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La grande histoire des P’tits Gars d’Auber

Fait unique dans le cyclisme, l’équipe Auber 93 est présente dans le peloton professionnel depuis vingt-et-un ans. C’est également la principale équipe pro qui privilégie la formation et est issue d’un club, le CM Aubervilliers. Avec des résultats, cinq Tours de France, une victoire d’étape, un champion de France sur route en 2000 avec Christophe Capelle, Flavien Dassonville champion de France espoir en 2013… Durant toutes ces années, Auber 93 a formé des coureurs, mais aussi des directeurs de course, des mécanos, des assistants. Tous témoignent de l’état d’esprit si particulier des P’tits Gars d’Auber.

 Thierry Gouvenou

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Il était l’un des piliers de l’aventure d’Auber 93 au Tour de France. Routier solide et équipier dévoué, sa connaissance du métier de coureur est reconnue de tous et il est désormais directeur de course du Tour de France.

Que représente pour vous l’équipe d’Auber ?
J’ai passé sept années à Auber sur les dix que compte ma carrière professionnelle, c’est donc une part importante pour moi. A Auber, on faisait du vélo professionnel avec un esprit de famille, avec des copains, tout en étant sérieux.

Cette équipe a-t-elle une place particulière au sein du cyclisme français ?
Elle est atypique dans le milieu du cyclisme professionnel. C’est la seule équipe à être issue d’un club formateur. Un club qui regroupait aussi les clubs du département, qui leur faisait part de son expérience. Le fait d’être attaché à un lieu lui donne un caractère sympathique. Les gens s’identifiaient mieux à une équipe avec un ancrage régional plutôt qu’à un groupe qui représente une marque. On nous a rapidement appelés Les P’tits Gars d’Auber, nous étions la petite équipe au milieux des grands. Nous étions très soutenus au bord des routes.

Quel souvenir particulier gardez-vous ?
Un seul, c’est difficile, il y en a beaucoup…
Je me souviens pour ma part de votre échappée lors du Tour de France 1997…
Ah oui, j’avais fait 110 km devant, l’arrivée était dans ma ville natale à Vire, mais le peloton a fait le boulot pour les sprinteurs et j’ai été repris avant la ligne…
Mais le souvenir le plus fort, c’est certainement la première sélection de l’équipe d’Auber pour le Tour, en 1996. C’était pour nous tous un moment incroyable. Nous l’avions tous en tête depuis le mois de mai jusqu’au Midi Libre et le Dauphiné. On voyait qu’on progressait, c’était à notre portée. Ensuite ça a été l’apothéose avec la victoire de Cyril Saugrain au lac de Madine…

Quel avenir souhaitez-vous à l’équipe ?
De continuer le plus longtemps possible. Je sais qu’elle n’a pas été épargnée par les difficultés économiques, mais elle s’accroche. Javalet est un vrai passionné de vélo, c’est un éducateur hors pair, il a ça dans le sang. Il sait communiquer sa passion et transmettre son savoir. J’espère vraiment qu’Auber se maintiendra dans les courses professionnelles. »


 Thierry Bourguignon

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C’était l’un des coureurs préférés des Français. Toujours le premier, que ce soit pour lancer une attaque dans un col ou une plaisanterie qui pliait de rire le peloton, Bourgui a marqué son époque. Après sa carrière, il a été trois ans directeur sportif adjoint d’Auber 93.

Que représente pour vous l’équipe d’Auber ?
Nous étions une équipe de copains et de besogneux. Avec moins de moyens que les autres, nous parvenions parfois à faire mieux. La force de Stéphane Javalet, c’était d’aller chercher des hommes qui en voulaient, qui avaient envie de se relancer et qui avaient l’esprit d’équipe. Ça faisait un peu mal à certaines grosses équipes de voir qu’on s’en sortait avec aussi peu de moyens. Nous avions pas mal de supporters, les Français ont toujours aimé les Petits Poucets, les petits qui s’attaquent aux gros. Nous on en rajoutait avec des échappées au long cours, elles n’arrivaient pas au bout mais on donnait tout !

