print
 

Jacky Evrard du Festival Côté court : « Utiliser tout l’espace de liberté du film court »

Il est le directeur du Ciné 104 et fondateur du festival Côté court, qui fait désormais autorité en matière de courts-métrages. Pour cette 24e édition, qui se déroulera du 10 au 20 juin 2015, Jacky Evrard et ses équipes ont une nouvelle fois dû trancher dans le vif en sélectionnant 51 œuvres sur 1250 envoyées. Interview.

JPEG - 38.8 ko

Sur quels critères opérez-vous votre sélection ?

« Le but d’une sélection, c’est premièrement de repérer les nouveaux talents. Sur ce point, on s’aperçoit qu’en 23 ans d’existence, on ne s’est pas trop trompés à Côté Court puisque de nombreux réalisateurs récompensés ici ont percé par la suite. Je pense à Eric Zonca (La vie rêvée des anges), Abderrahmane Sissako (Timbuktu) ou encore Alain Guiraudie (L’inconnu du lac), et dans la plus jeune génération, des gens comme Lucie Borleteau (actrice dans La fille du 14 juillet), Katell Quillévéré (Suzanne) ou Virgil Vernier (Mercuriales). Ensuite, on donne la préférence à des cinéastes qui vont vraiment utiliser cet espace de liberté qu’offre le film court. Il faut qu’ils fassent des propositions singulières, originales, et même qui vont un peu déranger, pourquoi pas ? »

Sans vous départir de votre neutralité de directeur artistique, quels sont vos coups de coeur personnels cette année ?

« Ca sent la question piège, ça. Les 26 films retenus dans la catégorie fictions portent de toute façon tous un projet de cinéma. Après, tous les goûts sont différents. Les miens vont peut-être me porter vers un film comme « Les Rues de Pantin » de Nicolas Leclere. C’est un réalisateur qu’on connaît déjà bien ici, qui habite justement Pantin. Dans son film de 59 minutes, à la limite du film court, il nous montre des personnages qui déambulent dans certains quartiers de Pantin, pas forcément les plus connus. Il revisite la ville d’une autre manière. Il y a aussi Antoine Desrosières et son court-métrage « Haramiste », qui traite des désirs d’adolescentes d’aujourd’hui. L’une est voilée, l’autre pas et elles discutent très librement des garçons, de l’amour. Le tout est porté par deux actrices absolument formidables. »

JPEG - 23.1 ko

extrait des "Rues de Pantin" de Nicolas Leclere

Qu’est-ce qu’un bon court-métrage selon vous ? Y a-t-il selon vous des codes du court métrage comme il y a des codes de la nouvelle ?

« C’est vrai qu’on n’est pas dans la même forme de récit. La définition du cinéma, qui veut que moins on en montre, mieux c’est, pour stimuler le pouvoir d’évocation du spectateur, est peut-être encore plus vraie dans le cas du film court. Il y a quelques années, la mode était à des films très courts, qui se concluaient par des pirouettes, un peu comme il existe des nouvelles à chute. Ce n’est pas trop le cas dans cette sélection : ici, on est plutôt dans des films qui posent un moment fictionnel, qui prennent le temps, malgré leur brièveté, de dérouler un vrai récit. »

Cette année, votre jury jeunes sera composé d’une classe relais du collège Jean-Jaurès de Pantin, des jeunes en décrochage scolaire...

« Oui , comme les deux dernières années du reste. Ca avait très bien fonctionné, donc on le reconduit. Ils sont accompagnés par une réalisatrice, Brigitte Perroto, qui durant l’année leur a fait voir des films, les a fait écrire, jusqu’au point de les inciter à faire leur propre film. Ils se déplaceront sur le festival deux fois pour établir leur palmarès. Le but est de leur faire retrouver confiance en eux-mêmes, de leur redonner un peu goût à la découverte. »

JPEG - 63.9 ko

extrait de "Haramiste" d’Antoine Desrosières

Cette année, deux Montreuillois, Thomas Cailley et Adèle Haenel, ont été récompensés pour le film « Les Combattants », « Timbuktu », produit par Sylvie Pialat, la présidente de l’association Côté Court, a reçu le César du meilleur film, on peut dire que le cinéma en Seine-Saint-Denis se porte bien non ?

