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Les élèves du cercle polaire

Le mardi 17 mars 2015, trois lycées de Seine-Saint-Denis ont pris part à une journée d’études sur le changement climatique en Arctique, organisée conjointement par la France et la Norvège. L’occasion pour certains élèves de rôder leurs arguments en amont de la COP21, qui se tiendra au Bourget à la fin de l’année.

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Imène est satisfaite, elle a pu poser sa question à Richard Bellerby, un scientifique norvégien, spécialiste de l’acidification de l’océan arctique. « Comment faire pour remédier à l’acidification des fonds marins ? ». La question ne sort pas de nulle part : avec toute sa classe de seconde du lycée du Bourget, Imène va participer à la fin de l’année scolaire à une simulation de négociation internationale autour du climat.

Portée par les trois académies franciliennes, la DRIEE Ile-de-France et la Région (le Conseil général organise lui le même événement avec les collèges), cette initiative vise à faire comprendre aux élèves les enjeux d’une négociation internationale telle qu’elle se déroulera quelques mois plus tard au sommet international de l’ONU sur le climat, pour de vrai cette fois... Du 30 novembre au 15 décembre prochain, la Seine-Saint-Denis accueille en effet la COP21, avec 195 nations représentées et également un village réunissant la société civile.

L’occasion ou jamais de sensibiliser la jeunesse aux enjeux de la lutte pour le climat... Les établissements participant à l’atelier de négociation internationale se sont donc vus assigner un rôle à défendre, à force d’arguments percutants et de données bien utilisées. Et la classe d’Imène a tiré le rôle des Etats insulaires, en première ligne par rapport aux conséquences du réchauffement climatique.

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Pour ces seconde générale, la conférence franco-norvégienne organisée le 17 mars à l’Institut océanographique de Monaco, dans le 5e arrondissement de Paris, était donc l’occasion rêvée pour partir à la pêche aux infos et tenter d’en savoir plus sur un autre endroit de la planète particulièrement vulnérable : l’Arctique.

« Aujourd’hui, j’ai appris que l’Arctique, comme les Etats insulaires, était particulièrement menacée par le changement climatique, retenait ainsi Imène. Et puis, on a pu muscler nos arguments pour l’atelier de simulation, en disant par exemple que les Etats insulaires sont très peu producteurs d’émissions de gaz à effet de serre alors qu’ils sont pourtant les premiers à subir les conséquences. » Un peu plus tard, le chercheur norvégien confiera d’ailleurs l’aspect réconfortant à voir la jeune génération s’emparer de ces thématiques.

Prise de conscience des jeunes

Mais le lycée du Bourget n’était pas le seul à écouter les contributions de la communauté scientifique de France et de Norvège dans la belle salle d’apparat de l’institut océanographique. Le lycée agricole de Vaujours et des étudiants du lycée horticole de Montreuil avaient également fait le déplacement.

Pour ces élèves ayant souhaité s’orienter vers des métiers en partie liés à la transition écologique, le thème de la conférence nourrissait évidemment leur réflexion. « En tant que lycée agricole, on parle beaucoup d’environnement, de modes de production alimentaires à nos élèves, expliquait Jean-Marc Rafenberg, professeur d’agronomie et de technique des aménagements à Vaujours. On essaie vraiment de les sensibiliser au lien entre habitudes alimentaires et énergie, à la production à moindre coût énergétique »

Luca, en 1ère STAV (Sciences et techniques de l’agronomie et du vivant), confiait ainsi avoir bien profité de cette journée. Cet élève désireux de se former au métier d’architecte paysagiste se disait surtout marqué par la rapidité du changement climatique en Arctique. « La fonte de la banquise, la montée des eaux, l’acidification des océans, j’en avais entendu parler bien sûr, mais je ne pensais pas que cela allait à ce rythme-là. Quand on voit tous les gaz à effet de serre émis en seulement 150 ans, ça fait peur... »
Ou, comme le dira quelques heures plus tard le médecin-explorateur Jean-Louis Etienne, devenu célèbre par ses expéditions au Pôle Nord, « nous avons ouvert la porte du frigo de la terre ». Car cette journée aura surtout servi à rappeler que l’Arctique fonctionne comme un révélateur hypersensible du changement climatique, confirmant ainsi qu’il y a urgence à agir.

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Parmi les signaux d’alarme mis en avant par la communauté scientifique et relayés par les politiques, dont le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, son homologue norvégien Borge Brende et le prince Albert II de Monaco, figure en effet ce constat : l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite qu’ailleurs, mettant ainsi en danger non seulement les écosystèmes, mais aussi les hommes. « Le changement climatique menace les moyens de subsistance de plus en plus de populations en Arctique, contribue à l’apparition de nouvelles maladies et à des migrations subies », rappelait la chercheuse Grete Hovelsrund dans son intervention.

Des enseignements qui, même si l’Arctique et la Seine-Saint-Denis sont distantes de quelques kilomètres, ne manqueront pas de résonner dans les oreilles des élèves de Seine-Saint-Denis présents ce jour-là.

Christophe Lehousse

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