Quel souvenir particulier gardez-vous ?
Nous étions sérieux sans nous prendre au sérieux. A l’étape, au dîner à l’hôtel nous étions la seule équipe à se marrer tandis que les autres piquaient du nez dans leur assiette de pâtes ! On s’est éclaté, de rire comme du point de vue sportif !

Quel avenir lui souhaitez-vous ?
De pouvoir continuer bien sûr. J’ai un regret, en 1999 on aurait dû grossir, comme l’ont fait des équipes comme AG2R ou celle de Jean-René Bernaudeau. Avec des partenaires plus argentés. Il n’y a pas de place pour les petits dans le cyclisme professionnel. Pour avoir une équipe qui marche, il n’y a pas de mystère, il faut aller chercher les bons coureurs avec un gros chèque… Bien sûr Stéphane a toujours mis en avant la formation. Il a lancé de nombreux coureurs qui sont ensuite partis pour d’autres équipes plus élevées. Le problème, c’est qu’en cyclisme le rôle du formateur n’est pas reconnu, au contraire du football où le club d’origine reçoit une part sur les transferts du joueur qu’il a formé.


 Laurent Plu

De 1997 à 2002, c’est lui qui était aux commandes du bus des P’tits Gars d’Auber. Par rapport aux facéties d’un Bourgui, l’ambiance d’aujourd’hui, chez Tinkoff-Saxo, est nettement plus studieuse. Les temps changent... Le Sarthois Laurent Plu se souvient avec nostalgie de cette époque un peu jeune et folle.

Avec Auber, vous avez connu la grande époque, celle des Tours de France, celle des P’tits Gars...
Oui, il y avait Bourguignon, Heulot, Capelle, Gouvenou. C’était la grande équipe ! On a gagné des belles courses avec eux. On avait été en Espagne, on faisait des résultats sur Paris-Nice. Je me souviens qu’on avait même battu Cipo (le sprinteur Mario Cipollini). Et je vous dis que cette même équipe ne serait pas ridicule encore aujourd’hui sur le Tour. Mais voilà, les temps changent, on est passé à un autre cyclisme...

Thierry Bourguignon nous disait qu’à Auber, on se prenait au sérieux sans être sérieux...
Ah oui, c’est tout à fait lui ça. Il était toujours en train de déconner, dans le bus, partout. Quand on courait par chez lui, il nous invitait chez lui. Mais attention, en course, c’était un pro. Je me souviens : une fois, en début de saison, il avait chuté sur la tête et s’était fait un énorme œuf de pigeon. A table, je lui avais demandé : « Alors Thierry, ils t’ont trouvé un truc à l’hôpital ? » « Non », il m’avait répondu. « Ben ça m’étonne pas, t’as jamais rien eu là-haut », avais-je rétorqué. Il s’était fendu la gueule. Aujourd’hui, je ne me vois pas sortir ça à Alberto Contador !

Auber, c’est aussi une vraie équipe formatrice...
Oui, et qui sert d’ailleurs beaucoup aux grosses équipes du dessus. A l’heure actuelle, un jeune qui passe pro dans une grande équipe comme la nôtre, s’il ne passe pas auparavant par une équipe comme Auber ou Roubaix, il peut être assez vite dégoûté du vélo. Il ne verra pas le jour dans les classiques. C’est pour ça que des clubs comme celui de Stéphane Javalet devraient être plus aidés financièrement par les équipes pro. Parce que tous les ans, ils se démènent pour boucler leur budget, pour avoir suffisamment de matériel alors qu’ils font vraiment du bon boulot...

Vous leur souhaitez quoi pour la suite ?
De continuer à sortir autant de bons jeunes. Evidemment ce serait bien de les revoir un jour sur le Tour, mais il ne faut pas rêver... D’ailleurs, je ne suis pas sûr que Stéphane Javalet ait envie de repartir dans pareille aventure, ou alors, il lui faudrait un tout autre budget. Ah oui, et puis on devrait organiser une grande fête pour se revoir tous ensemble et raconter deux trois bêtises...


