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Menace sur le travail des 7 centres de santé départementaux

Le président du Conseil général Stéphane Troussel a visité mercredi 28 mai 2014 le centre de dépistage et de prévention sanitaire d’Aubervilliers dans un contexte particulier : l’arrêt d’une dotation de 1,4 million d’euros de la part de l’Etat.

La visite du président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel au centre départemental de santé d’Aubervilliers, mercredi, s’inscrit dans un contexte particulier. En début d’année, le département a en effet été prévenu par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) que celle-ci cesserait de lui verser la dotation d’1,4 millions d’euros que le Conseil général percevait jusqu’ici. Une aide pourtant indispensable pour que le Département puisse mener à bien des actions de santé aussi importantes que le dépistage et la vaccination contre la tuberculose.

Le travail des 7 centres départementaux de santé que compte la Seine-Saint-Denis, qui dépistent notamment de 6 000 à 10 000 personnes pour la tuberculose chaque année et mènent des campagnes de vaccination, se trouve directement mis en danger par cette suspension de la dotation. Les conséquences d’un arrêt du versement de cette aide seraient en effet désastreuses : la Seine-Saint-Denis reste le département de France où la tuberculose touche le plus grand nombre de personnes, avec une moyenne de 26 à 27 cas pour 100 000 habitants (contre un taux de 8 cas pour 100 000 habitants dans le reste de la métropole).

Cette situation a donc poussé le président du Conseil général Stéphane Troussel à écrire à la Ministre de la Santé Marisol Touraine, lui demandant d’intervenir auprès de la CPAM pour obtenir un rétablissement de la dotation en question. « A défaut, dans l’impossibilité d’exercer ces missions fondamentales, je me verrai contraint de dénoncer les conventions existantes et de laisser l’Etat assumer les compétences qui sont les siennes », écrit Stéphane Troussel dans une lettre datée du 13 mai à l’adresse de la Ministre.

Depuis 2004, la loi relative aux responsabilités locales a en effet fait repasser certaines compétences de santé (lutte contre la tuberculose, dépistage des infestions sexuellement transmissibles) à l’Etat. La Seine-Saint-Denis, soucieuse de poursuivre une implication en matière de santé riche de 30 ans d’expérience, avait toutefois choisi de conserver ces missions, à condition d’être secondée financièrement. C’est cette dotation qui fait désormais défaut et que le Département, aux prises avec des inégalités sociales et territoriales importantes, ne saurait combler.

Christophe Lehousse

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