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On a vécu France-Irlande avec les Louves de Bobigny

Elles s’appellent Marion, Assa, Clémence ou encore Wahiba. Dimanche 11 octobre, on a regardé le France-Irlande de la Coupe du monde avec les Louves de Bobigny, qui jouent au plus haut niveau national de rugby féminin et comptent dans leurs rangs plusieurs internationales.

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Avant ce France-Irlande, les visages sont un peu fermés. Pas parce que les Louves redoutent une correction pour l’équipe de France masculine, mais parce qu’avant même de se retrouver autour d’un écran, elles ont elles-mêmes joué… et perdu. 18-23 à domicile face à Blagnac-Saint-Orens, alors que les locales menaient encore 18-15 à une minute de la fin. Rageant, tout simplement.

Vingt minutes plus tard, on retrouve toutefois les Louves devant l’écran géant du stade Henri-Wallon de Bobigny, preuve que cette équipe sait vivre ensemble, dans la victoire comme dans la défaite.
Assa Koïta, internationale et 3e avec les Bleues de la dernière Coupe du Monde, et Wahiba Benyahia, ailière, débriefent un peu leur défaite en attendant que le direct de Cardiff commence. Sandra Métier, la demi d’ouverture, elle, serait bien restée pour regarder les garçons avec ses copines, mais elle a dû filer pour embaucher à la RATP. C’est aussi ça le rugby féminin : ces filles jouent au plus haut niveau mais elles ont toutes un métier à côté de leur passion.

Sans doute sous l’effet du coup de bambou de la défaite, le match débute dans une ambiance feutrée. Pour mettre un peu de piment, Assa Koïta et Dado Gassama se livrent au petit jeu des pronostics. « Je vois une victoire de la France +3, même si les Irlandais ont un gros pack », annonce Assa. Dado, sa partenaire de souffrance en 2e ligne, est plus sceptique : « J’espère que la France va gagner, mais ça va être compliqué. »
Clémence Gueucier, elle, pense aussi que « les Bleus peuvent le faire, parce que dans un bon jour, ils sont capables de battre n’importe quelle équipe ». La demi de mêlée, actuellement sous contrat avec la fédération pour préparer les Jeux olympiques de Rio en rugby à 7, a profité d’une « permission » pour venir voir ses partenaires de club. En juin dernier, la jeune femme est allée chercher la première qualification de l’histoire des Bleues pour les JO avec deux autres joueuses du club, Caroline Ladagnous et Pauline Biscarat, pressenties elles aussi pour faire partie des 14 veinardes qui iront finalement au Brésil. « Disputer les Jeux, ce serait énorme ! Ce serait super pour nous et une bonne exposition aussi pour le club de Bobigny », s’exclame Clémence, institutrice qui s’est mise en disponibilité pour vivre pleinement son rêve « Seven ».

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Du rugby à sept, Français et Irlandais ne sont pas franchement en train d’en produire sur le terrain. Peu de courses, peu de prises d’initiatives, le match se résume pour l’instant à des échanges de pénalités, comme annoncé. A ce petit jeu, l’Irlande est devant, mais un détail peut faire basculer le cours de la rencontre : la sortie sur blessure de l’ouvreur vert Johnny Sexton.
Lucille Godiveau se garde de se réjouir de ce fait de jeu, elle sait trop bien ce que représentent les blessures à haut niveau. Un peu plus tôt dans l’après-midi, la jeune centre a fêté son retour à la compétition après une pause de près d’un an due à une rupture des croisés. Alors, même si la victoire n’a pas été au rendez-vous, Lucille a tout de même le moral en hausse. « En sport, rien n’est jamais terminé », rappelle la jeune femme de 28 ans qui a déjà disputé l’édition 2010 de la Coupe du Monde féminine.

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9-6 pour les Verts à la mi-temps, le match est encore ouvert. Mais à la 50e, le premier essai irlandais signé Rob Kearney fait tomber la tête sur le ciel des Bleus. La deuxième période, passée à subir les vagues d’assaut celtes, vire au chemin de croix. Dans l’assistance, ça soupire plus que ça n’encourage. « Moi je veux voir entrer Leroux ! », martèle Kelly Togba, 1ère ligne qui s’est malheureusement blessée à la main face à Montpellier. Pour des critères esthétiques ou rugbystiques ? « Les deux mon capitaine », répond cette jeune femme joviale qui, comme beaucoup de ses coéquipières, a découvert le rugby au collège. « A Jean-Vilar, à La Courneuve, il se trouvait que mon professeur d’EPS était aussi entraîneur à Bobigny. Alors que j’étais en 5e, il m’a proposé de tester le rugby et j’ai tout de suite accroché. L’esprit d’équipe mais aussi le fait d’aller au combat, ça m’a parlé. »

Ce n’est pas le combat qui a manqué aux Bleus dimanche soir, mais plutôt l’animation offensive. 24-9 pour les Irlandais, score final. A Bobigny, on se lève, on secoue la tête et on appuie aussitôt sur le bouton reset.
« Maintenant, c’est les Blacks. Au moins, ça plante le décor, ça va les obliger à se surpasser. Soit on crée l’exploit soit on en prend 50 », remarque Marion Lièvre, la capitaine, qui mettrait bien une pièce sur l’Australie en finale. Et pour Bobigny ? « A nous de nous relancer. Il y a aussi eu des bonnes choses aujourd’hui, contrairement à la rouste qu’on s’est prise à Montpellier (42-3). Il nous faut bâtir là-dessus pour enfin aller chercher ce premier succès sur le terrain (les Louves ont gagné sur tapis vert suite au forfait de Perpignan) ». Comme quoi les Bleus et les Louves, c’est finalement même combat.

Christophe Lehousse

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Bobigny, une mise en route diesel

Après trois journées de Top8, les Louves de Bobigny n’ont pas encore trouvé leur rythme de croisière. Elles naviguent actuellement à la 5e place du classement, en ayant notamment profité du forfait général de Perpignan. Dimanche, contre Blagnac-Saint-Orens à Henri-Wallon, elles ont notamment laissé échapper un match (18-23) qu’elles avaient pourtant pris par le bon bout (11-7 à la mi-temps). Mais un ultime essai des Sudistes est venu les priver de leur première victoire de la saison à domicile. « C’est vraiment dommage. On a le sentiment de maîtriser à peu près le match, sauf qu’on ne prend pas suffisamment le large en première période », analysait après coup Fabien Antonelli, le coach des Louves. « Maintenant, tout n’est pas à jeter : l’engagement et l’intensité qui nous avaient fait défaut à Montpellier étaient cette fois-ci au rendez-vous. Il faut juste mieux exploiter nos temps forts », poursuivait-il. A mettre en application dès dimanche prochain, à Rennes…
CL

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