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Mesdames et messieurs, faites vos jeux

Après avoir accueilli des centres de loisirs, des crèches et des écoles durant quinze jours, le Festival du jeu à Saint-Ouen s’est achevé les 3 et 4 mai par deux jours consacrés au grand public.

Le président du Conseil général, Stéphane Troussel, s’est rendu au Festival du jeu, mercredi 30 avril, lors de la journée consacrée à la petite enfance.

Le festival de Saint-Ouen a beau fêter cette année sa 24e édition, il a toujours une âme d’enfant. A plus forte raison mercredi 30 avril, jour où il ouvrait ses portes aux tout-petits. Pour accueillir les enfants des crèches municipales et départementales et les professionnels de la petite enfance, la nef de l’Ile des Vannes avait opéré une mue exceptionnelle.

Cinq espaces, bariolés et ludiques à souhait, s’étendaient ainsi sous les yeux pétillants des enfants : un espace déguisement, un ring de catch, un espace de construction en lien avec les super-héros, un lieu pour jouer à cache-cache et jusqu’au palais des Doges de Venise s’il vous plaît.

Là aussi, le thème des masques, choisi par le festival pour toute la quinzaine, a été respecté : des totems aux visages de super héros et des tables aux masques d’animaux dessinés par l’artiste Eric Brossier, accueillent les enfants.
Un monde dans lequel Sollyan, 2 ans et demi, accompagné de sa mère Isabelle, se sent comme un poisson dans l’eau. « C’est la première fois qu’on vient ici et je suis vraiment contente. Les enfants vont de jeu en jeu et s’épanouissent », explique la jeune maman, domiciliée à Saint-Ouen.

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Un peu plus loin, Clotilde Leys, directrice adjointe de la maison de la petite enfance Ottino à Saint-Ouen, a elle aussi fait le déplacement. « Nous sommes ici avec une quinzaine d’enfants et leurs parents. Je trouve l’espace vraiment réussi, avec ce thème des masques. Le but poursuivi en amenant les enfants ici est tout simplement de les faire jouer, ce qui est forcément source d’apprentissage ».
Une analyse que partage Ana Blanco, responsable du festival. « L’idée pour les enfants, c’est de jouer et de prendre plaisir à jouer, d’avoir des partenaires, des adversaires, de construire des relations et du coup de grandir ».

Les adultes qui ont investi la nef ce week-end pour la dernière ligne droite du festival ont poursuivi eux un but exactement inverse : il s’agira pour eux de retomber autant que possible en enfance. Plus de 300 jeux de société et d’adresse les y ont aidé, dans un espace remodelé pour l’occasion. Les 24 ans du festival du jeu coïncidant avec les 25 ans du festival du jeu de Cannes, les jeux primés lors de cet événement ont été mis à l’honneur samedi et dimanche. Certains de leurs auteurs, prêts à dédicacer leurs productions, furent également présents. Mesdames et messieurs, faites vos jeux.

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Trois questions à Taoufik Ben Abdessatar, directeur de la commission de sélection des jeux

Comment sélectionnez-vous les jeux qui vont être proposés au festival ?

« Il y a un critère très simple et infaillible : si on a envie de refaire la partie tout de suite après avoir joué, c’est qu’il s’agit d’un bon jeu. Si vous sentez que vous êtes entrés dans la mécanique et que vous voulez aussitôt vous y remettre, c’est un bon signe. Après, il faut évidemment penser à avoir une certaine diversité. Certaines personnes vont aimer les jeux de stratégie alors que d’autres vont préférer les jeux d’ambiance. Bien sûr, je ne suis pas seul à décider. Toute l’équipe joue et nous décidons ensuite quels jeux présenter. Mais il n’y a pas que des jeux de société : il y a aussi des jeux d’adresse, de kermesse, ou des jeux de plateau que nous avons fait agrandir. »

Un coup de cœur sur cette édition ?

« J’en donnerai deux. Il y a Koryo. un jeu coréen qui se joue avec des cartes. On fait plusieurs manches et à chaque tour, on améliore sa main en pouvant faire des crasses à son vis-à-vis. Et puis, il y a Concept, qui a obtenu cette année le prix de l’As d’Or au festival du jeu de Cannes. Là, il s’agit de faire deviner des expressions à partir d’idéogrammes. »

Vous étiez déjà de l’aventure lors de la première édition. Depuis, vous avez fait du chemin...

« Oui, je me souviens qu’on avait commencé parce que le directeur de l’époque s’était dit que pédagogiquement ce serait bien d’utiliser le jeu. On avait démarré dans un tout petit centre de loisirs. A l’époque, on souhaitait démontrer que le jeu pouvait être pris au sérieux par les pédagogues. Entre temps, ce n’est plus à démontrer et nous avons donc pu gagner en liberté et élargir notre palette de jeux. On a démarré avec 4 ou 5 classes, l’arrivée dans la nef s’est faite aux alentours de 1995 et désormais, le succès est au rendez-vous. Cette année, nous devrions encore atteindre les 15 000 visiteurs. »

Christophe Lehousse


Festival du jeu
Horaires des 3 et 4 mai 2014
 :
Samedi de 15h à minuit
Dimanche de 15h à 19h.
Entrée libre.

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