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Le Département prépare l’avenir du sport

Alors que le sport manque d’équipements, le Département engage un Schéma de Cohérence Territoriale des Équipements Sportifs (SCOTES). Il consulte l’ensemble des partenaires pour une mise en commun des idées et moyens, propose des solutions pour rétablir l’égalité des territoires en matière de sport.

Longtemps, le sport se pensait ville par ville : club de la ville, gymnase, stade ou piscine municipaux… A l’heure où se dessine le Grand Paris, le Conseil général pense que le sport doit aujourd’hui dépasser les limites des communes, être partie prenante d’une politique de la ville pour mieux répondre aux attentes des habitants. Pour cela, le Département a choisi d’adopter une approche qualitative. Avec ses partenaires de longue date du monde sportif (Comité départemental olympique et sportif, comités départementaux, clubs… ) les communes et différents acteurs institutionnels (Etat, Région, IRDS, etc), il a initié un Schéma de Cohérence Territoriale des Équipements Sportifs (SCOTES). Cette feuille de route veut apporter une vision durable et partagée du territoire. Après avoir recensé les besoins, établi des projets de développement des pratiques sportives, il proposera des aménagements sportifs. Ceux-ci seront définis selon la règle de la mutualisation et l’optimisation des moyens. Chaque habitant, quel que soit son âge, son niveau, ses envies, devra pouvoir pratiquer près de chez lui l’activité de son choix, parmi une offre la plus large possible.
Le SCOTES a défini sept grandes orientations pour garantir le rééquilibrage et le maillage des équipements, en optimiser l’usage, renforcer la coopération entre institutions, contribuer à l’économie durable, développer les pratiques autonomes….

Sept orientations

1/ Faire équipe
Longtemps, les communes étaient seules à décider de l’implantation de tel ou tel type d’équipement sportif sur leur territoire. Mais cela ne suffit plus, le poids financier est trop lourd pour les seules villes. Une coopération entre les communes, le Département et le mouvement sportif permettrait de mutualiser les moyens et de mieux répondre aux besoins. On n’interrogera pas seulement les acteurs cruciaux que sont les clubs, les comités départementaux et le CDOS 93, mais aussi les offices municipaux des sports, l’Union nationale du Sport Scolaire (UNSS), les professeurs d’EPS ou d’autres structures associatives ou privées. Il ne s’agirait plus d’agir de façon très localisée, mais de prendre de la hauteur pour avoir une vision d’ensemble et assurer un maillage d’équipements sportifs sur l’ensemble du territoire.

2/ Une nouvelle règle, l’économie durable
Le sport aujourd’hui, ce n’est plus seulement le modèle compétition. Il doit favoriser la pratique du plus grand nombre d’habitants possible, les compétiteurs comme les scolaires ou les utilisateurs loisir. Pour cela les équipements doivent se faire plus accueillants. On doit penser aux parents qui accompagnent leurs enfants, offrir des espaces de convivialité, permettre la pratique de sport en famille, pouvoir réserver des créneaux horaires pour s’entraîner entre amis… Les activités proposées doivent séduire les amoureux de compétition mais aussi des personnes plus éloignées de la pratique sportive : femmes, population à bas revenus, personne handicapées. Les conditions d’accès seront primordiales. Pour être pleinement utilisés par tous, ces équipements devront être desservis par les transports en commun, accessibles à pied comme à vélo, et bien sûr mériter le label Haute Qualité Environnementale. Dans ces conditions, de nouveaux utilisateurs nécessiteront de nouveaux services, avec de nouveaux métiers, de nouveaux emplois. Un équipement sportif sera alors un point d’appui pour le dynamisme économique et social.
Dans le cadre du projet de métropole du Grand Paris, la présence de tels équipements sportifs au sein des zones de développement (zones aéroportuaires, gares, Zones d’Aménagement Concerté (ZAC), éco-quartiers) permettrait aux habitants, aux salariés comme aux personnes de passage un cadre de vie agréable et salutaire.

3/ Spécialiser pour mieux s’adapter
Lorsque l’on veut tout faire en même temps, on ne fait souvent rien de bien. Le sol de certains gymnases est un embrouillamini de lignes multicolores de handball, basket-ball, volley-ball, badminton, tennis, etc. Sans parler des revêtements de sol inappropriés, d’espaces de dégagement insuffisants, de problèmes de hauteur sous plafond, de luminosité et d’éclairage inadaptés, de locaux de rangement de matériel insuffisants… À vouloir utiliser à plein un investissement coûteux en accueillant un maximum de sports différents, aucun d’entre eux n’est correctement traité.
Les travaux de préparation du SCOTES ont montré qu’il est nécessaire d’adapter les projets de construction à un bassin d’utilisateurs potentiels, à des activités à soutenir ou promouvoir. Et cela en entente entre plusieurs communes. En clair, et par exemple, plutôt que de construire trois gymnases multi-sports très coûteux et peu adaptés dans trois villes limitrophes, pourquoi ne pas choisir de construire une salle spéciale sports de combat dans une ville, une salle pour sports de grande hauteur (volley-ball, escalade) dans une autre et des terrains de tennis couverts dans la troisième ?

