Publié le 29 juillet 2010

Les missions des archives

Lieu de mémoire, les Archives départementales ont pour missions fondamentales la collecte, la conservation, le traitement, la description, la communication au public et la valorisation des fonds d’archives et des collections documentaires constitués dans le ressort du département.

Quels qu’en soient l’âge (du Moyen Age à nos jours), la provenance (publique ou privée) et le support matériel (papier, photographies, affiches, cartes et plans, documents audiovisuels, numériques et électroniques…), ces documents constituent un patrimoine unique et irremplaçable qui témoigne de toutes les phases de l’histoire du territoire départemental.

 1) La collecte

En premier lieu, les Archives départementales exercent une compétence transversale en assurant l’évaluation, la sélection et la réception des documents produits et reçus par toutes les administrations publiques à l’échelon départemental, à l’exception des villes qui conservent leurs propres archives. En cela, elles tendent à préserver la mémoire des actions menées par les services et contribuent ainsi à leur bon fonctionnement. Elles garantissent aussi l’accès des citoyens aux documents produits par ces services, tant pour leur valeur de preuve que pour leur intérêt historique et patrimonial.

Elles sont également à même de recevoir par don, acquisition ou dépôt des fonds d’origine privée de toute provenance (associations, syndicats, partis politiques, entreprises, familles, particuliers …).

Ces deux compétences, la première obligatoire, la seconde résultant d’une politique volontaire, s’exercent en partenariat avec différents acteurs publics et privés susceptibles de remettre leurs archives aux Archives départementales, selon des modalités réglementaires (archives publiques) ou contractuelles (archives privées).

Compte tenu de son histoire récente, l’établissement ne conserve pas l’intégralité des archives publiques antérieures à la création du département en 1964. Celles-ci restent majoritairement conservées dans d’autre lieux : Archives nationales, Archives de Paris (ancien département de la Seine), Archives des Yvelines (ancien département de la Seine-et-Oise). En revanche, les fonds publics du XXe siècle sont d’une grande richesse et témoignent du développement considérable qu’a connu le territoire départemental depuis l’entre-deux-guerres. Dans le champ des archives privées, le service a développé une politique de collecte originale qui s’articule sur quatre axes principaux : un axe géographique, le territoire de la Seine-Saint-Denis ; un axe chronologique, le XXe siècle ; un axe thématique, le monde du travail et le mouvement social ; un axe typologique, les archives audiovisuelles et photographiques. Pas à pas et malgré le maigre héritage qui lui avait été dévolu par les anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, l’établissement s’est ainsi construit une identité spécifique. Sans les beaux fonds médiévaux qui font souvent le prestige des lieux patrimoniaux, mais avec plusieurs fleurons des archives du mouvement ouvrier, les Archives de la Seine-Saint-Denis sont devenues, de fait, un centre de ressources incontournable sur la mémoire militante.
Parmi ces sources il faut citer en premier lieu les archives des fédérations de la CGT, celles du Parti communiste français ou du journal l’Humanité avec sa photothèque de plus de deux millions d’images, mais aussi les fonds de plusieurs associations qui se réclament de la mouvance progressiste comme l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA), le Mouvement de la Paix, le Conseil mondial de la Paix etc. Plus récemment un pôle de conservation a été mis en place, en partenariat avec l’université Paris I, pour la collecte et la valorisation des archives syndicales et associatives dans le champ justice. Ces fonds d’archives sont complétés par des collections documentaires variées (bibliothèques historique et administrative, périodiques, presse, cartes et plans, estampes, photographies, cartes postales etc.) dont l’accroissement s’effectue principalement par acquisition et par don.

 2) La conservation matérielle

L’ensemble de ces fonds et collections doit être conservé selon des normes de conservation préventive qui s’appliquent aux locaux de conservation, au mobilier, aux matériaux de conditionnement, aux conditions de communication et d’exposition. Les solutions « curatives » (désinfection, restauration) ne s’imposent qu’aux documents très endommagés. Elles visent à stopper les processus de dégradation et à permettre la communication et la reproduction des documents. Les techniques de microfilmage et de numérisation permettent également de sauvegarder les documents originaux qui, une fois reproduits, ne sont plus communiqués au public et n’encourent plus les risques liés au transport, à la manipulation et à la consultation. Pour les archives audiovisuelles, le transfert des supports obsolètes sur de nouveaux supports numériques est indispensable pour assurer la pérennité des enregistrements.

 3) Le classement et la description

La finalité de la conservation est bien évidemment la communication des documents au public. Celle-ci suppose un travail préalable important d’évaluation des documents, de tri, de classement, de cotation et de description. Ces opérations, indispensables à la connaissance des fonds et à la transmission de celle-ci, débouchent sur la réalisation d’instruments de recherche (répertoires, inventaires, catalogues) diffusés sous plusieurs formes : publications, bases de données, éditions numériques. L’ensemble des fonds est décrit dans un système d’information approprié.

 4) La communication des documents

Il s’agit d’une compétence obligatoire exercée en vertu du principe de libre accès aux archives édicté par la loi du 7 messidor an II et repris par les dispositions du code du patrimoine. Cette communication est encadrée par la loi, pour ce qui relève des archives publiques, et par des dispositions contractuelles pour les archives privées. Les publics qui fréquentent la salle de lecture sont de plusieurs types : particuliers à la recherche de leurs droits, administrations, généalogistes, historiens locaux, documentalistes, enseignants, chercheurs et étudiants.

 5) La valorisation patrimoniale

Les actions de valorisation se déclinent sous trois angles principaux : - les démarches éducatives : accueil de classes, ateliers pédagogiques, formation des enseignants ; - les actions de valorisation scientifique et les partenariats universitaires : séminaires, tables rondes, journées d’étude, interventions dans des formations, publications scientifiques ; - les actions de diffusion patrimoniale à destination de tous les publics : expositions, publications, conférences, édition multimédia.