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L’enfant au cœur du débat et de l’action

Le 20 novembre 2014, pour la Journée internationale des droits de l’enfant, une série de tables-rondes, débats et projections était organisée à la Bourse départementale du travail. À cette occasion, le directeur général d’Unicef-France a remis à Stéphane Troussel le titre de « Département ami des enfants ». Un dossier réalisé par Stéphanie Coye.

« Une chance pour le département et le pays tout entier ». C’est en ces termes que le président du Conseil général, Stéphane Troussel, a décrit la jeunesse de Seine-Saint-Denis, lors d’une visite à la crèche Auguste Blanqui de Bondy le 19 novembre. A cette occasion, il a pu prendre part à l’atelier de confection de cœurs constitués de papiers collés animé pour les tout-petits par un artiste plasticien.

« Avancer ensemble »

Pour rendre hommage aux enfants du département et réaffirmer l’impérieuse nécessité de respecter leurs droits, un événement leur a été consacré le lendemain, jeudi 20 novembre, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant et des 25 ans de la Convention internationale des Droits de l’Enfant. Durant plusieurs heures, enseignants, responsables de centres de loisirs, pédiatres, pédopsychiatres, artistes et écrivains y ont discuté et échangé autour de deux thématiques principales : l’accès à la culture comme facteur d’épanouissement dès le plus jeune âge, mais aussi la maltraitance et le rôle des institutions dans le repérage et la protection des enfants.

« Département ami des enfants »

En fin de matinée, le directeur général d’UNICEF France, a également remis à Stéphane Troussel le titre de « Département ami des enfants ». Ce titre, créé en 2011, vise à promouvoir les bonnes pratiques en matière de respect des droits de l’enfant (lire aussi ci-dessous). Pour le président du Département, il s’agit « d’une reconnaissance des politiques publiques dans le plus jeune département de France et de l’engagement des professionnels de la petite enfance, de la protection de l’enfance, des centres de PMI et des collèges qui sont mobilisés pour porter une attention constante aux familles et aux enfants ». Mais c’est aussi et surtout, a-t-il ajouté, « un encouragement à persévérer et à continuer à innover comme nous le faisons, et à faire preuve d’ambition comme le fait la majorité départementale avec son plan enfance et parentalité qui vise la création de 3500 places d’accueil dans les prochaines années ».
Lire aussi le dossier consacré au Plan Petite enfance & parentalité 2015-2020

3 questions à Julie Zerlauth-Disic, responsable des relations avec les collectivités territoriales à l’Unicef France

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Que représente ce titre de « département ami des enfants » ?
L’initiative « Villes amis des enfants » a démarré en 2002 avec pour but d’améliorer les droits de l’enfant en milieu urbain. Elle est développée dans 80 pays mais chacun l’adapte ensuite à son contexte. Une fois que la maturité de ce réseau le permettait en France, nous l’avons étendu aux départements. Ce titre vient reconnaître la conformité de la politique menée à la Convention internationale des droits de l’enfant, mais vise aussi à entamer quelque chose de nouveau ensemble. À la fin de l’année, notre réseau comptera sept départements et 246 villes.

Quels sont les critères pour l’obtenir ?
Notre premier critère est la façon dont est portée la politique de l’enfance : est-ce une compétence ou une priorité ? La première réponse ne nous suffit pas. Ensuite, pour chacun des thèmes de la Convention, nous regardons les innovations, l’originalité, la multiplicité de l’offre, en attachant une importance particulière à la participation des enfants. Notre troisième critère est celui de la réduction des inégalités. Cet examen fait l’objet d’une longue préparation. Dans le cas de la Seine-Saint-Denis, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois et avons eu des échanges fréquents. J’ai visité aussi des structures, rencontré des professionnels, des enfants et des parents.

La politique de la Seine-Saint-Denis répond donc à ses critères ?

La Seine-Saint-Denis fait partie des très bons dossiers, qui peuvent servir de modèle à une politique de respect de la Convention. Nous avons particulièrement apprécié sa démarche globale, de prise en compte à la fois de l’enfant, de ses parents, des professionnels... Ce n’est vraiment pas le cas dans tous les territoires. L’attention accordée aux personnes les plus vulnérables a également été saluée car elle apparaît en filigrane dans tous les thèmes. C’est une politique systématiquement pensée pour tous et en même temps pour chacun, c’est-à-dire pour que les publics les plus éloignés y aient accès. L’association des professionnels au projet et leur formation continue caractérisent aussi la politique de ce département. Pour nous, mettre en place ce partenariat est donc une grande chance car cela va nous permettre d’avancer ensemble.

Les inégalités sociales en matière culturelle peuvent être atténuées

Le domaine de la culture n’échappe pas aux inégalités sociales. Bien au contraire. Selon une étude réalisée par l’Insee en 2003*, le « milieu social d’origine […] pèse sur l’acquisition du capital culturel ». « Ainsi, peut-on lire par exemple, seules 5 % des personnes de parents non diplômés fréquentaient les musées étant enfants, contre 61 % de celles dont les parents étaient diplômés du supérieur ». Mais le second enseignement de cette étude est que proposer des activités artistiques dès le plus jeune âge permet d’atténuer ces inégalités. En effet, « même ténus, les liens avec l’univers culturel lors de l’enfance ont une influence non négligeable sur les pratiques à l’âge adulte : 41 % des personnes qui ne pratiquaient aucune activité culturelle pendant l’enfance se tiennent entièrement en retrait des loisirs culturels à l’âge adulte, contre seulement 20 % pour celles qui en pratiquaient au moins une [et] 4 % pour les adultes ayant eu des activités culturelles multiples étant enfants ». Preuve que cultiver le goût de nos enfants pour la culture est aussi un investissement pour l’avenir.
* Chloé Tavan (Insee), « Les pratiques culturelles : le rôle des habitudes prises dans l’enfance », dans Insee première, n°883, février 2003, www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP883.pdf

L’enfance en chiffres
Avec plus de 400 000 enfants, la Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune de France métropolitaine.

415 820 enfants de 0 à 18 ans en 2010 (recensement INSEE), dont :
− 0-3 ans : 100 354
− 4-5 : 47 174
− 6-11 : 128 927
− 12-15 : 78 224
− 16-18 : 61 141

Situation économique :
31,5 % des moins de 20 ans vivent sous le seuil de précarité
80 762 familles monoparentales
109 337 enfants vivant dans une famille sans actif occupé

Accueil de la petite enfance :
13 977 places en structures collectives, dont 550 nouvelles places créées en 2013, et 16 539 places chez des assistants maternels

Santé :
71 268 enfants de 0 à 6 ans vus en consultations médicales PMI
7458 grossesses suivies

Protection de l’enfance :
3679 informations préoccupantes reçues à la Cellule départementale de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP)
4229 enfants pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE)
10 843 enfants bénéficiant d’interventions mandatées au titre de la protection de l’enfance en 2013

Adoption :
103 agréments pour l’adoption par an

Culture :
89 bibliothèques communales et 39 intercommunales
49 000 enfants, parents et professionnels ayant participé aux actions de l’École du livre de jeunesse
66 400 visiteurs au Salon de livre et de la presse jeunesse
303 parcours « Culture et art au collège » en 2014-2015
7000 collégiens participant à l’opération « Collèges au cinéma »
10 écrivains en résidence en 2014

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Le Département ami des enfants

Le 20 novembre 2014, lors de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’UNICEF a remis au Conseil général de la Seine-Saint-Denis le titre de " Département Ami des enfants."