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La Seine-Saint-Denis, modèle en éducation au développement durable

En Seine-Saint-Denis, pas moins de 28 établissements scolaires sont labellisés "en démarche de développement durable", plus que partout ailleurs en France. Mardi au Bourget, nous avons assisté à la remise de leur diplôme.

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En ce mardi matin, Christelle Picard est une principale comblée. Le collège qu’elle dirige, Marais de Villiers à Montreuil, vient de recevoir son label « en approfondissement d’une démarche de développement durable », décerné par l’Académie de Créteil.

La cérémonie avait lieu au lycée du Bourget, en présence de tous les lauréats. Pour Marais de Villiers, c’est l’aboutissement de trois années d’un projet assez conséquent, lancé au départ par une petite équipe d’enseignants.

Démarrée par un tri d’objets polluants, puis un jardin pédagogique, l’initiative s’est ensuite enrichie d’un récupérateur d’eaux de pluie et même d’un « parcours climat », mené l’année dernière avec une classe de 6e avec l’appui du Conseil général au sein du Parc départemental Georges-Valbon. Un atelier dans lequel les élèves ont travaillé sur le cycle de l’eau et ont notamment dû proposer un plan de décontamination de l’eau.

Tout cela aboutit aujourd’hui à un classement de l’établissement « en approfondissement » de développement durable, le 2e échelon d’un label qui en compte trois au total et qui est décerné par l’Education nationale.
Pour autant, la principale du collège ne compte pas en rester là, annonçant déjà de nouveaux projets, avec pour horizon le sommet international sur le réchauffement climatique (COP21) qui se tiendra au Bourget en décembre 2015.

Mais ce matin, les vedettes, ce sont surtout Ibrahim et Sarah, deux élèves de l’établissement, fiers de se dire « éco-délégués » et engagés pour leur planète.
Interrogée sur ses propositions pour aider à préserver la planète, Sarah, en 5e, se montre ainsi intarissable.

Au total, ils sont 28 établissements, écoles, collèges et lycées, en Seine-Saint-Denis à avoir été ainsi labellisés, plus que partout ailleurs en France.
Parfois, ce sont des installations pérennes comme des composteurs qui leur ont valu d’être primés. C’est par exemple le cas du collège Madame de Sévigné à Gagny, dont les efforts en matière de développement durable se doublent d’un engagement humanitaire au Bénin, comme l’explique son principal adjoint Cédric Zumerle.

D’autres fois, ce sont des ateliers sur l’alimentation ou le cycle de l’eau mis en place en partenariat avec des associations, comme au collège Raymond-Poincaré de La Courneuve.

Toutes ces bonnes volontés, cet esprit d’initiative seront évidemment les bienvenus lorsqu’en novembre-décembre 2015, la Seine-Saint-Denis accueillera au Bourget la 21e conférence internationale sur les dérèglements climatiques. La journée s’est d’ailleurs conclue par l’exposé d’Alain Mazaud, climatologue au sein du Laboratoire scientifique du climat et de l’environnement de Gif-sur-Yvette, qui s’est attaché à rappeler une évidence fondamentale : le réchauffement climatique est bel et bien une réalité, qu’il faut désormais contrecarrer.

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Focus sur la COP 21

La 21e Conférence des Parties sur le climat (COP 21) organisée sous l’égide de l’ONU se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015 en Seine-Saint-Denis, au Parc des expositions du Bourget. À cette occasion, environ 22 000 officiels (sans compter le village de la société civile) se rencontreront pour tenter de tomber d’accord sur une limitation de leurs rejets de CO2, après l’échec de la Conférence de Copenhague.
Pourquoi cette urgence à diminuer ainsi nos gaz à effets de serre ? Parce que le réchauffement climatique dû à l’homme est aujourd’hui devenu incontestable. Comme le rappelle le climatologue, Alain Mazaud, du Laboratoire scientifique du climat et de l’environnement (LSCE) de Gif-sur-Yvette, on est ainsi passé en l’espace de 50 ans « d’une concentration de 280 parties pour millions dans l’atmosphère à 400 parties pour millions de CO2, ce qui accroît évidemment l’effet de serre ». Avec comme conséquences néfastes la montée des eaux, l’acidification des océans et sans doute une multiplication des inondations et des ouragans, même si celle-ci doit encore démontrée.
L’objectif de la conférence est donc de parvenir à un accord universel et juridiquement contraignant, qui permettrait notamment de contenir le réchauffement climatique à 2 degrés supplémentaires d’ici à 2100. « Si l’on veut vraiment rester en-dessous de ces 2 degrés, il faut agir dès maintenant », rappelle Alain Mazaud, « car le climat est un système qui possède une force d’inertie : c’est surtout la génération des années 2090 qui verra les conséquences de nos décisions ou non-décisions ».
Pour la Seine-Saint-Denis, c’est donc un honneur d’accueillir les représentants des 195 nations qui plancheront sur cet accord, d’autant que le Département se reconnaît tout à fait dans les objectifs de la COP 21 : territoire jeune et multiculturel, la Seine-Saint-Denis veut elle aussi contribuer à préserver le climat puisque défendre le climat, c’est défendre la jeunesse.

Christophe Lehousse

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