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Le rôle des Missions locales

Sur les conseils d’amis, Anisah s’est rendue à la mission locale de Bobigny pour trouver une entreprise... et se retrouver au Canada.

« Pour mon stage au Canada, j’ai dû me décider très vite »

Elle vient de rater son bac et explique qu’elle veut travailler dans le tourisme. Pour y arriver, il lui faut se perfectionner en anglais. Et là, surprise, on lui propose un stage en entreprise d’un mois au Québec. « Je ne m’attendais pas du tout à une telle proposition. J’avais un peu peur d’aller aussi loin. Je ne connaissais personne, je ne connaissais pas le Canada, Mais j’ai dû me décider très vite à cause des visas… »

Anisah en parle à sa mère, à sa sœur, et dès le lendemain elle appelle la mission locale : elle sera du voyage. Anisah est la plus petite du groupe, elle loge dans une auberge de jeunesse avec quatre autres chanceux de Seine-Saint-Denis. Du 15 novembre au 12 décembre, elle se retrouve dans un magasin d’équipements sportifs à conseiller la clientèle pour ses achats d’après-ski, manteaux, kayaks, tentes de camping, raquettes... en anglais.
Elle fait l’encaissement, sympathise avec les Français installés au Canada qui travaillent avec elle.

« Quand on monte ce type de projet, les jeunes en reviennent transformés. En France les jeunes sont vus comme un problème, au Canada, ils sont vus comme une chance, explique madame Dima, référente du projet mobilité de la mission locale de Bondy. Il faut trouver des façons innovantes. Ce projet est une façon de leur faire confiance, c’est idéal pour les remotiver. » Cette année, Anisah repasse le bac en candidate libre et compte repartir en septembre pour aller travailler au Canada ou y continuer ses études. « À la mission locale, ils veulent qu’on réussisse. Ma conseillère m’a dit de ne pas lâcher. Elle croit en moi... »

40 000 jeunes accueillis dans les missions locales

Questions à Laurent Gaillourdet, directeur de la Mire (mission locale regroupant les villes de Bobigny, Drancy, et du Blanc-Mesnil) et président de Convergence 93 (association qui fédère les missions locales de Seine-Saint-Denis).

Si un jeune est intéressé par les emplois d’avenir, est-ce vers les missions locales qu’il doit se tourner ?
Les missions locales sont au cœur du dispositif des emplois d’avenir. C’est nous qui devons proposer les jeunes. Nous leur faisons signer leur contrat et les accompagnons dans l’entreprise. Il existe quatorze missions locales en Seine-Saint-Denis et j’invite les intéressés à se tourner vers la plus proche de leur domicile. On s’occupe aussi des contrats d’apprentissage, des contrats de professionnalisation. On est habilités à faire la promotion de tous ces contrats aidés.

Jusqu’à quel âge accompagnez-vous ces jeunes ?
Ils ont entre 16 et 25 ans mais désormais, dans le cadre des emplois d’avenir, nous les suivrons jusqu’à leur 28 ans (le contrat dure 3 ans et peut être signé jusqu’aux 25 ans de la personne).

Combien en avez-vous accueilli cette année ?
40 000, des non diplômés, des diplômés, autant de filles que de garçons, tous sortis du système scolaire. 40 000 jeunes, c’est beaucoup...
Si le réseau des missions locales accueille autant de jeunes c’est qu’il a su s’adapter. Les jeunes ne sont pas payés pour venir chez nous, ni contraints à pointer. On est dans une espèce de donnant/donnant.

Quand le jeune y trouve son compte, pense que l’accompagnement est de qualité, il revient. Ici, on essaie de leur faire comprendre qu’une démarche d’insertion professionnelle est une démarche qui doit être active.

Le Conseil général vient justement d’embaucher des emplois d’avenir, comment travaillez-vous avec lui ?
Nous avons des relations de confiance réciproque. Le Conseil général est très impliqué sur la question de l’emploi. Nous travaillons avec lui à de nombreux projets notamment autour de la formation.
Là grâce aux liens du Conseil général avec de grands groupes comme la RATP et La Poste, nous formons un certain nombre de jeunes sur des métiers comme conducteur de bus, receveur ou facteur. À l’issue de la formation, ils pourront être embauchés. Pour ce qui est des
emplois d’avenir, il y a une obligation de tutorat et de formation de la part des employeurs. L’idée est que des collectivités comme le Conseil général ou les mairies, mais aussi les associations embauchent des jeunes. Et qu’au bout de trois ans ils puissent se présenter dans une entreprise.

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Youness, 33 ans, Bondy. Son métier ? Créateur d’entreprise.

À 21 ans, il a créé sa première entreprise. Depuis il enchaîne les succès : sept entreprises en douze ans dans des domaines très diversifiés.


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