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La Seine-Saint-Denis se prend aux Jeux

Le Conseil départemental a voté un vœu mercredi 7 mai 2015, en présence de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, pour le soutien de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques 2024. Un événement qui, s’il se déroulait effectivement sur le territoire francilien, serait synonyme d’accélérateur en matière d’infrastructures et de transports, notamment en Seine-Saint-Denis.

Le « top départ » - pour reprendre la métaphore sportive du président du Conseil départemental Stéphane Troussel - d’une mobilisation pour des Jeux olympiques 2024 à Paris et en Seine-Saint-Denis a été donné mercredi 7 mai. L’Assemblée départementale s’est en effet prononcée, à l’unanimité moins une abstention, pour une candidature associée entre Paris et la Seine-Saint-Denis qui, si les Jeux étaient effectivement attribués à la capitale française, pourrait devenir un point névralgique de l’événement.

Pour l’occasion, de nombreuses personnalités avaient fait le déplacement en Seine-Saint-Denis : Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë et désormais vice-président du futur comité de candidature de Paris 2024 et bien évidemment Anne Hidalgo, maire de Paris. Après deux tentatives infructueuses, l’élue de la capitale a pris le pari de relancer sa ville dans une nouvelle aventure olympique.

Au cours de leur intervention, Stéphane Troussel comme Anne Hidalgo ont tous eux insisté sur le partenariat fort que représenterait une association de leurs deux collectivités pour l’obtention des Jeux. « Pour l’emporter cette fois, j’ai réfléchi au message universel qu’il fallait envoyer au monde. Ce message, c’est que le sport peut être un formidable vecteur d’inclusion pour beaucoup de jeunes d’aujourd’hui. Et la jeunesse, elle se trouve notamment ici, en Seine-Saint-Denis, département le plus jeune de France », a rappelé la maire de Paris.
Le discours de Stéphane Troussel lui faisait écho. Le président du Conseil départemental soulignait d’ailleurs l’expertise déjà acquise par le territoire en matière d’accueil de grands événements sportifs, citant en exemple la Coupe du Monde 98, les Mondiaux d’athlétisme 2003 ou encore la Coupe du monde de rugby 2007, tous disputés pour partie au Stade de France de Saint-Denis.

Mais au-delà du seul aspect de l’obtention des Jeux, Stéphane Troussel insistait aussi sur le bénéfice que le département pourrait retirer d’une telle co-candidature. « Accueillir les Jeux olympiques, ce doit être pour la Seine-Saint-Denis un formidable accélérateur de développement sportif, économique, social, éducatif et culturel », a-t-il martelé.
De la même manière que les Jeux de 1992 avaient remodelé Barcelone ou ceux de 2012 certains quartiers de Londres, la manifestation de 2024 pourrait en effet servir d’amplificateur à de nombreux changements sur le territoire. « A la condition de travailler autour de la notion d’héritage », a pointé Stéphane Troussel qui a aussi insisté sur une autre dimension : celle d’avoir des Jeux en harmonie avec l’environnement. "La protection de la biodiversité urbaine et l’accueil de Jeux durables sont parfaitement compatibles", a-t-il fait remarquer.

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Un rattrapage en matière d’équipements sportifs, l’accélération de l’installation du Grand Paris Express, la création de logements sociaux qui se substitueraient au village olympique si celui-ci était construit sur le territoire : l’obtention des Jeux favoriserait en effet toute une série de transformations, extrêmement bénéfiques aux habitants. Pour mémoire, en Seine-Saint-Denis, il existe actuellement un équipement sportif pour 600 habitants contre 1 pour 200 selon la moyenne nationale. « Les Jeux seraient de ce point de vue un grand coup de pouce », renchérissait le représentant du Comité départemental olympique sportif, Gérard Creps.

Dépasser le seul moment des Jeux, c’était aussi la vision du champion olympique et désormais membre du Comité International Olympique, Tony Estanguet. « Notre volonté n’est pas de travailler sur un projet de 17 jours pour les Jeux olympiques et de 12 jours pour les Jeux paralympiques. Il faut laisser un héritage qui perdure au-delà des épreuves sportives ». Sportif dans l’âme, le porte-drapeau de Pékin 2008 avait toutefois aussi un mot pour cette « génération 2024 » qui « compte aujourd’hui sur nous et peut se réaliser par le sport. »
Certains de ses représentants – encore en culottes courtes - mais aussi des plus grands répondront sans conteste présents le 23 juin prochain, à l’occasion de la semaine olympique. Ce premier grand événement ponctuera l’entrée en campagne de la Seine-Saint-Denis aux côtés de Paris 2024.

Christophe Lehousse

Le calendrier olympique en quelques dates :

23-30 juin- Semaine olympique

15 septembre- délai officiel pour le dépôt de toutes les candidatures

février/mars 2017 - visites de la commission d’évaluation

été 2017 – élection de la ville-hôte

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Trois questions à Tony Estanguet

Il est le seul sportif français à avoir remporté un titre olympique lors de trois Jeux différents. Pour lui, c’était en canoë. Depuis, il essaie de dompter d’autres eaux vives, celle d’une candidature couronnée de succès aux Jeux. Principale figure sportive au sein du pré-comité de candidature - l’association Ambition olympique et paralympique 2024 – Tony Estanguet était mercredi aux côtés d’Anne Hidalgo pour plaider en faveur d’une co-candidature de Paris avec la Seine Saint Denis.

Pourquoi vouloir associer la Seine-Saint-Denis à cette candidature ?

« Pour ce projet de candidature, on souhaite avoir un axe fort sur la jeunesse. Et comme la Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune de France, cela a du sens. Ensuite, la présence du Stade de France, qui pourrait devenir stade olympique, est clairement un point important. Le coeur des Jeux battra aussi en Seine-Saint-Denis donc il nous est apparu que dès le départ il fallait associer la population des lieux à l’événement. »

Quels enseignements avez-vous tiré des précédents échecs ? Vous vous étiez notamment déjà impliqué sur Paris 2012...

« J’étais effectivement associé en petite partie à Paris 2012. J’avais alors donné mon avis sur les sites de canoë kayak lors de la commission d’évaluation à Paris. L’enseignement majeur que nous avons tiré de Paris 2012, c’est qu’il faut proposer un projet où le mouvement sportif est clairement identifié comme porteur. La gouvernance doit être organisée autour du mouvement sportif. Après, on sait qu’il nous faut aussi travailler sur l’adhésion populaire autour du projet et sur la concertation avec les habitants. Enfin, le projet se voudra orienté vers l’international car au final l’élection se fait là... Mais on va aussi garder le socle de Paris 2012 car il était solide. Rappelons-nous que cette candidature avait échoué de très peu face à Londres »

Vous êtes aussi membre du CIO. On sait que celui-ci attache depuis quelques années de l’importance à des investissements raisonnés et pérennes. C’est un des axes du projet Paris-Ile de France...

« Oui, nous avons effectivement des atouts forts. Notre volonté d’être candidats repose sur le fait que nous disposons déjà d’un certain nombre d’infrastructures. Un grand plan de développement des transports sur la région Ile-de-France est déjà lancé. Donc clairement, on pense qu’on peut proposer un projet responsable et très performant. »

Propos recueillis par Christophe Lehousse

Revoir la séance extraordinaire avec le vote du vœu pour l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 à Paris et en Seine-Saint-Denis.

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