« Oui, il n’y a d’ailleurs pas de raisons pour qu’il se porte mal, vu l’implication qu’on y met. Le cinéma en Seine-Saint-Denis est très vivant. Il y a un réseau de 21 salles publiques qui travaillent beaucoup en commun. Cinémas 93 fait un gros travail avec son programme « Collège au cinéma » qu’il propose aux collèges et le Département est aussi très présent à travers ses projets éducatifs ou son Aide au film court. Il y a un fort sentiment d’appartenance, de partage. Ponctuellement, sur une manifestation comme Côté court, nous essayons encore de dynamiser tout ça avec des initiatives comme le Pass jeunes réalisateurs qui, pour 20 euros, permet à de jeunes aspirants réalisateurs de suivre 5 ateliers pour apprendre l’écriture cinématographique et se faire un réseau. C’est par exemple de là que vient Yassine Qnia, un jeune réalisateur d’Aubervilliers qui a déjà fait plusieurs courts- métrages. Donc oui merci, le cinéma en Seine-Saint-Denis se porte bien »

Propos recueillis par Christophe Lehousse

Côté court 2014 > Ambiance ! from Festival Côté court on Vimeo.

« Côté court » court toujours

Du 10 au 20 juin, le festival de courts métrages, basé au Ciné 104 de Pantin mais qui rayonne aussi dans 6 autres salles en Seine-Saint-Denis, proposera encore de belles pépites. Parmi les 26 fictions en compétition, on voit apparaître quelques noms connus : Pierre Mazingarbe (« Ce qui me fait prendre le train »), Nadim Tabet et Karine Wehbé, déjà primés l’année dernière et qui présentent cette année « C’est la guerre en Syrie qui l’a tuée » sur les rapports compliqués entre Liban et Syrie. On est aussi intrigué par les propositions d’Isabelle Prim – l’histoire d’un souffleur au théâtre retrouvé mort parce qu’il pourrait être le véritable auteur de la pièce – ou d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux, qui nous montre une commande faite à un couple de photographes prestigieux qui dérape. A noter aussi les deux courts qui ont bénéficié de l’Aide au film court du Conseil départemental : « 6x6 », de Marine Feuillade et Pauline Lecomte, et « J’ai oublié » d’Eduardo Williams qui dépeint les errances poétiques de la jeunesse vietnamienne de Hanoï. La section « art expérimental » mettra quant à elle aux prises 25 autres œuvres. Côté court, moteur, action !

à lire aussi

Le monde sportif de Seine-Saint-Denis dessine ses Jeux

Jeudi 23 juin, le monde sportif de Seine-Saint-Denis a fait part de ses propositions pour animer le projet olympique Paris Seine-Saint-Denis 2024. Cette concertation s’inscrit dans une série d’ateliers conduits auprès de différents publics dans le département.


Journée olympique à Marville et signature d’une convention entre Paris et la Seine-Saint-Denis

600 jeunes étaient réunis au Parc Marville à La Courneuve pour la Journée olympique jeudi 23 juin. L’occasion pour la Seine-Saint-Denis et Paris de signer une convention pour participer pleinement aux transformations et au développement de leurs territoires à l’occasion des J.O de Paris 2024.


Jimmy Vicaut, la vie à cent à l’heure

L’athlète du CA Montreuil dispute ce week-end les Championnats de France à Angers, sur 100 et 200m. Quelques semaines après avoir égalé son record d’Europe dans son jardin du stade Delbert et alors que s’annoncent des Jeux de Rio qu’il a cochés sur son agenda, Jimmy Vicaut se livre. Interview.


Odyssée Jeunes 2016, des souvenirs plein la tête !

Grande nouveauté pour cette 7ème cérémonie de clôture à l’Académie Fratellini à Saint-Denis : un concours d’éloquence entre élèves est venu remplacer le traditionnel Carnet de voyage. Chaque classe a ainsi défendu ses couleurs par équipe à travers une performance orale originale et pleine d’humour.


Mathilde Johansson, parcours de haute volée

A 31 ans, après 12 ans de carrière au plus haut niveau et 11 participations à Roland-Garros, Mathilde Johansson, licenciée au Montfermeil Tennis 93, a raccroché la raquette. Retour sur une trajectoire de championne.

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 405