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« Lever les appréhensions liées au handicap »

Au sein du service de Protection maternelle et infantile, l’Instance de médiation et de recours mène un travail d’information et de dialogue avec les professionnels, afin d’assurer à l’enfant en situation de handicap et à ses parents, un accueil de qualité. Explications de Anne Peyssou, puéricultrice et référente de l’IMR et Anne Lancien, psychologue et référente de l’IMR.

Comment est née cette instance créée il y a trente ans ?
Elle a été créée sous l’impulsion de Mme de Chambrun, alors médecin responsable qui avait souvent constaté les difficultés et réticences des équipes des crèches ou des assistantes maternelles confrontées aux demandes d’admission d’enfants en situation de handicap. Les appréhensions étaient parfois telles que les parents ne réussissaient pas à trouver de solutions d’accueil pour leur petit. Elle a proposé de mettre en place une structure dédiée, dont la mission serait d’accompagner et soutenir les équipes afin de favoriser l’accueil et l’intégration de ces enfants. Le Département avait une bonne longueur d’avance puisque la loi de 2010 relative aux établissements d’accueil pour les moins de 6 ans rappelle que les enfants en situation de handicap ont leur place dans ces structures d’accueil collectif ou individuel.

Comment se passe cet accompagnement ?
Nous intervenons toujours à la demande des établissements d’accueil, de nos collègues des PMI et des assistantes maternelles sollicitées par une famille. Une préparation bien en amont avec toute l’équipe qui accueillera l’enfant est un gage de réussite de l’intégration. Cela suppose que nous prenions du temps avec les professionnels des crèches ou l’assistante maternelle, avec ma collègue Anne Lancien, psychologue. L’objectif est bien de répondre à toutes les interrogations, sans tabou, pour lever les appréhensions et favoriser un accueil serein.

Notre travail ne s’arrête pas au moment de l’admission. Lorsque l’enfant a été accueilli, nous restons à la disposition des professionnels. Nous passons régulièrement, souvent au moment où les enfants font la sieste, pour discuter avec les équipes, évaluer les éventuels besoins nécessaires. Nous travaillons aussi, bien évidemment, en étroite collaboration avec les médecins, les psychomotriciennes et les structures spécialisées et professionnelles qui interviennent auprès de ces enfants.
Plus une équipe a de l’expérience dans l’accueil de petits en situation de handicap, plus elle sera confiante et y trouvera une grande richesse. Nous pouvons témoigner que ce sont des expériences que les professionnels souhaitent renouveler malgré les difficultés rencontrées.

Quelle aide apportez-vous plus spécifiquement aux assistantes maternelles ?
Le dispositif Trait d’Union, créé en 2012 a été un outil supplémentaire précieux. Il permet aux assistantes maternelles de bénéficier d’une subvention pour acquérir du matériel spécifique adapté à l’enfant accueilli en fonction de son handicap ou de son état de santé. Nous avons aussi un fonds de matériel que nous pouvons prêter afin de répondre à des besoins plus ponctuels.

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Accueil parents-enfants en PMI : une confiance partagée

Les PMI proposent un accueil collectif hebdomadaire afin de leur permettre aux familles d’échanger, de dialoguer, de partager. Interview de Marie-Agnès Topuz, psychologue de la PMI, chargée de ce dispositif baptisé Accueil parents-enfants.

Que sont les « Accueils parents enfants » et à qui sont-ils ouverts ?
Ils sont ouverts, au sein des PMI, à tous les parents d’enfants de 0 à 4 ans qui souhaitent y participer. Les familles y viennent très librement, sans inscription, sans même décliner leur identité et sans justifier leur venue. Elles viennent parce qu’elles en ont envie, parce qu’elles ressentent le besoin d’échanger avec d’autres parents et avec des professionnels de la petite enfance, dans un cadre différent de celui d’une consultation ou d’un entretien en face-à-face. En moyenne, une heure et demie à deux heures. Mais j’insiste vraiment sur la souplesse de ces dispositifs. Les parents arrivent quand ils veulent, se joignent au groupe, et repartent quand ils veulent. Il n’y a aucune obligation d’assiduité ou de ponctualité. On y vient comme on est, avec ce qu’on est et avec ce qu’on a envie de partager.

Qui s’occupent des enfants pendant ce temps ?
Les enfants sont sous la responsabilité de leurs parents. Ces moments sont des moments d’échange entre tous - enfants, parents, professionnels. L’objectif n’est pas de faire de la guidance parentale ou de donner des conseils d’éducation, mais bien de susciter le dialogue, les échanges, le partage, chacun venant et s’exprimant avec sa propre expérience.

Des difficultés particulières peuvent émerger pour certains parents ou leurs enfants à l’occasion de ces moments d’accueil. Qu’est ce qui se passe alors ?
L’équipe d’accueillants réfléchit, après l’accueil, aux suites à donner. Face à certaines situations un accueillant peut faire part à la famille de son inquiétude et suggère à celle-ci de rencontrer tel ou tel professionnel de la PMI dans un cadre plus confidentiel.
Les parents qui participent à ces temps d’accueil, s’exposent, parlent d’eux et de leur vie familiale. Ils viennent parce qu’ils nous font confiance. Cette confiance se construit pas à pas dans ces temps de rencontre où l’enfant joue dans une ambiance confiante et sécurisante.

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