D’après le roman de Legs McNeil et Gillian McCain
Adaptation, conception et mise en scène Mathieu Bauer
Collaboration artistique et adaptation musicale Sylvain Cartigny
C’est par la musique (il est batteur) que Mathieu Bauer est venu au théâtre. Chez lui les deux s’entrelacent, et il ne conçoit pas la vie sans l’un et l’autre. Appartenant à la génération qui rêve sur les années 70, sur leurs utopies et leurs excès, il a évidemment lu Please kill me, témoignages à l’état brut des dieux du punk, recueillis par Legs McNeil et Gillian McCain.
En action, trois musiciens et un couple d’acteurs chanteurs. Matthias Girbig, jeune homme au regard débordant de naïveté émerveillée qui, un peu égaré, se promène d’un souvenir à l’autre et chante en anglais. C’est également en anglais que chante et raconte Kate Strong, tendue, concentrée, tout en gardant une sorte de distance émue. La voix porte les mots sans les traduire – trahir. Mais puisque la projection du texte en français balaie le plateau, nul n’est lésé.
Mathieu Bauer ne cherche aucunement à reconstituer un concert punk, tâche impossible. Il porte sur scène ce qui lui tient à coeur, et il s’est toujours passionné pour la vie tourmentée des musiciens, quels qu’ils soient. « Ici, il s’agit des Stooge, Iggy Pop, Alan Vega… Les artistes qui ont fait naître cette musique. Il s’agit de travailler avec eux et leur histoire, dire ce qu’ils ont réussi à construire, les suivre dans ce qu’ils ont vécu : les débuts du mouvement, avant le “no futur” qu’on lui a collé, avant le folklore déglingué, les dérives du marketing et du fric… Ils racontent leur quotidien, qui n’est certes pas celui de tout le monde. Sur scène ou au-dehors, ils étaient exactement les mêmes, habités par la même énergie explosive et candide d’ados sans barrière aucune, d’où les excès aux conséquences souvent tragiques.
« C’est par leurs excès mêmes, par leur musique, que s’exprime leur révolte. Tout dans leur production n’est pas du même niveau, mais ils nous ont légué des chefs-d’oeuvre dont nous sommes encore marqués. Je les vois en poètes maudits, je dirais qu’ils me font penser à Baudelaire pour leur talent à capter, à retranscrire leur temps ; la fin des utopies, le règne de Reagan et de Margaret Thatcher…
« Il n’est pas question de pleurer sur une “belle époque”, mais de dire notre tendresse envers ces figures. Avec mélancolie peut-être. Avec nostalgie sûrement pas. »
Quand : Du 19 mars au 12 avril
Où : Nouveau théâtre de Montreuil - Montreuil-sous-Bois
Tél. : 01 48 70 48 90
www.nouveau-theatre-montreuil.com
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