Publié le 28 juin 2010

Le nouveau visage du XXe siècle

Le XIXe siècle s’ouvre sur une future Seine-Saint-Denis presque exclusivement campagnarde. Il se clôt sur une réalité plus complexe où la ville tient une place essentielle. La population décuple presque entre 1801 et 1896, passant de 28 227 à 267 061 habitants.

Mais cette progression n’est pas uniforme dans le temps et dans l’espace : Saint-Denis triple sa population et atteint 40 000 habitants ; les communes proches de Paris, comme Saint-Ouen, Aubervilliers, Pantin, Montreuil voient leur population quintupler. En revanche, le nombre d’habitants de Coubron diminue. L’essentiel de ce gain démographique est acquis moins par accroissement naturel que par l’apport de l’immigration provinciale et étrangère.

L’abondance de la main-d’œuvre associée au développement intensif des transports et moyens de communication prédisposent le futur département à une industrialisation importante.

En fait, à la charnière entre XIXe et XXe siècles, trois Seine-Saint-Denis se dessinent :

  • la zone traditionnelle qui court au nord et à l’est de l’actuel département où le peuplement est lâche, et où le fait rural demeure prépondérant.
    Les industries modernes y sont rares alors que persistent les industries rurales traditionnelles (carrières, plâtreries…) et les activités artisanales
  • la zone des mutations, qui couvre une sorte de quadrilatère avec pour sommets Neuilly-Plaisance, les Pavillons-sous-Bois, le Pré-Saint-Gervais et Montreuil.
    Le peuplement y est assez important et les activités agricoles se maintiennent ainsi que les industries rurales, alors que se développent des fabrications nouvelles
  • la zone des bouleversements, au nord et au nord-est de Paris.
    Les villes de Saint-Ouen, Saint-Denis, Aubervilliers, Pantin abritent plus de la moitié de la population du futur département. Si cultivateurs et maraîchers sont encore nombreux, l’industrie devient l’activité prépondérante. Les grandes entreprises à forte nuisance, pour la plupart des industries lourdes, emploient en moyenne 60 % des habitants de ces communes.