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Grand Corps Malade, envers et contre tout

Son concert avait été annulé par la mairie du Blanc-Mesnil, mais il a finalement bien eu lieu. Vendredi 12 juin 2015, Grand Corps Malade a slamé la tolérance, le respect et le vivre-ensemble, ses valeurs et celles de la République, au collège Jacqueline-de-Romilly, à l’invitation du président du Conseil départemental.

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Le clou de la soirée fut sans doute le dernier slam. En bon metteur en scène, Grand Corps Malade avait ménagé ses effets et s’était gardé un petit feu d’artifice final. Aussi, lorsque Rachid Amghar, figure militante du Blanc-Mesnil et connaissance du slameur, est monté sur scène pour chanter « Inch’ Allah » au côté de l’artiste, un petit frisson a parcouru l’assistance.

Prévu initialement le 21 mai au théâtre municipal, le concert de Grand Corps Malade au Blanc-Mesnil avait en effet été annulé par la mairie au prétexte que l’artiste avait l’intention de faire monter sur scène Rachid Amghar, la municipalité ayant plaidé la propagande politique.

Rien de tout cela au final, mais une belle chanson de rassemblement, « Inch’ Allah », plaidant pour le vivre-ensemble, la tolérance et la nécessité d’être unis face à l’obscurantisme.

Vendredi, sous le préau du collège Jacqueline-de-Romilly - qui n’avait encore jamais vu de concert de slam entre ses murs - quelque 300 personnes ont applaudi à tout rompre les textes inspirés et pétillants du slameur du Blanc-Mesnil, pas mécontent d’avoir « vaincu la censure ». Le concert en 5 photos.

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Chloé et Nikita sont étudiantes à Paris 8-Saint-Denis, Chloé en art, Nikita en gestion culturelle. « Les textes de Grand Corps Malade, c’est quelque chose qui nous parle, expliquent-elles en choeur. Son ode à Saint-Denis est vraiment émouvante. Nous qui sommes étudiantes là-bas, on s’y retrouve tout à fait ». Au passage, elles se félicitent qu’une alternative ait été trouvée pour que le concert se déroule comme prévu.

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Muriel est incollable sur Grand Corps Malade. Et pour cause, elle le connaît bien, elle qui a commencé le slam sur les scènes du Café culturel de Saint-Denis (hors les murs) à partir de 2009. Cette habitante d’Aubervilliers, qui ne loupe pas un concert en Ile-de-France de son ancien parrain de scène, s’est mobilisée pour dénoncer « la censure » dont il faisait l’objet. « Je ne vois pas la polémique, en plus sur un titre comme Inch’Allah qui défend le rassemblement », juge-t-elle.

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Pour Aïcha, c’était tout naturel d’être là. « Cette annulation, c’était lamentable », martèle cette habitante qui vit depuis 40 ans au Blanc-Mesnil et qui s’était déjà inscrite pour la première date de concert, finalement déprogrammée. « Et puis, j’aime bien les textes de Grand Corps Malade : à la différence d’autres, il n’a pas oublié d’où il vient », estime-t-elle.

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« Et si on chantait de toutes les couleurs... » Grand Corps Malade entonne avec Rachid Amghar, dit « Rachid Taxi » (en référence à une chanson que Grand Corps Malade lui a consacrée) le slam « Inch’ Allah », qui revendique une France unie dans la diversité. « Ce soir, on a vaincu la censure, grâce aux bonnes intentions des uns et des autres, se réjouit Grand Corps Malade. Puis, rigolard, il enchaîne : « j’ai déjà fait plein d’ateliers dans les collèges, mais c’est la première fois que j’y donne un concert entier ! »

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« Ce soir, c’est la liberté d’expression et de création qui se sont imposées ». Le président du Conseil départemental Stéphane Troussel, qui a invité le slameur à donner son concert dans un collège du Blanc-Mesnil en réponse à l’annulation de la première date de la part de la mairie, a rappelé l’importance de tenir bon face à la censure. « Il nous était insupportable que les valeurs de Grand Corps Malade – le respect des uns et des autres, quelles que soient leur origine et leurs croyances - qui sont aussi celles de la République et de la Seine-Saint-Denis soient baillonnées », a-t-il ajouté.

Christophe Lehousse

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