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Orge Mômes, Épinay-sur-Seine : la MAM du bonheur

Une MAM (Maison d’assistantes maternelles), c’est avant tout une idée toute simple : se regrouper et mettre en commun ses ressources pour accueillir des bébés dans un lieu sécurisant et adapté. Visite guidée de l’une des huit MAM déjà ouvertes dans le département.

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C’est un pavillon de cité-jardins comme il en existe des dizaines dans le département. Rien, à première vue, ne laisse deviner que, derrière ces murs, sont accueillis chaque jour neuf petits de 0 à 3 ans confiés par leurs parents aux bons soins de leurs assistantes maternelles. Rien ne laisse deviner non plus le jardin extraordinaire qui commence au bout de l’allée. Nous sommes à Épinay-sur-Seine, dans le quartier d’Orgemont où la maison d’assistantes maternelles Orge Mômes a ouvert ses portes en janvier dernier. Valérie Chafik, Samia Bayodi et Hassina Ferhoune, les trois maîtresses des lieux nous racontent, pendant la sieste de leurs protégés, comment est née l’aventure Orge Mômes.

Et pourquoi pas ?

« À l’origine de tout ça, il y a Les Bout’Choux d’Orgemont », explique Valérie. Cette association regroupe une trentaine d’assistantes maternelles du quartier qui se retrouvent deux fois par semaine pour proposer des activités en commun aux enfants qu’elles gardent. « De fil en aiguille, on s’est dit “et pourquoi on ne créerait pas une MAM ?” ». On est alors au printemps 2013, Samia et Hassina sont sans activité « Nous avions donc un peu de temps et nous nous sommes renseignées pour voir ce qu’on pouvait obtenir comme aides et quelles autorisations il nous faudrait. On a pris rendez-vous avec le maire et on a commencé à monter le dossier à présenter à l’ADDAI (Agence départementale de développement de l’accueil individuel) ».

En septembre, tout se précipite. Un des bailleurs sociaux de la ville leur propose de visiter un pavillon dans le quartier. « C’était encore mieux que dans nos rêves les plus fous. On aurait dit trois petites filles ébahies devant un gâteau. On a imaginé tout ce qu’on pourrait y faire », s’amuse Hassina, tout en sachant déjà qu’il leur faudrait se retrousser les manches.

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Quatre mois pour ouvrir

Dès lors, plus une minute à perdre. Les dossiers de demande de financement et d’agrément doivent être bouclés au plus vite. Les trois assistantes maternelles contractent un emprunt de plus de 10 000 euros « sur nos têtes », précisent-elles, auprès d’un organisme spécialisé. La mairie leur accorde une subvention de 2 000 euros. Plaine Commune participe à hauteur de 7 000 euros. La CAF et le Conseil général, via l’ADDAI, promettent un financement de 6 450 euros.

Une subvention de 4 400 euros leur est également accordée au titre des dispositifs de la Politique de la Ville. Le bailleur, quant à lui, fait cadeau des trois premiers mois de loyer. Les maris, cousins et amis sont mis à contribution pour réaliser les travaux d’aménagement. Le rêve prend vie. Quatre mois plus tard, sept premiers enfants sont accueillis dans la MAM Orge Mômes. Deux autres les rejoindront un peu plus tard. En mars, l’effectif est au complet « et nous avons déjà une liste d’attente pour septembre prochain », dit Samia.

Orge Mômes a rapidement trouvé son rythme de croisière. « Nous restons des assistantes maternelles, mais travailler en MAM oblige à travailler différemment, à se remettre en question, insiste Valérie, d’abord parce que nous devons prendre toutes les décisions à trois. » Décisions qui portent aussi bien sur le menu du déjeuner que sur l’organisation du quotidien des enfants. Avec des petites habitudes dont il faut parfois se défaire. « Mais c’est très motivant, estime Samia. C’est stimulant et c’est ce qui nous pousse à aller de l’avant, à réfléchir sur notre métier et nos pratiques. »

Un jardin extraordinaire

Autre caractéristique de cette MAM, la place accordée aux parents. « Comme leurs enfants, ils sont ici chez eux. Et d’ailleurs c’est une des mamans qui assume la présidence de l’association gestionnaire », explique Valérie. Des parents qui n’ont pas hésité à donner un coup de main pour redonner vie au jardin, en friche lors de l’ouverture. « Un des papas est designer permacole. Il nous a fait l’installation de récupération des eaux de pluie et le système d’irrigation du jardin et nous a conseillées sur les espèces à planter et la façon de le faire. »

L’heure de la sieste se termine. Un à un, les enfants s’aventurent dans le jardin et se mettent à arroser les légumes - courgettes, concombres, tomates, salades… - tous bio - qui y poussent. « Nous n’avons pas eu à acheter de légumes cet été. Les enfants ont mangé ceux qu’ils ont vu pousser. »

Tout semble si facile. « N’allez pas croire que tout se fait d’un claquement de doigts. Nos journées de travail durent souvent plus de dix heures et débordent sur le week-end. Mieux vaut ne pas compter nos heures ! », disent en chœur les trois femmes devenues amies. Mais, elles sont affirmatives, aucune ne regrette de s’être embarquée dans cette aventure un peu folle. Elles projettent même de faire bénéficier leurs collègues d’Épinay de leur expérience pour ouvrir une deuxième MAM dans la ville. Et pourquoi pas une troisième ensuite ?...

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