print
 

La musique, ça s’apprend

En octobre de l’année dernière, était inauguré l’un des plus beaux conservatoires d’Ile-de-France. L’établissement de près de 4 000 m² à « rayonnement régional », dont les larges baies vitrées font écho au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, accueille 1 500 élèves d’Aubervilliers et de La Courneuve.

Là, comme ailleurs, on y donne des cours d’instruments, d’orchestre, de danse, de théâtre. Mais pas seulement. Les élèves peuvent y apprendre les musiques traditionnelles, actuelles, le jazz… Et surtout, ici, on entend bien ouvrir les portes à tous. Et même mieux : aller chercher les enfants là où ils sont : les écoles, des centres culturels et sociaux… Chaque fois, ce sont des enseignants du conservatoire qui opèrent. Que ce soit pour « Passeport musique » ou pour sensibiliser aux musiques du monde ou pour développer la voix, de la grande section maternelle au collège. En tout, ce sont ainsi près de 5 000 élèves qui sont touchés hors les murs du conservatoire. Et là aussi, grâce à l’Embarcadère, des concerts sont donnés.

En Seine-Saint-Denis, la politique culturelle a toujours été fondée sur la sensibilisation et l’accessibilité du plus grand nombre aux oeuvres et à la pratique artistique. C’est ainsi que se sont érigés des conservatoires dans toutes les villes. Il en existe 42 aujourd’hui. Et tous portent l’exigence d’un enseignement de qualité, mais pas seulement. « L’école de musique est devenue un vrai lieu de vie, elle contribue bien mieux au développement de la personnalité de l’être », constate après plus de 20 ans d’expérience Marie Delbecq, directrice du conservatoire de Bondy. Ici, rappelle-t-elle, dès la parution du schéma directeur des études musicales en 1985, l’école municipale de Bondy adoptait ce texte fondateur, « faisant de l’école de musique un vrai établissement pilote ». Dans la même logique, la municipalité développa les interventions musicales dans les écoles, ainsi que le département « jazz et musiques improvisées ».

Pas étonnant alors que depuis 2007, la Maîtrise de Radio France installe à Bondy-Nord sa préformation. Dans ce chœur d’enfants et d’adolescents de haut niveau, une promotion a entièrement été recrutée ici afin de diversifier la Maîtrise « historique » de Paris. Et le succès de cette formation a pris une telle importance dans la ville qu’un auditorium où des locaux sont dédiés à la Maîtrise a été inauguré fin 2013. L’équipement de 2 000 m² aux arches vitrées, dédié à la musique et au chant, abrite une salle de spectacles de 220 places à l’acoustique naturelle exceptionnelle. Cet auditorium a également l’ambition de conforter la vocation culturelle de l’est parisien et de la Seine-Saint-Denis.

A Aulnay-sous-Bois, le conservatoire rayonne au niveau départemental et accueille 80 étudiants en pôle d’enseignement culturel. Mais là aussi, on ne se repose pas sur cette notoriété. Là aussi, l’école s’ouvre vers d’autres musiques. Avec le Créa, notamment, une structure unique en France qui accueille sans sélection 150 jeunes et adultes pour une pratique du chant et des arts de la scène, encadrée par des professionnels. Depuis plus de 25 ans, le Centre d’éveil artistique a créé 61 opéras et spectacles de théâtre musicaux. Il fait profiter de ses expériences et de ses compétences les élèves des écoles de la ville. 6000 écoliers ont bénéficié d’ateliers artistiques dans leur classe. Ici aussi, les passerelles se font avec le Cap, lieu de diffusion de la ville entièrement dédié aux musiques actuelles. Là, musiques folk, funk, jazz, hip-hop, du monde… se jouent sur scène. Des artistes y sont en résidence, des ateliers de pratiques musicales et de chant y sont proposés, des projets sont montés dans les écoles...

JPEG - 81.3 ko

Banlieues Bleues, Festival de renommé mondial associe lui aussi régulièrement scolaires et habitants par le biais de dispositifs culturels soutenus par le Département et donnant lieu à des restitutions inoubliables pour les artistes comme pour les participants.

