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Le Département espère une Métropole impliquée dans la résolution de la crise du logement

Le mercredi 22 octobre 2014, la 4e Rencontre des acteurs de l’habitat, organisée à l’initiative de la Seine-Saint-Denis, s’est interrogée sur ce que la Métropole du Grand Paris pourrait apporter dans un futur proche comme solutions à l’actuelle crise du logement.

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La future métropole du Grand Paris peut-elle être une solution pour combattre efficacement la crise du logement qui sévit actuellement en Seine-Saint-Denis et dans toute l’Ile-de-France ? Cette question a réuni différents acteurs majeurs de l’habitat à Bobigny, à l’invitation du Conseil général.

Le constat de départ était, lui, unanime : la région – et plus spécifiquement la Seine-Saint-Denis – connaissent des problèmes de logement de plus en plus sévères. 80 000 demandeurs de logements, une suroccupation des habitations plus importante qu’ailleurs, 34 000 habitations identifiées comme indignes dans le parc privé : en dépit des efforts réalisés par le Département, dont le logement n’est d’ailleurs pas une des compétences premières, celui-ci se heurte à des obstacles bien trop nombreux.
« En Seine-Saint-Denis nous ne pouvons plus attendre, a ainsi alerté Stéphane Troussel, le président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Lorsque le marché est déficient, avec des prix bien trop élevés, alors la puissance publique doit intervenir, il en va de sa crédibilité. Il faut donc construire plus vite et moins cher, libérer du foncier constructible, faciliter l’accession à la propriété. »

Dans cette équation complexe, qui fait intervenir pouvoirs publics mais aussi bailleurs privés, la métropole du Grand Paris qui deviendra une réalité au 1er janvier 2016 en englobant notamment les départements de la petite couronne, pourrait se révéler un outil efficace.

C’est en tout cas le souhait du Département, qui espère voir dans cette nouvelle entité un instrument de solidarité territoriale et fiscale. Le 13 octobre, le gouvernement a en tout cas identifié 5 sites prioritaires en matière de logements qui, dans le cadre du Grand Paris, feront l’objet d’investissements majeurs. Parmi ces « Opérations d’intérêt national » (OIN) figure notamment le Canal de l’Ourcq, qui au cours des dernières années a déjà été le théâtre d’opérations d’aménagement de la part du Département.

Une annonce dont s’est félicité Stéphane Troussel, tout en faisant remarquer que l’investissement de l’Etat serait plus utile dans les zones où la mobilisation en faveur du logement est moindre. « Je n’ai pas d’hostilité de principe sur les opérations d’intérêt national multisites dans lesquels nous avons été inclus, bien au contraire. Je m’interroge simplement sur leurs localisations : les sites annoncés se trouvent dans des territoires où la volonté de construire du logement est déjà réelle. Il faudrait que l’Etat intervienne aussi là où le volontarisme est moindre », a jugé Stéphane Troussel.

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Autour du président du Conseil général, d’autres acteurs de l’habitat ont évoqué mercredi d’autres solutions pour rétablir un déséquilibre qui place de nombreux habitants dans l’incapacité d’accéder à un logement social ou privé.
Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, a ainsi appelé de ses vœux une diminution du prix du foncier, tout en rappelant que l’encadrement des loyers, rendu possible par la loi ALUR, était un des outils de modération du prix de l’immobilier. Le député de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg a lui demandé « un droit de regard pour les terrains constructibles à proximité d’un réseau de transport », afin d’éviter un phénomène de spéculation. Avec la construction à l’horizon 2020 du Grand Paris Express, qui traversera largement la Seine-Saint-Denis, les terrains situés autour des gares vont en effet prendre de la valeur et pourraient aiguiser l’appétit de promoteurs qui ne sont pas mus par l’intérêt général.

Le président du Conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian s’est dit sceptique sur la capacité de la métropole à résoudre la crise du logement, tandis que le représentant du Conseil général du Val-de-Marne Alain Desmarets, a lui incité l’Etat à « investir bien plus massivement qu’il ne le fait », tout en mettant en garde contre la constitution de « zones de spécialisation » où l’on ne trouverait que des bureaux.

Si la position des acteurs de Seine-Saint-Denis était quant à elle de trouver dans la métropole un outil de rééquilibrage social et fiscal, ils n’en perdaient pas de vue l’essentiel : la nécessité d’en arriver, quel que soit le moyen, à une situation de logement plus équitable pour tous.

Christophe Lehousse

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