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Jouer ensemble au Festival départemental des pratiques partagées

Le mercredi 20 mai 2015, 900 jeunes et personnes en situation de handicap se sont retrouvées au stade Auguste-Delaune de Saint-Denis pour découvrir ensemble 25 disciplines sportives lors du 2ème festival départemental des pratiques partagées.

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L’une en face de l’autre, Christine et Sarah se renvoient le ballon de volley. Pas bien simple, ni pour l’une ni pour l’autre. Les trajectoires ne sont pas toujours assurées, les réceptions non plus et le ballon s’échappe de temps en temps. Le plus souvent, c’est Sarah la collégienne qui va le chercher, elle se déplace plus vite que Christine. Mais les deux partenaires rient aussi fort l’une que l’autre, qu’elles soient en fauteuil roulant ou debout.

Toute la surface du stade Auguste-Delaune est occupée par des ateliers d’initiation. La journée durant, des groupes constitués pour moitié de collégiens et de personnes en situation de handicap issues de structures d’accueil spécialisées se succèdent aux différents ateliers. La variété ne manque pas, on compte 25 ateliers, de l’escalade à la boxe française, du tir à la carabine laser au double dutch (2 cordes à sauter).

« Faire du sport ensemble, personnes valides et en situation de handicap, c’est un premier élément pour construire une société commune où chacun a sa place et est accepté tel qu’il est. » Clément Rémond, coprésident du comité départemental de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, ne manque pas d’ambition et s’il a bien conscience que le chemin sera long, il est bien décidé à avancer. Le premier pas était la constitution d’un réseau.


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A la FSGT se sont joints le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, le Comité Départemental Olympique et Sportif 93, la direction des services départementaux de l’éducation nationale 93, la direction départementale de la cohésion sociale 93, la ville de Stains, le réseau sports handicaps 93. De nombreux clubs se sont lancés et ont mis en place des activités. La plupart des animateurs sportifs étaient des bénévoles qui ont posé un jour de congé en semaine pour répondre présent. « Petit à petit, de plus en plus de structures sportives prennent en compte le handicap », se réjouit Clément Rémond. « Cette journée leur permet également d’échanger des pratiques, de se donner des conseils pour mieux accueillir les personnes en situation de handicap. Le but de la FSGT n’est pas que les clubs créent des sections handisport ou sport adapté, mais qu’ils fassent une place pour que tous puissent pratiquer avec tout le monde. »

Activités proposées
Jeux sportifs et collaboratifs, Kinball (3 équipes et un ballon de 1m22 de diamètre !), double dutch, big shuttle (kart à pédales), football à 7, boxe française, boules lyonnaises, badminton, basket ball, parcours d’athlétisme, handball, danse, foot US, tir à l’arc, rugby, volley-ball, boccia (jeu avec des boules en cuir), sarbacane, tennis, capoeira, escalade, tir à la carabine laser, cirque.

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Témoignage

« J’ai beau enseigner la savate boxe française depuis plusieurs années, j’avais un peu d’appréhension en arrivant à 8 heures au Stade Delaune. Est-ce que j’allais être à la hauteur ? Est-ce que je saurais m’adapter à chacun ? Deux jours auparavant, j’avais pris contact avec Mathieu Malaquin, le président de la section savate de l’USMA Saint-Ouen pour animer avec lui un atelier d’initiation lors du festival des pratiques partagées. Cet atelier me permettrait de valider une formation enseignement de la boxe française aux personnes en situation de handicap mis en place par le Comité départemental 94. Une nouveauté dans notre sport, qui peu à peu se tourne vers tous les publics.

Avec le café, Clément Rémond sert un petit briefing aux encadrants : « Les groupes sont constitués, certains se sont déjà rencontrés auparavant. Il y a tous types de handicaps. Le fil conducteur de chaque activité doit être le jeu. Les participants doivent tous ensemble jouer, être en situation de réussite, progresser et partager. »
Tarik de Noisy-le-Grand nous rejoint. A trois, ça devrait être suffisant pour douze à quatorze participants. Rapidement, nous nous mettons d’accord sur un plan de séance, échauffement, déplacement deux par deux, série d’exercices avec les gants… Il va falloir surveiller le temps, la séance ne dure que 40 minutes.

Le premier groupe arrive déjà. L’avantage de la savate, c’est qu’elle se pratique à deux : « Allez, chaque collégien invite quelqu’un de l’ESAT1, chaque duo dans son carré, on se présente et on commence ! » Tous jouent le jeu, ça tourne. Attention, Josiane n’a pas trop d’équilibre, je lui demande de ne pas lever la jambe aussi haut. Sylvia n’a pas trop de souffle et a du mal à suivre l’ado de 13 ans en face. Je demande au jeune de ralentir : « en boxe française, on s’adapte à son partenaire. »

L’adaptation, le mot clef pour intéresser des personnes en situation de handicap. Pas un handicap n’est semblable à l’autre et ce qui est vrai un jour ne l’est pas forcément le lendemain. L’autre sésame, c’est l’imagination. Tarik sort d’un grand sac fourni par la FSGT des casques customisés. Sur chacun d’eux est fixé sur le front un superbe Télétubbies en plastique qui fait « Pouet ! » quand on appuie dessus. « Le jeu, c’est de faire plus Pouet que son partenaire, pas besoin d’appuyer fort ! » explique Tarik. Idée lumineuse ! Tout le monde rigole à la vue des copains avec leur Télétubbies, personne n’a peur et on joue en appliquant la règle d’or de la boxe : toucher sans être touché.

Les groupes se succèdent, sans problème. Chacun prend en compte la personne en face, s’adapte, les jeunes font preuve d’une belle ouverture d’esprit et les grands gaillards de l’ESAT se baissent pour que les élèves de sixième atteignent leur Télétubbies. Les sourires viennent sous les casques, on entend de plus en plus de rires. Dommage que la pluie et la grêle nous aient interrompus, tout le monde s’amusait ! »

Georges Makowski

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