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L’internat, c’est « in »

Série "Un an dans les nouveaux collèges". Ouvert à la rentrée 2014-2015, le collège international situé à Noisy-le-Grand est un des rares établissements de Seine-Saint-Denis à posséder un internat regroupant quelque 60 élèves. Cette option a notamment été défendue par le Conseil départemental pour permettre à des élèves issus de tout le département et même d’ailleurs d’éviter des trajets trop longs. Exploration d’une journée-type.

Deuxième volet de notre série sur les nouveaux collèges de Seine-Saint-Denis (voir notre premier volet)

12h

En ce mercredi ensoleillé, Loann sort de cours. Pendant que les autres élèves regagnent leur domicile, ses pas la mènent jusqu’au réfectoire où elle déjeune en compagnie des autres internes. Tous rejoignent ensuite tranquillement l’internat couleur miel et ardoise, situé juste à côté. Comme toutes les filles, Loann occupe le bâtiment A, une chambre à trois lits. « Les chambres sont bien, spacieuses et tout. Mais ça manque encore un peu de déco », détaille cette élève de 6e aux yeux rieurs.

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Loann et sa famille, qui habite Créteil, ont choisi la solution de l’internat pour s’épargner un trajet qui serait sinon bien trop pesant. Evidemment, la jeune fille aurait pu choisir un autre établissement, mais c’aurait été se priver de la chance de suivre des cours de portugais du Brésil, un pays qui la fascine. « Depuis toute petite, je suis attirée par ce pays. Sa population est assez pauvre mais il est en train d’évoluer à grands pas. Et puis, je sais qu’il y a là-bas des botos, des dauphins roses qui sont des animaux très rares », souligne la jeune fille. Comme elle, 53 autres élèves de tout le département ont choisi l’internat pour se donner les chances d’étudier une des 4 langues proposées dans ce nouveau collège international. L’année prochaine, ils seront bien plus nombreux, avec le doublement des effectifs du collège. Alors que l’établissement ne compte actuellement que des 6e et des 4e, tous les niveaux seront représentés à partir de la rentrée 2015 pour une population totale de 400 élèves.

« Majoritairement, les internes viennent du département, mais il y en a aussi du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne », explique Valérie Verger, la « maîtresse de maison », comme le proclame sa fonction officielle. Cette agente du Conseil départemental est un peu la deuxième maman de tous les pensionnaires. Multi-tâches, elle veille au grain, lave le linge, panse les plaies physiques ou morales et distille partout sa bonne humeur.

14h30
Chambre 205, « la meilleure évidemment » selon elles, Natalia et Tharmela, en classe de 4e, émergent de leur sieste. Violette, la troisième de la bande, qui partage leur chambre, n’est pas là parce qu’elle est rentrée le mercredi après-midi chez ses parents, comme le font certains internes. Un peu timides dans un premier temps, plus enjouées ensuite, elles nous font le tour du propriétaire. Tharmela, qui habite Pierrefitte, montre le drapeau du Sri Lanka, son pays d’origine, qu’elle a dessiné et scotché sur son armoire. Natalia, elle, a la fibre brésilienne : des bannières « Ordem e progreso » tapissent son coin, juste à côté d’un billet pour le Corcovado daté de Noël dernier.

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« Elle est bien notre chambre, non ? » demandent-elles fièrement. Juste à côté, deux douches à l’italienne complètent un ensemble fonctionnel. « Elles, ce sont des championnes du monde du rangement », intervient Valérie Verger. Avant de poursuivre, avec le sourire : « Ce n’est pas le cas de tout le monde. » Chaque jour, le personnel de l’internat se livre à une brève inspection des chambres, dont ils sont chargés d’évaluer l’ordre. « Après, on ne fait pas les dragons non plus. Il faut user de psychologie avec des élèves aussi jeunes ».

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Justement, n’est-ce pas dur parfois de ne voir ses parents qu’une fois par semaine ? « Ca dépend des élèves », confie Célia Niles, l’une des 5 assistantes d’éducation qui encadrent les ados tout au long de la semaine. « Certains ont en effet parfois un peu la nostalgie de la maison, de leur ancien cadre de vie. D’autres au contraire sont comme des poissons dans l’eau, au point qu’il faut parfois leur rappeler certaines règles », poursuit cette jeune femme. Illustratrice de formation, elle anime le mercredi un atelier de graphisme et de dessin pour les internes qui le désirent.

15h30
On retrouve Loann justement en plein atelier. Sauf qu’elle a choisi la cuisine. Au fil de la semaine, plusieurs options s’offrent aux pensionnaires : films d’animation le mardi soir, club cinéma le jeudi soir, et donc cuisine, chant, graphisme et sport le mercredi. Pendant que le préau retentit des cris des pensionnaires jouant au foot, 6 élèves s’affairent derrière les fourneaux de la cantine, sous la houlette du chef Tony Harlé.

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Leur mission : l’aider à préparer des roulés à la confiture qui composeront le goûter de 17h et aussi ourler les verres de grenadine de sucre glace. « Le but, c’est davantage de les éduquer au goût et à la curiosité culinaire que de susciter des vocations. Mais ils sont assez dégourdis dans l’ensemble », juge ce chef cuisinier qui s’occupe de confectionner le goûter et le repas du soir tandis que son collègue Gary se charge du petit déjeuner et du déjeuner. Loann et Sydney, un autre 6e qui participe ce mercredi à l’atelier cuisine, ont les yeux qui brillent. « Dans cet atelier, on apprend à cuisiner des plats qu’on n’a pas l’habitude de faire à la maison- des rillettes de thon par exemple - et Tony est trop sympa ! », s’exclame Loann.

17h
Tout ce petit monde se retrouve sous un beau soleil d’avril à siroter la grenadine préparée par les 6 valeureux de l’atelier cuisine. « On n’est pas bien là ? », savoure le cuistot Tony Harlé. A deux jours des congés de Pâques, les élèves, un peu excités, apprécient ces moments de détente. Dans l’assistance, on parle aussi beaucoup de la fête de l’internat, qui sera organisée jeudi comme avant chaque vacance. A Noël, les élèves avaient revêtu leurs habits de lumière pour une fête « chic ». En février, tout le monde s’était déguisé pour le carnaval, y compris les assistants d’éducation. Cette fois, pas de thème, mais l’énergie sera la même.

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Mais trêve de plaisanterie, Sarah, interne en 4e et qui songe à devenir journaliste, remonte dans sa chambre pour potasser ses cours. Car jeudi l’attendent plusieurs contrôles. Elle pense réviser quelques heures avant de décompresser en discutant avec les copines. C’est ça le secret d’une bonne vie en internat : prendre le temps d’étudier, mais aussi de vivre...

Christophe Lehousse

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