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Coup de jeune sur la COP21

Quand la jeunesse se mobilise pour l’environnement, elle vient le dire et le démontrer sur le stand de la Seine-Saint-Denis à Générations Climat. La preuve par l’exemple.

 Coup de jeune sur la COP21

Quand la jeunesse se mobilise pour l’environnement, elle vient le dire et le démontrer sur le stand de la Seine-Saint-Denis à Générations Climat. La preuve par l’exemple.

Un tee-shirt pour briser la glace, provoquer la rencontre et enclencher le débat. Dans son dos et sur son tee-shirt donc, la Courneuvienne Louise Huang, membre de l’association Global Potential qui travaille à un projet de création d’une bibliothèque au Sénégal, pose une question simple et vaste : « Pourquoi les déchets ne sont pas recyclés en Afrique ? » Une interrogation qui fait réagir Stéphane Troussel en visite, mercredi 9 décembre, sur le stand du Département sur les espaces Génération Climat, lieu de débat, de savoirs et d’échanges ouvert au grand public, au Bourget, tout au long de la COP21. « Quand on manque d’outils de développement, on ne pense pas spécifiquement à la question des déchets et de leur traitement, répond le président du Conseil départemental.

Mais, la transition énergétique ne doit pas être un luxe réservé à quelques-uns, il faut qu’elle soit portée partout et dans les territoires les plus vulnérables aussi. C’est pour ça que la COP21 doit également être un moyen de faire entendre la voix des banlieues. Les épisodes de pollution, ce ne sont pas seulement les images de la Tour Eiffel dans le brouillard qu’on nous montre toujours, mais ce sont aussi les riverains de l’A1 à Saint-Denis et de l’A3 à Aulnay qui en souffrent. La négociation de la COP21 a lieu ici en Seine-Saint-Denis, alors profitons-en pour nous faire connaître ! »

Message largement entendu par les jeunes venus, au cours de cet après-midi du 9 décembre, échanger et présenter leurs actions en faveur de l’environnement. Qui se traduisent souvent par des gestes simples au quotidien. « Dans notre quartier de la Boissière, les jeunes avec qui on a créé une web-série « C’est chaud » sont un peu devenus des ambassadeurs de l’environnement, raconte par exemple Hamaye Konate, animateur-jeunesse montreuillois. Au début, la question de l’environnement leur passait un peu au-dessus de la tête et puis ils ont évolué au fil de leurs recherches sur la COP21, les changements climatiques, jusqu’à se dire : « Dans 50 ans, ce sera peut-être nous ou nos enfants qui souffriront des dérèglements du climat si on ne fait rien aujourd’hui. » Une prise de conscience qui est passée pour les ados des Grands Pêchers à Montreuil par un voyage au Chili dans le désert de l’Atacama en avril dernier sur les traces de l’aventurier Charles Hedrich. Avec un retour d’expérience et un film présenté sur le stand du 93. Une aventure « qui change ton regard sur la planète et tes gestes pour l’environnement au quotidien », résume Boubou Diakite, un des cinq jeunes montreuillois engagé dans la « virée » chilienne.
À lire aussi : Le Chili leur redonne des ailes.

Bref, les voyages forment la pratique environnementale de la jeunesse. Venu de Rabat au Maroc, Saad Fikri en est persuadé. En visite au Bourget avec l’appui du réseau international des Petits Débrouillards -l’association d’éducation populaire à la science et par la science-, l’étudiant en biologie de 21 ans a pu « découvrir en Seine-Saint-Denis des initiatives vertes qui pourront être présentées au Maroc et changé aussi son regard sur le 93. C’est complètement différent de ce qui est présenté à la télé ! C’est un département qui a la volonté de faire une vraie transition verte, je m’en suis rendu compte en visitant, par exemple, la centrale géothermique de Villepinte ou le parc de La Courneuve. »
Oui, l’environnement peut faire le miel du 9-3. Les jeunes allemands présents sur la COP21 avec l’Office franco-allemand de la jeunesse le confirment en plongeant leurs cuillères dans les pots de miel du parc départemental Georges-Valbon : « Wunderbar ! Excellent ! »

 « On doit être des messagers de l’environnement »

Lycéen à Montreuil en sciences et technologies du management et de la gestion, Boubou Diakite, 18 ans, a effectué en avril dernier -avec le service jeunesse de sa ville- un voyage dans le désert de l’Atacama au Chili, un des lieux les plus arides de la planète. Une découverte éducative et environnementale couplée avec le défi sportif de l’ascension du volcan Láscar (5592 mètres) qui a changé sa « vision de la planète. »

Un voyage dans le désert de l’Atacama, l’un des lieux les plus arides du monde, c’est une manière de prendre conscience des ressources limitées de la planète ?
Oui, en allant au Chili, on s’est vraiment rendus compte de la difficulté de vivre au quotidien avec des moyens modérés, sur la question de la gestion de l’eau particulièrement. Marcher des heures pour aller chercher de l’eau, c’est quelque chose d’impensable pour nous qui avons justement cette ressource en abondance.

