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La Seine-Saint-Denis pied au plancher pour la COP21

Jeudi 18 juin 2015, à six mois de la conférence internationale sur le climat qui se tiendra au Bourget, le Département a présenté 50 projets associatifs ou citoyens. Ils sont tous en lien avec les enjeux du changement climatique et bénéficient d’un soutien financier départemental. Pour que la Seine-Saint-Denis prenne pleinement sa part dans la transition écologique.

La maison est en feu, mais les bonnes volontés ne manquent pas. C’est globalement le constat qui a été tiré lors de la soirée de préparation à la COP21, jeudi, dans la salle de spectacles « La Dynamo » à Pantin. La conférence internationale sur le climat sous l’égide de l’ONU, qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre au Bourget, doit en effet déboucher sur un accord ferme des 195 pays de la convention-cadre des Nations Unies. L’objectif étant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, faute de quoi le réchauffement climatique pourrait très fortement s’accentuer dans les 50 prochaines années.

En Seine-Saint-Denis aussi, on suivra les négociations de la communauté internationale de près, et pas seulement parce que le département sera hôte de la manifestation. « La COP21 ne s’impose pas à la Seine-Saint-Denis, nous entendons y être associés à part entière », a ainsi rappelé Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental. « Ici, il faut continuer d’agir sur les transports, la qualité de l’habitat, les modes d’alimentation. Car c’est dans les territoires populaires que les risques de l’inaction sont les plus importants, compte tenu de la vulnérabilité de certaines populations. Agir pour le climat, c’est aussi agir pour le social », a-t-il argumenté.

Et pour preuve de son implication au service du développement durable, le Département présentait jeudi soir par la voix de « Via le monde », sa mission pour la coopération internationale, plusieurs actions engagées au nom de la lutte climatique.
Tout d’abord, la collectivité territoriale la plus jeune de France - environ 29 % de la population a moins de 20 ans - accueillera du 26 au 28 novembre la COY (Conference of Youth), sorte de lever de rideau des jeunes avant la COP 21.

A Villepinte, 5000 jeunes présenteront ainsi des projets de lutte contre le réchauffement climatique ou organiseront des tables rondes. « Ce qui nous importe surtout, c’est de réunir des jeunes de tous les horizons, des quartiers populaires, des cœurs de ville, des zones rurales pour les faire dialoguer ensemble », souligne Delphine Blumereau, présidente de l’association « CliMates » qui vise notamment à sensibiliser les jeunes aux thématiques environnementales.

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Mais le Département a aussi débloqué 200 000 euros en perspective de la COP21, pour soutenir 50 projets de différentes natures – associatifs, citoyens, éducatifs ou entrepreneuriaux – mais qui sont tous liés aux enjeux climatiques.

A la Dynamo, certains de ces porteurs de projets avaient justement été réunis pour donner un éclairage sur leur action. Dans la famille « sensibilisation des populations à changer leur mode de vie », il y avait par exemple le FabLab de Montreuil, un lieu qui met à disposition de ses adhérents ses imprimantes 3D pour créer toutes sortes d’objets, ou encore la Requincaillerie, un nouveau venu à Pantin. « En mettant à disposition des habitants des outils à travailler le bois ou des matériaux de construction, nous souhaitons promouvoir la réutilisation plutôt que le rachat et ainsi lutter contre l’accumulation des déchets », expose l’un de ses fondateurs, Paul Gallois. La toute jeune association, née début 2015, a déjà participé avec La Collecterie de Montreuil à la confection d’un appartement témoin, dont l’intérieur est exclusivement constitué de matériaux de récupération.
Toujours au chapitre sensibilisation, d’autres associations ont elles choisi l’approche culturelle pour provoquer une prise de conscience chez les habitants. « Les Grandes Personnes » prépare ainsi de grands journaux muraux pour projeter les utopies citoyennes tandis que « Le Temps de le dire », basée à Aubervilliers, veut éveiller et réveiller par le biais d’une comédie musicale.

Dans un registre différent, le Département compte aussi une foule d’acteurs qui se consacrent à la lutte contre la précarité énergétique.
Les Points Information Médiation Multi Services (PIMMS) de Sevran et Noisy-le-Grand bénéficieront eux aussi d’une aide du Conseil départemental pour l’action essentielle qu’ils mènent auprès des habitants des quartiers populaires. « Nous passons chez eux ou eux viennent à nous pour essayer de réduire leur facture énergétique. Au passage, nous en profitons aussi pour les sensibiliser à la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, ce qui commence par des gestes tout simples, comme consommer moins d’eau ou ne pas laisser des appareils en veille », expliquent Samira Khnagui, directrice à Sevran et Lucile Le Terrier, son alter ego à Noisy-le-Grand.

Enfin, ce tour d’horizon était complété par ceux qui pensent la ville de demain, à l’image de l’association d’architectes Bellastock. Créée en 2006, cette structure préconise le remploi de matériaux dans le cas de chantiers de démolition. « L’idée est d’induire des économies d’énergie en réutilisant une partie des matériaux issus de la déconstruction qu’en général on jette, alors qu’ils peuvent encore servir », détaille Antoine Aubinais, l’un des trois fondateurs de Bellastock. Et de faire allusion au mobilier urbain créé par l’association à l’issue de la démolition des hangars des magasins Printemps sur l’Ile-Saint-Denis et qui orne désormais les rues de la ville séquano-dionysienne.

« Même si les négociations autour de la COP21 échouent, il faudra montrer aux décideurs que la société civile poursuit, elle, son effort », appelait de ses vœux Maxime Combes, membre de la coordination ATTAC, dans un débat sur les enjeux climatiques qui eut par la suite lieu avec la salle. Il semblerait qu’en Seine-Saint-Denis en tout cas, les initiatives ne manquent pas.

Christophe Lehousse

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L’oeil de trois experts des thématiques climatiques

Pierre Radanne, membre du comité de pilotage national de la COP21 et ancien président de l’ADEME : « Il y a deux chiffres à retenir à propos du changement climatique. D’abord, l’augmentation de température que l’on craint si on laisse filer serait de 5,5 degrés en 2100. C’est grosso modo ce qui nous sépare de la dernière ère glaciaire. Autrement dit, on aurait fait en 150 ans ce qui s’est fait naturellement en plusieurs milliers d’années. Et puis, les spécialistes s’accordent à dire que le CO2 met 120 ans à disparaître de l’atmosphère quand la pluie, c’est 5 jours... »

Maxime Combes, économiste et membre d’ATTAC : « Si la COP21 ne débouche pas au moins sur une obligation contraignante pour les pays du Nord à revoir à la hausse leurs réductions de gaz à effet de serre, on pourra très clairement parler d’un échec. Ce qui sera déterminant aussi, ce sera la fréquence de révision de leurs objectifs : tous les 3, 5, 7 ans ? Si aucune fréquence de révision n’est envisagée, là encore ce sera un échec. »

Alix Mazounie, responsable des politiques internationales dans le Réseau Action Climat : « La conférence doit aborder de front la question des énergies fossiles. Pour l’instant, les signaux ne sont pas très bons. Dans le texte préparatoire rédigé à la conférence de Bonn, à laquelle j’ai participé, le mot « énergies fossiles » ne revient ainsi que deux fois ! Ca augure mal de la suite, alors que l’investissement dans les matières carbones, pour la prospection et les gaz de schiste entre autres, n’a jamais été aussi fort ! »

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