 Niels Brouzes

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Auber, c’est l’essentiel de sa carrière : 10 ans, de 2001 à 2011 sous le maillot des P’tits Gars, forcément ça marque. Ce rouleur-puncheur, né à Drancy, n’a certes pas connu la période Tour de France d’Auber, mais il en a quand même vécu de belles avec l’équipe à Javalet.

Que représente cette équipe pour vous ?
L’image que j’en conserve et qu’elle dégage d’ailleurs encore aujourd’hui, c’est celle des P’tits Gars d’Auber, comme on disait à mon époque. C’est-à-dire des jeunes qui ont envie de s’exprimer, de tirer leur épingle du jeu face aux grosses écuries. Evidemment, c’est devenu un peu plus compliqué aujourd’hui, avec les grandes équipes ProTour qui font directement leur marché chez les amateurs et brûlent l’étape de la formation, mais l’esprit lui n’a pas changé.

Quel souvenir gardez-vous en particulier ?
Il y a bien sûr les victoires : mon titre de champion de France espoirs chez les amateurs en 2001, et puis le Tour du Finistère que je remporte en 2007 et qui était l’une des épreuves les plus cotées sur notre calendrier, à savoir une manche de Coupe de France. Mais il y a aussi tout le reste : ces moments de convivialité, de rigolade, de souffrance aussi. Je me souviens d’un Tour de Normandie où je n’en pouvais plus. J’étais mal, j’avais froid, j’étais à deux doigts d’abandonner. Je monte dans le camion de l’équipe et là Javalet me remonte, il m’incite à ne pas lâcher, et je suis reparti. C’est cette convivialité, cette entraide que je retiens, plus que mes victoires d’ailleurs.

Quel avenir leur souhaitez-vous ?
Qu’ils perdurent, évidemment. Je ne sais pas s’ils pourront refaire un Tour de France comme entre 1996 et 2001, mais je le leur souhaite. J’espère en tout cas qu’ils continueront sur cette dynamique de jeunes. Vous savez, cela fait quinze ans maintenant que je connais Stéphane Javalet et je peux vous dire que ce qui lui donne envie de rester directeur sportif et manager, c’est ce côté humain de formation de jeunes sportifs. Ca, c’est vraiment la patte Auber.

A quoi vous consacrez-vous aujourd’hui ?
Je ne me suis pas beaucoup éloigné du vélo. Je suis coach sportif, et j’ai notamment entraîné Stéphane Rossetto lors de sa dernière saison à Auber. Cette année, je fais de même avec le jeune Théo Vimpère, qui fait partie des 10 pros de l’effectif d’Auber 93. C’est pour moi une manière d’avoir encore un pied à Auber, et cette sensation me fait plaisir. Et à côté de ça, j’ai monté une petite affaire avec ma femme, on s’occupe d’un food truck...


 Steve Chainel

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Avec Auber, il a connu ses premières victoires pro, en 2008, deux étapes sur le Tour de la Manche et sur le Circuit de Lorraine. Aujourd’hui chez Cofidis, ce puncheur de 31 ans évolue depuis longtemps à l’échelon supérieur. Mais il revendique volontiers sa formation à la Auber 93.

Cette équipe, elle a été synonyme de tremplin pour vous ?
Carrément. J’ai eu la chance que Stéphane Javalet me tende la main pour me faire passer professionnel. Cela a d’ailleurs été la seule équipe à l’époque à miser sur moi sur la route alors que je venais du cyclo-cross. Voilà pourquoi j’ai un profond respect pour Stéphane Javalet qui, malgré son petit budget et les difficultés qui existent à l’heure actuelle pour trouver des financements, reste fidèle à cette formation de coureurs et continue de chercher des talents. Des équipes formatrices comme ça, avec une pyramide qui va de l’école de cyclisme aux pros, il est clair qu’on en manque aujourd’hui.