4/ Grands équipements pour grands événements
Le sport aime voir les choses en grand. Que l’on parle de grands stades, grandes salles de plus de 1500 places comme le Stade de France, l’Aréna de Gagny, le stade Bauer à Saint-Ouen ou bien d’équipement de grande superficie avec plusieurs terrains (stade départemental de la Motte à Bobigny, centre nautique et sportif Claude-Bernard à Rosny-sous-Bois) les grands équipements sont des atouts.
Ils peuvent accueillir des compétitions d’importance nationale, voire internationale. Autant d’outils pour le développement du sport, l’animation locale, le dynamisme économique et l’image du territoire.
Le SCOTES suggère que les futurs grands équipements n’accueillent pas seulement des compétitions, mais aussi un large public dans le cadre de démarches éducatives, d’entraînements sportifs, de manifestations ou de spectacles. Connecté au réseau de transports en commun et accessible à la population environnante, il se distingue aussi par une gestion rationnalisée et optimisée.
De tels équipements doivent être obligatoirement reliés au réseau de transport d’Ile-de-France et du Grand Paris. Ils doivent être accessibles aux riverains, tout comme aux supporters d’autres villes, régions ou pays. Le SCOTES prend en compte la rentabilité de tels équipements. Ils doivent comporter toute une série d’autres fonctionnalités (restauration, aires de loisirs, hôtellerie, crèches, salle de réunion… ). S’ils sont dédiés au sport, ces grands équipements ne doivent pas seulement vivre le temps des compétitions ou des spectacles. Rien n’empêche une salle de basket de se muer régulièrement en hall d’exposition, comme à Cholet ou Strasbourg.
Cette conception innovante et singulière permet de positionner les grands équipements comme supports des projets de territoires, structurant l’offre de pratiques, dynamisant la vie du territoire et porteurs d’une vision d’excellence pour la Seine-Saint-Denis.

5/ Utiliser au mieux les équipements scolaires
Les 117 collèges forment un maillage serré sur le département. Certains d’entre eux bénéficient d’équipements sportifs récents et de qualité. Un tiers des équipements d’athlétisme de Seine-Saint-Denis appartiennent au Conseil général, puisque situés dans l’enceinte d’un collège. Certains établissements comptent des salles de 300 m2 qui pourraient accueillir en soirée et en week-end des activités sportives menées par des associations, ce qui libèrerait des créneaux dans les structures municipales.
De plus avec le Plan Exceptionnel d’Investissement le Conseil général prévoit la construction de 11 gymnases, 9 plateaux extérieurs et des salles d’EPS et une piscine. Ces équipements pourront être utilisés par d’autres sportifs que les collégiens.
D’après l’IRDS, si l’on utilisait les équipements sportifs situés dans l’enceinte établissements scolaires du secondaire d’Île-de-France, pratiquement plus personne ne serait à plus de 20 minutes de voiture d’un équipement sportif.

Le SCOTES pointe du doigt un élément particulièrement préoccupant. Par faute d’un nombre de piscines suffisant, en Seine-Saint-Denis en 2011, plus d’un élève de CM2 sur trois échoue au test 2 de l’apprentissage de la natation défini par l’Éducation nationale. Alors que 29% de sa population est âgée de moins de 20 ans, ceci est préoccupant tant en matière de sécurité publique que d’accès à l’ensemble des sports aquatiques.

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6/ Le sport doit prendre l’air
Pas besoin de stade, de gymnase pour marcher, courir ou rouler à vélo ! De plus en plus de Franciliens recherchent ce type d’activités, de mode de déplacement. Pourtant, selon une étude de l’IRDS1 auprès de 1500 habitants du département, près d’un habitant sur trois ne peut exercer l’activité physique en extérieur qu’il désire. Le plus souvent faute d’endroit où pratiquer à proximité.
Le SCOTES préconise de penser un urbanisme intégrant la pratique sportive. Depuis la création de pistes cyclables, de parkings à vélo, de parcours de santé, de city-skate jusqu’à l’aménagement des voiries compatibles avec la tenue de courses cyclistes ou pédestres, le sport doit être pensé en amont, et non considéré comme une option.
Les parcs départementaux accueillent déjà une multitude d’activités sportives de plein air. Un recensement permettrait de mieux les connaître et mieux les accueillir, tout en encourageant la pratique.

7/ Des territoires d’excellence
Pour avancer, le sport a besoin de points d’appui. Un club qui évolue au niveau national, qui mène des actions éducatives, de formation, en direction d’enfants, d’habitants pratiquant ou non, peut être le moteur d’une dynamique de développement d’une discipline. Le Département mène aujourd’hui, en lien avec les comités sportifs, des projets de territoire pour 17 disciplines : tennis, gymnastique, handball, judo, rugby, athlétisme, cyclisme, lutte, tennis de table, karting, voile, boxe anglaise, football américain, taekwondo, sports de glace, canoë-kayak et randonnée pédestre.
Le SCOTES a suggéré des idées de développement dont certaines correspondent au concept de territoire d’excellence mené par le Département.
Salle de handball de 5000 places, création d’une maison des sports de combat pour soutenir les nombreux clubs performants de ces disciplines, lieu dédié à la pratique du sport pour personnes en situation de handicap…

Pour en savoir plus : Le SCOTES pour des aménagements sportifs durables

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Le Département dans la course

Le Département soutient l’investissement des communes, propriétaires de 80% des installations sportives. Il possède également plusieurs équipements de grandes dimensions, gérés en régie et délégation de service public pour des sports aussi divers que le football, le rugby, les sports collectifs en salle, l’escalade, le golf ou l’équitation.


Le Plan de rattrapage des équipements sportifs

Ce Plan de Rattrapage des Équipements Sportifs constitue un élément de lutte contre les discriminations sociales et territoriales, tout en permettant une intensification et une diversification des usages.


21 équipements sportifs programmés

Dans le cadre du Plan Exceptionnel d’Investissement des collèges, vingt et un équipements sportifs sont programmés dont la construction de onze gymnases et d’une piscine. Ils pourront recevoir d’autres sportifs hors des horaires scolaires.

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