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La semaine des métiers de l’industrie : visites d’usines

Dans le cadre de la semaine de l’industrie, plusieurs entreprises de Seine-Saint-Denis ont organisé des visites sur leur site, pour expliquer leur activité et éventuellement générer des vocations. Reportage dans l’usine de torréfaction Brasilia le 8 avril à Saint-Denis et sur le site de maintenance de la RATP à Bobigny, le 9 avril 2014, en présence notamment de Stéphane Troussel, le Président du Conseil général.

Brasilia, le café en famille

« Le café, c’est un savoir-faire, mais c’est aussi une éducation au goût. » Vincent Toitot et Benjamin Martin parlent du café comme on parle de vin ou de parfum, avec précision, enthousiasme et même avec une touche de poésie. Légèrement en retrait, Pierre Toitot, le père, lui aussi encore dans l’entreprise, écoute avec fierté les explications des deux cousins.

Chez Brasilia, le café, c’est une odyssée familiale. Fondée en 1931 à Ivry par l’arrière-grand-père, l’usine de torréfaction, qui s’est entre temps transférée rue du Landy, à Saint-Denis, a toujours bon pied bon œil, en dépit de la concentration du secteur.

Avec ses quelque 2,5 millions de chiffre d’affaires et sa clientèle composée principalement de cafés, hôtels et restaurants, l’entreprise a trouvé la bonne formule pour résister aux Richard, Fichot et autres Lavazza. « Notre force, c’est qu’on maîtrise très bien notre produit et notre petite taille nous permet d’être réactifs. Nous voyons ainsi tous nos clients une fois par semaine », explique Vincent Toitot, spécialisé dans la programmation des machines du site.

Torréfier un café, c’est en effet tout un savoir-faire. Après avoir réceptionné le café des quatre coins du monde - il y a des arrivages réguliers en provenance du Brésil, Vietnam, Ethiopie ou encore d’Inde - il s’agit de le cuire, pour qu’il libère tous ses arômes. Une entreprise qui demande toutefois beaucoup de rigueur et de méticulosité. Une minute de trop ou quelques degrés supplémentaires et la fameuse couleur « robe de moine » à laquelle doit parvenir le café n’est en effet plus qu’un souvenir, la graine étant alors brûlée.

Ensuite, c’est l’étape de l’assemblage, qui consiste à mêler plusieurs origines pour parvenir à la saveur adéquate. « Notre exigence, c’est d’aboutir à un arôme harmonieux, en jonglant entre les origines et les deux grandes familles du café, arabica et robusta », souligne Vincent Toitot.

A ces deux tâches s’ajoutent le conditionnement puis la distribution vers les quelque 2500 clients de l’’entreprise répartis dans Paris et sa très grande couronne. De quoi occuper une petite vingtaine de salariés souvent formés sur le tas et embauchés avant tout sur des critères de motivation. « Je travaille ici depuis 37 ans, j’ai commencé sur des machines manuelles avant de voir arriver des équipements plus modernes », explique Brigitte, affectée à l’empaquetage.

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Au total, ce sont donc 20 à 22 tonnes par mois qui sortent chaque mois de l’usine de torréfaction. Un travail davantage axé sur la qualité que sur la quantité. « C’est le secret pour durer : nos clients cherchent à avoir confiance dans un produit, qui ne varie pas, qui reste toujours le même », ponctue Benjamin Martin. C’est ce à quoi s’emploie cette quatrième génération d’amoureux du café, prouvant ainsi que le futur industriel de la Seine-Saint-Denis est aussi dans sa richesse passée.


RATP : roulez jeunesse !

Avec ses quelque 200 salariés et ses différents bâtiments d’entretien et de lavage, le site de la RATP de Bobigny ressemble à une petite ville dans la ville. Et en ce mercredi matin, Joël Crépin, ancien mécanicien d’entretien arrivé en 1988 et désormais chargé des ressources humaines, joue les guides pour trois classes du lycée professionnel Jean-Pierre Timbaud d’Aubervilliers.

Parmi ces premières et terminales en bac pro électrotechnique, nombreux sont ceux à se dire intéressés par un stage ou un emploi à terme dans la maintenance des rames. D’autant plus que sur ce site qui accueille les nouveaux matériels de la ligne 5 et 9 du métro, et qui révise les équipements de la ligne 5 du métro et du tram T1, la diversité des emplois proposés est grande. « Ici, nous faisons appel à des opérateurs non qualifiés pour le nettoyage, des mécaniciens d’entretien, des techniciens, des agents de maîtrise et des cadres », explique Stéphane Caumon, responsable de l’atelier de maintenance de la ligne 5.

Réparer les rames défectueuses, nettoyer les voitures, réviser trams et métros tous les 25.000 kms, voilà entre autres choses en quoi consiste l’activité des employés du site. Sous le regard attentif des élèves d’Aubervilliers, Joël Crépin explique par exemple ce qu’est un bogie : un chariot rassemblant un moteur, des cardans et les essieux, et comment on le déplace au moyen d’une grue. Plus loin, c’est le « tour en fosse », une fosse d’où l’on peut reprofiler les roues ayant subi des dommages.

« Tout ça m’intéresse bien. La maintenance m’attire, j’aime me servir de mes mains, faire un travail concret. J’aimerais donc faire un stage dans une entreprise comme la SNCF ou la RATP », affirme Ryan, en première bac pro électrotechnique à Aubervilliers.

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Jérôme, en terminale, envisage lui de faire son BTS en alternance à la RATP. « Ca peut être un bon point de départ pour moi, tout en poursuivant mes études et en allant ensuite jusqu’à la licence ou au master », estime-t-il.
Pour déposer son dossier, il suffit de se connecter au site de la RATP. Mais les candidatures pour un BTS en alternance sont déjà complètes pour la rentrée prochaine.

Les dirigeants de la RATP sont en tout cas les premiers à encourager les jeunes de Seine-Saint-Denis à postuler. « Souvent, les jeunes d’ici pensent que ces postes sont réservés à d’autres. Mais pas du tout : chaque année, 24 % des embauches à la RATP se font en Seine-Saint-Denis et 40 % des nouveaux entrants sont des jeunes de moins de 25 ans. C’est donc une chance qu’il leur faut saisir », insiste Jérôme Bettochi, directeur d’agence territoriale.

Christophe Lehousse

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