Quel souvenir gardez-vous de cette période ? Votre première victoire chez les pros ?
Non, même pas. C’est tout simplement mon premier rendez-vous avec Stéphane Javalet. J’étais monté à Aubervilliers courant octobre 2006 pour parler avec lui de mon avenir proche. Je me rappelle que lors de notre premier entretien, j’avais la boule au ventre, j’avais peur de tomber sur un donneur d’ordres et pas du tout, il m’a tout de suite mis à l’aise. Stéphane Javalet, c’est ça : quelqu’un qui sait vous parler en tant que patron, mais qui ne prend pas ses coureurs pour des pions comme cela peut arriver dans certaines entreprises, voire certaines équipes. Très sincèrement, d’un point de vue humain, mes deux saisons chez Auber ont été mes deux plus belles années professionnelles.

Cette année, chez Cofidis, vous croisez d’ailleurs la route d’un autre coureur arrivant d’Auber 93, Stéphane Rossetto...
Oui, c’est vrai. Là encore, je suis très content pour lui, qu’il ait cette chance d’évoluer au niveau supérieur. Cela veut forcément dire un programme de course supérieur à celui qu’il a connu à Auber 93, mais en même temps, comme moi à mon époque, il a pu se faire la main à Auber et n’arrivera pas déboussolé sur certaines courses. Ce qui est parfois le problème avec les néo-pros pour lesquels la transition est parfois rude. Mais là, avec l’expérience de course que donne Auber 93, pas de surprises possibles... Je me répète volontiers : encore aujourd’hui, je suis fier de dire que je suis passé par l’école Auber 93.


 Tony Gallopin

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Avec les Pinot, Démare, Barguil, ce coureur de 26 ans fait partie de la génération dorée des jeunes cyclistes tricolores d’aujourd’hui. Mais avant de remporter une étape du Tour 2014, Tony Gallopin (Lotto-Soudal) est passé pro chez Auber 93, une formation dont il sait ce qu’il lui doit.

Que représente pour vous cette équipe ?
C’est ma première équipe professionnelle, donc c’est toujours quelque chose spéciale. C’est vrai que je suis passé pro très jeune chez eux, ce qui m’a apporté beaucoup dans le sens où j’ai appris le monde pro, les courses au plus haut niveau. C’est aussi ça la force d’Auber : ils permettent de passer les étapes petit à petit, de ne pas sauter le pas directement. En cela, c’est l’intermédiaire parfait entre le niveau amateur et les grosses équipes Pro Tour.

Quels sont vos souvenirs les plus marquants chez Auber ?
Des bons moments, il y en a plein. Là comme ça, je pense à ma première course pro, le Grand Prix de la Marseillaise ou à des manches de Coupes de France. Stéphane me laissait aussi beaucoup de liberté pour aller en équipe de France espoirs.

Vous êtes passé pro en même temps qu’Arnold Jeannesson et peu de temps après Steve Chainel, des coureurs que vous côtoyez aujourd’hui dans le peloton. Vous êtes restés proches ?

C’est vrai qu’on retrouve pas mal de coureurs de l’époque. Il y a aussi Maxime Méderel, qui est maintenant chez Europcar. Ca prouve que les idées et la façon de faire d’Auber sont les bonnes. Et oui, il reste quelque chose de l’esprit famille d’Auber. Evidemment, on ne se voit pas tous les jours, mais on profite de certaines courses pour prendre des nouvelles. Par exemple, cette année, à l’Etoile de Bessèges, on était dans le même hôtel avec les FDJ et du coup, on se retrouvait le soir pour discuter un peu. Ça montre qu’on a tous un bon souvenir de notre passage à Auber.


 Arnold Jeannesson

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Aujourd’hui à la Française des Jeux, ce grimpeur de 29 ans a lancé sa carrière en 2006 chez Auber, avec deux saisons chez les amateurs et une chez les pros. Lui aussi tire son chapeau à Stéphane Javalet et à son abnégation.

Auber 93, qu’est-ce que ça signifie pour vous ?
C’est le club où j’ai fait mes classes. Pour moi qui venais du VTT, c’est là où j’ai appris sur les deux niveaux – amateur, puis pro - les tactiques de course et la rencontre avec le peloton à ce niveau-là. Je suis vraiment content d’être passé par là, cela m’a permis de connaître une période de transition vers l’étape du dessus, celle des grosses équipes où je suis encore maintenant.