D’où l’envie de transmettre et raconter votre expérience ?
Exactement, on transmet, on fait passer au maximum dans notre entourage ou en rencontrant d’autres jeunes comme ici à la COP21, des messages simples sur la réduction de nos consommations d’énergie, d’eau. Et puis, en échangeant avec les autres jeunes, on se rend compte que c’est notre devoir d’aider les pays en difficulté sur ces questions environnementales.

La jeunesse est-elle assez investie dans la bataille sur le climat ?
C’est un travail d’éducation en fait. Mais, c’est aussi à nous de travailler pour les générations futures, d’essayer de les mettre dans les meilleures conditions et contribuer à notre manière à modifier les habitudes en matière de protection de l’environnement. Il faut continuer à combattre, chacun de son côté, mais aussi avec les autres, pour la planète.

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 De bonnes ondes pour la planète

Agir mais aussi donner de la voix sur l’environnement en le mettant en questions, c’est ce qu’a fait Radio Tèr, partenaire de la Seine-Saint-Denis, tout au long de la COP21.
Envoyer des bonnes ondes à la planète, c’est en quelque sorte l’objectif que s’est fixé Radio Tèr, radio thématique dédiée au développement durable. Laquelle lors de la COP 21 a noué un partenariat avec le Conseil départemental. L’occasion de donner de la voix sur le stand du 93 sur les espaces Générations Climat au Bourget. Ou plus exactement des voix et des voies, ce mercredi 9 décembre, avec un débat sur le thème « Comment ré-enchanter la jeunesse autour de la question de l’environnement ? »
Facile lorsque ladite jeunesse vient, tout l’après-midi, de démontrer sur ce même stand sa capacité à innover, s’impliquer, construire autour des thématiques du réchauffement climatique.
Encore faut-il savoir par où commencer pose quand même d’entrée au micro de Boris Georgelin, Antoine Maudinet, vice-président de Climates, association en charge de la Conférence de la Jeunesse (COY11) qui a eu lieu à Villepinte en amont de la COP21 : « Plutôt que dire aux jeunes, il faut faire ceci ou cela, on leur a montré lors de la COY qu’il existe des solutions climato-compatibles. On leur a donc donné des outils de prise en main de leur destin écologique. »

Agir mais aussi comprendre, comme l’ont fait micros en main, six étudiantes de Paris-8 en Masters web et culture participative, envoyées spéciales de Radio Tèr sur la zone de négociation. « Dans ce projet qu’on mène avec la Direction de l’Education et de la Jeunesse de la Seine-Saint-Denis depuis l’an dernier, explique Luc Magrina, le directeur de Radio Tèr, on avait l’objectif de donner la vision la plus éclectique de la COP21, et puis donner des micros à des étudiantes de Paris-8, c’est aussi l’idée que des jeunes s’adressent à d’autres jeunes. »

De retour à la table du débat radiophonique, c’est une option que conforte Jouan Drouet, étudiant en licence d’infographie paysagère et ambassadeur du climat pour la jeunesse auprès du Conseil régional des Pays-de-la-Loire : « Parler directement entre jeunes, ça enlève certaines barrières et la peur du regard des « grands ». C’est aussi une mise en confiance pour faire naître des projets », expose-t-il.
Une réalité qu’il a d’ailleurs testée « sur le terrain » lors d’un échange organisé au collège Poincaré à La Courneuve : « C’est assez étonnant le nombre de projets qui se mettent en place avec les jeunes de Seine-Saint-Denis. On sent qu’ils vont devenir précurseurs pour hausser leur qualité de vie. »

Pas faux, rebondit au micro de Radio Tèr, Brice Lesaunier, consultant en innovation sociale : « Il y a un virus positif de l’action en Seine-Saint-Denis, estime-t-il. De ce point de vue, le 93 est le département du futur. »
Un présage qui encourage Sylvia Capanema, vice-présidente chargée de la jeunesse au sein du CD93, à « renforcer encore les politiques publiques en direction des jeunes en Seine-Saint-Denis, à travailler à les rendre encore plus efficaces. Mais, de ce point de vue, la COP21 et la COY11 ont déjà été une réussite parce qu’on a su donner la parole aux jeunes. »
Et, c’est à réécouter à l’envi et en podcast sur Radio Tèr.

Propos recueillis par Frédéric Haxo.

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