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Jimmy Vicaut, la vie à cent à l’heure

L’athlète du CA Montreuil dispute ce week-end les Championnats de France à Angers, sur 100 et 200m. Quelques semaines après avoir égalé son record d’Europe dans son jardin du stade Delbert et alors que s’annoncent des Jeux de Rio qu’il a cochés sur son agenda, Jimmy Vicaut se livre. Interview.

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Vous avez choisi de ne pas faire la saison hivernale pour préserver votre corps, souvent sujet aux blessures. Pour l’instant, cela semble être payant… Vous êtes en forme, comme le prouve votre meilleure performance mondiale de l’année à Montreuil début juin (9s86)...

« Exactement ! Mais je ne me blesse pas plus qu’un Christophe Lemaitre, c’est surtout les médias qui en parlent le plus ! D’ailleurs depuis presque un an je ne suis pas blessé ! »

L’année dernière a été un peu en dents de scie pour vous : des exploits, quand vous égalez le record d’Europe du 100m à Saint-Denis (9s86). Des déceptions relatives avec votre finale en 10s aux Mondiaux. Quel est l’objectif aux Jeux ? Une finale ?

« Ma saison est globalement bonne avec un record d’Europe à la clef, des belles victoires et une finale mondiale, évidemment on espère toujours la cerise sur le gâteau - une médaille - mais le sport n’est pas une science exacte. Je ne peux plus me cacher alors rendez-vous aux Europe (à Amsterdam, du 6 au 10 juillet) et aux JO pour rectifier cela ! »

Vous allez également disputer le 200m aux Championnats de France à Angers. Avez-vous l’ambition de doubler 100/200 aux Jeux ?

« Il plane une incertitude sur ce sujet. »

Le relais peut aussi être une de vos forces avec Christophe Lemaitre. A Londres, vous faites bronze. Comptez-vous vous entraîner spécifiquement à 4 pour rééditer cet exploit ?

« Des rassemblements relais en équipe de France sont prévus pour cela. Non pas spécifiquement à 4 car le collectif est plus grand que cela (une dizaine d’athlètes). Et l’équipe est faite en fonctions de nombreux paramètres (blessures, forme, niveau, technicité de chacun, méforme…) »

Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’athlétisme ? Avez-vous hésité avec autre chose, un autre sport, une autre passion ?

« Très jeune, j’ai bien remarqué que je me déplaçais plus vite que les autres … même les plus vieux ! Mon père n’a pas hésité à me prendre un licence. Et non, je n’ai jamais hésité avec autre chose : athlète pour toujours ! »

Ces derniers temps, les cas de dopage se multiplient dans l’athlétisme. Est-ce perturbant de ne jamais savoir avec certitude si le gars du couloir d’à côté triche ou ne triche pas ? Plaidez-vous pour un durcissement des sanctions en cas de contrôle positif ?

« Vous savez, dans notre société actuelle il y a des injustices partout, je suis respectueux et consciencieux, je m’applique à respecter tout le monde et je ne me parasite pas l’esprit à spéculer sur les autres.
Je suis pour une suspension à vie et un remboursement des primes, même si cela ne rend pas les médailles et les moments de bonheur volés... »

Depuis 2014, vous êtes fidèle au CA Montreuil. Evoluer dans un club de Seine-Saint-Denis, c’est important pour vous ?

« Oui c’est important et preuve en est : je viens de refaire mon record d’Europe dans ce département pour la 2ème fois ! »

Vous êtes né à Bondy et avez fait toute votre scolarité en Seine-Saint-Denis. C’est un département qui souffre souvent d’une image déformée dans certains médias, qui n’en retiennent que les problèmes sociaux – indéniables - mais qui passent sous silence le côté cosmopolite, jeune et dynamique de ce département. Pensez-vous que ce département puisse aussi être un atout pour obtenir les Jeux de 2024 ?

« L’image du 93 c’est la vôtre, celle des médias ! Vous écrivez ou parlez pour être vu ou lu donc il faut du sensationnel ! L’image des médias n’est pas le quotidien des habitants du 93. Après, c’est facile de comparer un département de plus d’1,5 millions d’habitants avec la Lozère qui n’a même pas 100 000 habitants ! Je ne vois jamais de sujet sur le 93 qui porterait sur l’insertion des jeunes par le sport dans notre société. Je sais que c’est moins racoleur qu’une agression mais c’est une réalité de mon quotidien. Je connais de nombreux sportifs - amateurs et pros - qui sont devenus stables grâce aux valeurs que véhicule le sport. Et pour répondre à votre question sur les JO, la réponse est évidente ! »

Propos recueillis par Christophe Lehousse

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Jimmy Vicaut en 5 dates

27 février 1992 - Naissance à Bondy
2012- Vice-champion d’Europe sur 100m à Helsinki
2012- Bronze sur le relais 4x100m pour ses premiers Jeux olympiques
juillet 2015- Co-recordman d’Europe à Saint-Denis en 9s86
7 juin 2016- Egale son record d’Europe à Montreuil

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