C’est aussi une équipe qui contrairement à d’autres est identifiée localement...
Oui, c’est vrai que pour moi qui suis Parisien de naissance et qui habitais en région parisienne à l’époque, ça voulait dire quelque chose, courir chez Auber. Et puis, c’est une des plus vieilles équipes du peloton. Vingt-et-une saisons, ça vous pose un club.

Votre souvenir le plus marquant avec eux ?
Peut-être ma première course dans l’équipe pro en tant que stagiaire. Je me rappelle, c’était sur le Tour du Poitou-Charentes en 2006, ma première année chez Auber, quand j’étais encore amateur. Et on a gagné dès le premier jour, avec une étape remportée par Said Haddou ! C’est ça qui m’a donné envie de passer pro. A cette époque-là, contrairement à d’autres coureurs, je ne voulais pas spécialement être pro. Ce n’était pas un but en soi : j’étais passionné de VTT, j’avais déjà un boulot à côté... Mais comme je faisais des bons résultats, on m’a proposé d’intégrer l’équipe pro en tant que stagiaire, et ça s’est fait comme ça.

Que leur souhaitez-vous à l’avenir ?
Qu’ils retrouvent des sponsors parce que je sais que c’est une période délicate pour eux. Auber 93, il ne faut pas que ça s’arrête parce qu’il est indispensable aujourd’hui d’avoir des équipes comme ça qui forment de jeunes coureurs. Une équipe qui va de l’école de cyclisme jusqu’aux pros, c’est unique ! Il faut savoir que ça représente énormément de travail alors que la facilité serait peut-être de trouver un gros sponsor, monter une équipe pro et faire le Tour. Mais Stéphane Javalet ne va pas à la facilité, il se bat pour ce qui ne se voit pas : former des coureurs pour qu’ils arrivent où moi par exemple j’en suis aujourd’hui.


 Stéphane Rossetto

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Après une première expérience d’un an dans une équipe pro néerlandaise, Stéphane Rossetto a dû retourner chez les amateurs. Auber 93 a été bien inspiré de le rechercher, il a gagné le Tour du Limousin 2014 et a désormais intégré le circuit Pro Tour chez Cofidis.

Que représente pour vous l’équipe d’Auber ?
C’est l’équipe qui m’a permis de lancer ma carrière professionnelle. Stéphane Javalet m’a contacté et m’a permis de faire ce que je veux : être performant. Dans dix ans ou plus j’en parlerais encore. Bien sûr qu’il m’a fallu y mettre du mien, mais si j’en suis là c’est grâce à eux.

Quel souvenir particulier gardez-vous ?
C’est sûr que ma première victoire chez les pros, au Tour du Limousin est en bonne place. C’est vraiment un moment fort, tout le monde était là, Javalet était à 200 m de la ligne d’arrivée… Mais il y a aussi plein de moments de vie, de complicité avec mes coéquipiers.

Cette équipe a-t-elle une place particulière au sein du cyclisme français ?
C’est une équipe respectée, plus de vingt ans dans le peloton professionnel, ça cause. Elle a avec Stéphane Javalet un manager charismatique qui est reconnu. Elle a beau avoir des difficultés financières, elle tient la route et ne lâche rien. Les équipes Continentales (ndlr 3e division) ont souvent des complexes face aux gros teams, pas Auber, ils tentent toujours tout.

Quel avenir souhaitez-vous à l’équipe ?
Qu’elle retrouve son niveau de ses années sur le Tour, je sais que c’est difficile financièrement mais le savoir-faire est là. Et surtout de continuer à prendre du plaisir et de faire monter les jeunes coureurs vers le haut. Aujourd’hui de nombreux jeunes passent d’amateurs au Pro Tour, mais la marche est trop haute. Il faut des équipes comme Auber 93 où on se fait la main et où on apprend le métier. Auber, c’est un mélange de passion, d’envie de gagner tout en restant les pieds sur terre.

Propos recueillis par Christophe Lehousse et Georges Makowski

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