Et puis on sait aussi dépasser les frontières. Le Cap travaille ainsi avec le Deux pièces cuisine du Blanc Mesnil. Les deux structures vont d’ailleurs être labellisées Smac (Scène de musiques actuelles) par le ministère de la Culture. Inauguré en 2010, le Deux pièces cuisine est un équipement municipal de 1 300 m² entièrement dédié aux musiques actuelles. Concerts, artistes en résidence, rencontres, ateliers, répétitions publiques menées en collaboration avec de nombreux partenaires sont notamment au programme de ce lieu précurseur. Et là aussi, bien sûr, on travaille avec le conservatoire de la ville.

On parle aussi d’éducation populaire. Depuis bientôt 25 ans, l’association Zebrock mène des actions dans le domaine des musiques actuelles et populaires. « Zebrock au bahut » permet aux collégiens de découvrir 60 ans de chanson française et de musiques populaires. En lien avec « La Culture et l’art au collège » du Conseil général, Zebrock développe des projets de pratique artistique avec des musiciens professionnels. Alors que « Le grand Zebrock » encourage les pratiques musicales et « Amplifiées » propose des cycles de rencontres réunissant musiciens, universitaires, professionnels et amateurs pour interroger la place des musiques populaires dans notre société.

Musiques actuelles, avec Canal 93 à Bobigny. Ce lieu dédié aux musiques actuelles, aux cultures urbaines et aux nouvelles technologies « ambitionne d’offrir à des personnes qui sont éloignées ou exclues de la culture, au quotidien, ou marginalisée au regard des systèmes éducatifs classiques, de trouver portes ouvertes ». Ici, toute la chaîne de création et de la pratique artistique est présentée : formation, répétition, diffusion, résidence… Mais Canal 93, dit-on ici, « c’est aussi en tout simplement un lieu d’accueil, de divertissement et de convivialité où l’on peut écouter, voir, boire un verre et se restaurer, se rencontrer… ».

Toutes les actions innovantes qui vont à la rencontre des publics sont soutenues par le Conseil général. Le Département apporte une aide à de nombreux équipements culturels ainsi que de nombreux lieux aux missions et aux configurations différentes afin de les accompagner dans leurs activités de création. En partenariat avec les conservatoires d’une dizaine de villes, le Conseil général développe notamment chaque année un programme de résidences artistiques. Durant une année, un artiste ou une compagnie s’installe dans une école de musique, de théâtre ou de danse ce qui permet, assure-t-on au Département, « d’irriguer de pratiques nouvelles les activités des écoles ».

Sept résidences sont actuellement en cours. « Au conservatoire de Bagnolet, un collectif qui crée des instruments à partir de recyclage, La Lutherie urbaine, a ainsi œuvré avec les artistes et élèves du conservatoire, mais aussi des écoliers, des adultes amateurs qui ne fréquentent pas forcément le conservatoire. Un spectacle a été diffusé, explique-t-on à la direction de la culture du Conseil général. Nous apportons une aide à toutes ces structures qui se mettent en réseau de plus en plus pour créer ensemble. Aujourd’hui, les institutions ne doivent plus travailler seules dans leur coin ».

Nadège Dubessay

JPEG - 89.9 ko

Par une convention signée en mars 2014, le Département et la Cité de la musique à Paris souhaitent aussi renforcer leurs projets et engagements communs en faveur de la diffusion du patrimoine musical, de la création contemporaine, de l’éducation musicale des jeunes et, plus largement, de la sensibilisation de tous les publics à la musique.

à lire aussi

Où jouer en Seine-Saint-Denis ?

Les studios de répétition et d’enregistrement – publics ou privés - sont légion. Dans le début des années 80, Montreuil se peuple de petits studios, répondant à la demande d’artistes installés nombreux ici.


Fête de la musique 2014

Le 21 juin, c’est la fête de la musique dans tout le département ! Lien utile pour chercher votre programme ville par ville… Bonne fête !


Une histoire en musiques

Du rap, du rock, de l’électro, des musiques du monde, du classique… Il y a tout ce que vous voulez en Seine-Saint-Denis. Une richesse culturelle qui trouve ses racines avec la naissance du département.