour une économie partagée ». C’est un projet que Plaine Commune porte avec ses partenaires depuis 2006, dans l’idée que le patrimoine peut être un levier d’insertion et de développement économique, et qui lui a permis d’identifier un nombre de créateurs et d’artisans loin d’être négligeable. Très vite est venue l’envie de travailler autour d’un réseau. Des actions ont commencé à être menées. En 2008, des artisans ont par exemple habillé un bus et mis dedans des objets qu’ils ont proposés à la vente devant les sièges d’entreprises, sur les marchés, etc.

Quel est l’intérêt d’un tel réseau ?
Nous travaillons sur des projets communs et solidaires, afin de valoriser les savoir-faire et favoriser le développement de chaque membre. Le réseau permet d’échanger, de partager son carnet d’adresse, de démarcher ensemble. Nous avons par exemple rencontré récemment un designer de Saint-Ouen qui fait souvent appel à des artisans à l’étranger. Nous organisons aussi beaucoup d’actions collectives, comme des participations au Salon international du patrimoine culturel du Carrousel du Louvre, à la Biennale d’Est Ensemble ou à la Foire des savoir-faire solidaires de Plaine Commune. Ce que ne peut pas forcément faire un artisan seul. Nous avons par ailleurs lancé cet été des ateliers d’initiation aux métiers d’arts. C’est une façon de transmettre nos savoir-faire, mais aussi d’apporter un développement économique à nos membres. Enfin, nous voudrions ouvrir un autre lieu à Saint-Denis avec un espace de coworking, un Fab-Lab, une boutique de valorisation. C’est un projet lourd, mais je pense qu’on va y arriver !

Propos recueillis par Stéphanie Coye

Plus d’information sur www.artefact93.fr

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