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Piscines, la Seine-Saint-Denis se jette à l’eau

La Seine-Saint-Denis manque de piscines et un élève sur deux arrive au collège sans savoir nager. Le Département, lors de la séance du 12 février 2015, a lancé un projet d’élaboration d’un Plan piscines pour une vague de constructions et rénovations en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. Il prévoit également un « Plan Savoir nager » pour coordonner l’apprentissage de la natation.

Pour apprendre à nager, il faut des bassins de natation. La Seine-Saint-Denis en manque singulièrement. Trente-six piscines et soixante-dix-neuf bassins en tout, cela fait bien peu pour satisfaire les besoins de l’ensemble des habitants. D’autant plus que ces équipements sont inégalement répartis sur le territoire, l’Est étant particulièrement moins bien doté.

Autre fausse note, la vétusté des équipements. La plupart des piscines ont été construites durant les années 70, selon des critères qui ne correspondent plus aux utilisations actuelles. A cette époque, l’aquagym par exemple n’existait pas encore alors qu’aujourd’hui tous les cours affichent complet. Il n’était pas non plus encore question de faciliter l’accueil de personnes à mobilité réduite, tandis qu’aujourd’hui tous les bâtiments publics doivent être accessibles à tous.

Le coût de l’entretien de ces bâtiments est élevé, particulièrement pour une commune qui en est souvent la seule propriétaire. Certaines piscines sont aujourd’hui fermées pour des travaux de rénovation importants, comme à Rosny-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Saint-Denis. A Aulnay-sous-Bois, la piscine est même fermée pour des raisons de sécurité.

Construire une piscine coûte cher, de l’ordre de 8 à 10 millions d’euros d’investissement, on comprend alors que lors des dix dernières années une seule ait vu le jour. Actuellement, deux sont en construction. L’une à Montreuil et l’autre à Clichy-sous-Bois. Celle-ci a été intégrée dans le Plan exceptionnel d’investissement pour les collèges du Département.

Une question d’égalité et de sécurité publique

Le manque de piscines a des conséquences préoccupantes. D’après la Direction des services départementaux de l’Education nationale, près d’un élève sur deux entrant en sixième ne possède pas les pré-requis au test sauv’nage. Pourtant réussir ce test ne signifie pas que l’on soit un spécialiste de la natation. Il s’agit seulement d’effectuer principalement 15 à 20 mètres en position ventrale, passer sous une ligne d’eau et revenir sur le dos et également tenir 5 secondes en position verticale. Pas de quoi défier Laure ou Florent Manaudou, mais le strict nécessaire pour assurer sa sécurité dans une eau calme. Le fait que la moitié des enfants de Seine-Saint-Denis en soient incapables pose un réel problème de sécurité.

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Pas question non plus pour ces enfants de pratiquer un des nombreux sports de nature nécessitant de savoir nager. Pour eux pas de voile, de canoë-kayak, d’aviron…

Face à cette situation, une grande partie des collèges attribue une large part de leurs créneaux horaires en piscine aux élèves de sixième pour combler leurs carences. Mais cela se fait au détriment des autres élèves qui ne peuvent alors continuer de s’exercer et améliorer leur nage.

Lancer l’action

Le Département a décidé d’impulser une dynamique pour combler le retard de la Seine-Saint-Denis en matière de piscines. Construire une piscine est désormais trop cher pour la majorité des communes et même des Etablissements publics de coopération intercommunales (EPCI) du département. Les travaux du Schéma de cohérence territoriale des équipements sportifs (SCOTES) montrent la nécessité de mutualiser les équipements, partagés par les habitants d’un même secteur géographique, non plus d’une seule commune.

Les EPCI, les communes, l’Etat et la Région Ile-de-France seront interpellés de façon concertée pour élaborer un plan piscines. Le Département est prêt à engager 20 à 40 millions d’euros dans la construction d’équipements s’il est suivi par l’ensemble des partenaires. La maîtrise d’ouvrage serait accompagnée voire assurée par le Département mais il n’assurerait pas la gestion qui serait proposée aux EPCI ou aux communes. Les nouvelles piscines seraient principalement construites dans l’Est de la Seine-Saint-Denis, là où elles font le plus défaut.

Ainsi, six à huit piscines pourraient être construites dans les six prochaines années, pour un coût global de 60 à 100 millions d’euros, selon les participations financières obtenues.

Certaines piscines trop vétustes ne permettent plus d’accueillir le public dans de bonnes conditions. Le plan piscines prévoirait également leur rénovation. Le Département consacrerait une aide à l’investissement d’un montant de un à deux millions d’euros par an pour accompagner trois projets. A ce rythme, près de la moitié des trente-six piscines publiques pourraient être rénovées pendant les six années que durerait ce plan.

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Un comité de pilotage élaborerait ce plan piscines sous la responsabilité du président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il comprendrait des représentants de l’Etat, du mouvement sportif départemental (CDOS 93 et comités départementaux concernés), de la Région Ile-de-France, de l’Institut régional du développement du sport et de la Direction des services départementaux de l’Education nationale. Ce comité de pilotage déterminerait l’emplacement des futures piscines à venir, conformément aux préconisations du SCOTES.

Coordonner, améliorer l’apprentissage

Pour qu’un maximum d’enfants de la Seine-Saint-Denis sache nager, il est également nécessaire de coordonner l’apprentissage. Un plan savoir nager serait également élaboré par l’ensemble des acteurs concernés. Il viserait à améliorer et coordonner la durée, la fréquence et le nombre de séances par enfant, les cycles scolaires à privilégier, les modalités d’évaluation et de suivi. Seraient également étudiées la formation des encadrants, les passerelles à créer entre les différents dispositifs et les complémentarités entre le mouvement sportif et l’Education nationale.

Un dossier réalisé par Georges Makowski

Le projet d’élaboration d’un Plan piscines départemental 2015-202 a été adopté par le Conseil général. Pour revoir la séance du 12 février 2015 dont il était le premier point de l’ordre du jour, cliquer ici.

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