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Le Chili leur redonne des ailes

Au Chili, ils ont dansé sur un volcan et refait le plein de confiance. Cinq jeunes de Montreuil, en décrochage scolaire, sont revenus gonflés à bloc d’une expédition outre-Atlantique menée fin avril. Une initiative montée en partenariat avec l’association de l’aventurier Charles Hedrich.

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@Respectons la Terre

Le 27 avril 2015, ils étaient au sommet du volcan Lascar, à 5592 mètres d’altitude, dans le nord-est du Chili. Guy-Jacques en a encore la tête qui tourne. Ce jeune de Montreuil, âgé de 17 ans, a vécu pleinement chaque minute de ce voyage de 15 jours. « Je m’en souviendrai longtemps. C’est une aventure qui donne envie pour la suite », souffle-t-il.

Le 20 avril, Guy-Jacques, Noussou, Haroun, Boubou et Faudel, cinq jeunes en décrochage scolaire, ont en effet eu la chance d’embarquer pour le Chili, dans le sillage de l’explorateur Charles Hedrich. Pendant que l’aventurier se lançait dans un nouveau record de traversée du désert de l’Atacama (voir par ailleurs), notre club des cinq, encadré par la maison de quartier Bel-Air Grands Pêchers de Montreuil, se fixait de son côté son propre défi : gravir un 5000m.

« L’objectif était double, rappelle Djamel Bouda, éducateur de quartier, à l’origine du projet avec l’association de Charles Hedrich « Respectons la terre ». Le but était d’une part de les sensibiliser à la lutte contre le dérèglement climatique et d’autre part de faire renaître chez eux une motivation à travers le sport et de les ramener vers un projet professionnel ».

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Et la mission semble plutôt bien engagée. Incontestablement, les cinq randonneurs sont revenus plus riches de leur expérience. Davantage tournés vers le monde, davantage convaincus de leurs capacités aussi. Evidemment, tout ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Il y eut le mal de l’altitude pour certains, des flottements dans la motivation chez d’autres.
Une grippe mal venue pour l’un des participants obligea même à changer d’objectif, à basculer du Licancabur, un 5920 m prévu initialement, au Lascar, à 5600 m. Mais le jeu en valait finalement la chandelle.

« Moi, le matin de l’ascension finale, je ne voulais même pas y aller, se souvient Haroun. Se lever à quatre heures du matin, c’est pas humain. Mais une fois engagé dans la montée, j’étais content de l’avoir fait. Ca valait le coup ». De quoi lui donner l’élan nécessaire pour passer son Bafa en juin et enchaîner sur une formation professionnalisante d’éducateur de sport.

Haroun n’est d’ailleurs pas le seul à avoir repris envie après cette expérience fondatrice. Faudel veut se relancer dans ce qui lui plaît, à savoir la menuiserie et Guy-Jacques est en contact avec une grande enseigne, partenaire du projet, pour trouver du travail dans la boulangerie-pâtisserie.

« Le point hyper positif, c’est qu’ils ont compris à travers cette aventure qu’on n’avait rien sans rien, témoigne Charles Hedrich. Si l’on se donne les moyens de ses envies, la moitié du chemin est déjà fait », explique l’aventurier qui a d’ailleurs croisé le groupe par deux fois au cours de son odyssée.

Sur le deuxième axe du projet – la nécessité de préserver la planète – là aussi, les prises de conscience affleurent. Guy-Jacques n’a ainsi plus le même regard sur certains éléments du quotidien aussi anodins que la gestion de l’eau. « Là-bas, dans la Cordillère, les gens se font livrer par camions et stockent ensuite l’eau dans des citernes, marquées « agua potable ». Tout le monde n’a pas la chance d’avoir l’eau courante... Ca m’a fait prendre conscience à quel point c’était un bien précieux. »

Cet éveil à la protection de l’environnement, les cinq jeunes en feront justement part sur un stand, samedi 30 mai, à l’occasion de la semaine européenne du développement durable à Montreuil. Une initiative qui s’inscrit dans les actions menées autour de la COP21, ce sommet international sur le climat organisé par l’Onu et organisé fin novembre 2015 au Bourget.
Au total, s’il ne suffit pas de gravir un sommet pour gagner la partie, les cinq jeunes de Montreuil pourront aborder leurs prochaines difficultés à la manière d’un 5000 m. Le Chili comme métaphore de la vie.

Christophe Lehousse

N.B : retrouvez le stand de « Respectons la terre », samedi 30 mai, place Jean-Jaurès, à Montreuil, à partir de 14h

Pari réussi pour Charles Hedrich

Et un record de plus pour Charles Hedrich ! Cet aventurier de 57 ans, qui a déjà réussi la traversée de l’Atlantique à la rame et le tour du monde par les deux pôles, a établi une belle première, le 9 mai dernier : la traversée du désert de l’Atacama, au Chili, sans ravitaillement. 1300 km en 32 jours, 5 heures et 30 minutes, à travers la zone la plus aride au monde. Soit 40 km – un petit marathon - en moyenne par jour !
« Je suis ravi ! » rayonne Charles Hedrich, dont le visage porte encore, un mois après, les traces de l’effort qui lui a fait perdre au total près de 12 kg. En regardant dans le rétroviseur de cette folle odyssée, l’aventurier lyonnais y voit beaucoup de sueur, de belles rencontres et quelques moments de frayeur.
« A mi-parcours, je me suis fait une entorse à la cheville gauche, qui m’a obligé à ralentir le rythme, raconte-t-il. Du point de vue de mes réserves d’eau, j’avais 5 ou 6 jours d’avance, mais j’ai tout de même choisi d’avancer pour ne pas m’ankyloser ».
Immergé dans une véritable fournaise - 50 degrés - Charles Hedrich progressait à travers le désert aux heures les plus fraîches, soit essentiellement la nuit, puis en fin d’après-midi. Avec sur le porte-bagages, un chariot de 140 kg qui lui assurait son ravitaillement... Au cours de ses pérégrinations, ce Théodore Monod du XXIe siècle a parfois fait des rencontres insolites, comme ces militaires chiliens qui s’entraînaient en pleine nuit au beau milieu du désert.
Son arrivée à bon port - à Copiapo - a ensuite été marquée par une joie toute personnelle, toutefois ternie par les conséquences dramatiques des inondations qui s’étaient abattues sur le sud de l’Atacama. « Du jamais vu dans cette région. Une preuve supplémentaire du dérèglement climatique qu’il nous faut absolument combattre », martèle-t-il.
Et comme un aventurier n’arrête jamais, Charles Hedrich replongera tout de suite dans le grand bain, en complétant le passage du Nord-Ouest à la rame qu’il avait entamé en 2014 mais qu’il avait dû interrompre pour cause de glaciation. Embarquement fin juillet.

CL

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