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Le Red Star, un modèle de club citoyen selon François Hollande

Le président de la République François Hollande a choisi le Red Star pour lancer un tour de France autour du sport et de la citoyenneté qui se poursuivra jusqu’à l’Euro 2016. En sa présence, une première journée sur ces thématiques a eu lieu mercredi 9 septembre au stade Bauer de Saint-Ouen, réunissant quelque 200 jeunes.

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© Présidence de la République – L.Blevennec

Tristan, gardien chez les moins de 13 ans, dit avoir bien aimé cette journée. Comme 200 autres jeunes du Red Star, il a pris place sur la pelouse synthétique du stade Bauer pour s’entendre parler des passerelles entre sport et citoyenneté. Mais le petit footballeur aux mèches blondes, scolarisé au collège voisin Jean-Jaurès, n’a pas attendu le président de la République pour donner un sens plus large à sa pratique du football. « Pour moi, le foot, c’est se faire des amis, jouer avec des gens que je connais ou pas ». Alexandra, son alter ego chez les U13 féminines, renchérit : « Le foot, c’est pas seulement faire du sport, c’est aussi créer des liens ».

A quelque 250 jours de l’Euro 2016, le président de la République François Hollande avait donc choisi le Red Star, club historique du foot français et ancré dans un quartier populaire, pour lancer un grand tour de France autour des valeurs du sport. « L’idée qui nous rassemble tous aujourd’hui, c’est la citoyenneté. Les valeurs du sport, vous les apprenez ici grâce à vos éducateurs. Elles ont pour nom le dépassement, la solidarité, l’engagement et le rassemblement. Je compte sur vous pour les défendre », a-t-il rappelé aux jeunes du club vert et blanc.

Pour porter sa bonne parole, le chef de l’État s’appuiera notamment sur la directrice générale du Red Star, Pauline Gamerre, qui a été intégrée à un « onze tricolore », une équipe composée de 11 personnalités chargées chacune de faire vivre un thème sociétal jusqu’à l’Euro 2016.

Il faut dire qu’au Red Star, l’éducation par le sport, on sait faire. « Vous savez, quand on a 650 jeunes comme nous au club, une de nos premières missions, c’est d’insister sur le vivre-ensemble et la cohésion de groupe. Après l’école, c’est le deuxième lieu où ces jeunes se retrouvent le plus souvent, donc ça donne des responsabilités », souligne Pauline Gamerre.

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Depuis 2008, le club organise ainsi des ateliers pédagogiques avec l’ambition de dépasser le seul cadre du sport et d’ouvrir ses jeunes joueurs sur le monde. L’année dernière, certains ont par exemple participé à des ateliers d’écriture en compagnie de l’écrivain Bernard Chambaz, invité en résidence au club avec le soutien du Conseil départemental. D’autres encore ont pu visiter l’académie Fratellini pour s’initier à la féérie du cirque. « C’est l’esprit Jules Rimet, tout simplement », fait remarquer l’ex-international Steve Marlet, ancien joueur et désormais directeur sportif du club audonien. Et de rappeler la mentalité du fondateur du Red Star – et accessoirement père de la Coupe du Monde - qui « souhaitait former des hommes et non pas juste des sportifs ».

De son côté, le président du Conseil départemental Stéphane Troussel se réjouissait lui aussi de la venue de François Hollande au stade Bauer et rappelait que lui aussi croyait au sport comme vecteur de cohésion sociale. « Le Département, à travers ses collèges et l’ensemble des projets qu’il soutient, s’emploie à utiliser le sport comme facteur de cohésion et de rassemblement. Et d’ailleurs, il n’y a pas que le sport : les arts, la culture, ce sont tous des outils opérants ».

Lancé depuis le stade Bauer, orphelin pour l’instant de son équipe première du Red Star (voir par ailleurs), ce Tour de France « sport et citoyenneté » va maintenant vivre jusqu’au début de l’Euro-2016, et passera notamment par les Pôles espoirs de Liévin, Aix-en-Provence et Vaux-en-Velin. Ce dispositif s’accompagnera par ailleurs d’un plan national « Citoyens du sport », qui prévoit la possibilité pour 15000 jeunes de mener des missions de service civique dans le champ du sport d’ici 2017.

Christophe Lehousse

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Et le stade alors ?

« Le Red Star, c’est un club historique qui a aussi voulu connaître une nouvelle jeunesse. Il est dommage que son stade ne l’ait pas suivi dans cet enthousiasme. » Dans son discours prononcé à Saint-Ouen face à 200 jeunes mais aussi devant l’équipe première au grand complet, François Hollande n’a pas oublié d’évoquer l’épineuse question du stade qui hante actuellement les Vert et Blanc. L’enceinte de Bauer, dans laquelle les Audoniens ont évolué la majorité du temps depuis 1909, n’est en effet pas homologuée pour la Ligue 2, niveau auquel a accédé l’équipe première à l’issue de la saison 2014-2015. Et pour les indispensables travaux de rénovation, ça coince : la ville de Saint-Ouen, propriétaire du stade, a certes mené des études de faisabilité, mais le dossier est depuis au point mort. Selon ces études, les travaux d’homologation ont été évalués à environ 5 millions d’euros, à répartir entre les différents acteurs concernés : le club, la ville de Saint-Ouen, la communauté d’agglomération Plaine Commune et la région.
Pour le moment, l’équipe première, exilée à Beauvais pour ses matches et à Saint-Leu-la-Forêt pour ses entraînements, pâtit en tout cas de ce déracinement. « On ne va pas faire reposer notre mauvaise entame de championnat entièrement là-dessus (le club est actuellement 19e de Ligue 2, ndlr), mais quand même... », argumente Steve Marlet, avant de développer : « A titre d’exemple, lors de notre défaite 5-1 à Beauvais contre Valenciennes, les supporters visiteurs chantaient « On est chez nous, on est chez nous ! ». C’est le genre de détails qui sape quand même bien le moral de nos joueurs ». Pauline Gamerre, la directrice générale du club, parlait elle d’un club « disloqué » et espérait secrètement que le soutien présidentiel puisse dénouer certains points de blocage. Du côté du Département, son président Stéphane Troussel, présent au stade Bauer mercredi, redisait en tout cas « sa disponibilité à avancer aux côtés des différents partenaires pour que ce club mythique reste ancré dans notre territoire ». A suivre.

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