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La vie en grand

C’est une comédie populaire, tendre, qui regarde la banlieue avec des yeux d’enfants. Une comédie made in Seine-Saint-Denis. La vie en grand sera à Cannes. Le film est sélectionné pour la « Semaine de la critique » et a même le privilège de clore le festival dans cette catégorie.

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Si un film pouvait résumer l’industrie du cinéma en Seine-Saint-Denis, ce pourrait être celui-là : "La vie en grand". Tourné à Stains, avec des techniciens du cinéma vivant à Bagnolet, Stains ou Saint-Denis, des castings dans les collèges du département, du matériel loué pour beaucoup sur place, caméra à Aubervilliers, matériel régie et machineries à la Plaine-Saint-Denis ou encore costumes à Pantin. La parole aux intéressés…

"La vie en grand" est le premier film de Mathieu Vadepied en tant que réalisateur. Lui qui fut nominé deux fois aux César en tant que directeur de la photographie pour "Sur mes lèvres" en 2002 et "Intouchables" en 2012… "La vie en grand", c’est l’histoire d’Adama, un gamin de 13 ans qui vit seul avec sa mère, au milieu des tours. Tout est cassé autour de lui : sa famille, son collège et même la machine à laver. Une descente de policiers, sous ses yeux, va changer sa vie. Lui donner une chance, peut-être, de tout réparer... Voilà pour le synopsis.


Mathieu Vadepied et son acteur principal, Balamine Guirassy.

Le film a été tourné l’été dernier à Stains avec une équipe resserrée, beaucoup de têtes nouvelles et quelques fidèles dont François, le chef machiniste : « J’habite entre le bas Montreuil et le quartier des coutures à Bagnolet, et c’est vrai que beaucoup de mes voisins travaillent dans le cinéma, notamment dans mon quartier… le chef opérateur est un voisin ». François a tourné avec Agnès Varda sur « Jacquou de Nantes ». Avec Jacques Audiard pour « Sur mes lèvres » et bien sûr dans « Intouchables »... Pour lui, le département est un incontournable : « Les principaux loueurs de matériel cinéma sont en Seine-Saint-Denis. Tout se loue chez eux : du camion à la caméra, de l’électricité au matériel régie, même les boutiques de consommables. »

Amélie, responsable des figurants sur le tournage, habite elle aussi le département. Sur ce film, elle a casté beaucoup d’enfants, à Saint-Denis et Stains. « Les frères et sœurs du personnage principal sont deux vraies fratries. Je les ai trouvés à Saint-Denis à la sortie de l’école et dans la rue de la République en leur courant après. C’était vraiment du casting sauvage. » A Stains, elle a aussi trouvé son bonheur, notamment à la cité du Clos Saint-Lazare : « C’est un endroit authentique. C’est pourquoi on a essayé de faire travailler un maximum d’habitants du Clos en organisant une grosse journée porte-ouverte. On a contacté des journaux municipaux pour parler du casting. On trouvait ça intéressant de faire participer les gens des alentours. »
Ramzy, lui est régisseur adjoint sur le film. Il vit justement à Stains. Avant d’être dans le cinéma, il y était travailleur social et confirme la spécificité du département : « Il y a de grosses boîtes qui sont implantées en Seine-Saint-Denis depuis des années et des années et qui centralisent tout : caméra, lumière, son.... Elles sont reconnues dans le métier pour leur efficacité et leurs prix intéressants (comme TSF) »

Margot est collégienne à Aulnay. Même si elle fait partie du CREA et a participé à l’opéra « Les Indiens sont à l’Ouest » avec la chanteuse Juliette l’hiver dernier, elle a été la première surprise d’être choisie pour faire partie du casting : « C’est en regardant le trombinoscope du collège qu’ils m’ont repérée. J’ai passé un bout d’essai. Et j’ai été prise. Mes parents ne sont pas dans ce métier et je ne suis jamais allée dans une agence de casting. Cette expérience, je la trouve super enrichissante. Me retrouver derrière la caméra, voir comment ça marche techniquement, je trouve ça super intéressant. C’est comme si je faisais un stage de troisième et que je découvrais plein de métiers… mais en plus je suis payée. »

Ramzy est un enfant de Stains, tombé dans la marmite du cinéma par un heureux concours de circonstances et qui y a pris goût : « Il y a des trucs que je n’aurais jamais fait avant. Comme entrer chez quelqu’un, prendre des photos et repartir au bout de cinq minutes. Pour trouver un décor, il faut avoir du culot. Il faut aussi être capable de supporter la pression à grande intensité. Se dire qu’on va dormir quatre heures par nuit avec des journées de travail de quinze heures et garder le sourire. »

Dossier réalisé par Isabelle Lopez


Crédits photo : Marc Lathuilliere


Verbatims de tournage

Margot, collégienne, Aulnay

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 :« Je trouve ça super intéressant. C’est comme si je faisais un stage de troisième et que je découvrais plein de métiers… mais en plus je suis payée.. »


Saad, collégien, Bobigny

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« Il y a un club théâtre au collège, mais je n’y vais pas. Je suis un peu timide en fait. Mais j’ai envie d’être acteur. J’ai été pris sur ce film parce que je mémorisais vite le texte et que j’ai de l’humour. Sur le casting, je les ai fait rigoler. »


Adama, comédien, Saint-Denis

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« Après ce film, je joue sur celui de Kheiron tourné entre Stains, Vitry et Aubervilliers. Il m’arrive aussi d’aller à la Cité du cinéma, à Pleyel. Les élèves de cette école cherchent toujours des comédiens pour leurs courts-métrages. C’est formateur pour tout le monde. »

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