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En chiffres

Alors que la Seine-Saint-Denis est un département particulièrement dynamique en matière de création d’entreprises (3e département d’Île-de-France et 8e de France), seulement 23 % d’entreprises y sont créées par des femmes (contre 31 % en Île-de-France). Elles affichent cependant un meilleur taux de pérennité à 3 ans et créent proportionnellement davantage d’emplois que celles initiées par des hommes.

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L’analyse de Carine Camors
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Économiste et urbaniste à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (IAU).

« La part des femmes dans la création d’entreprises est assez faible en Seine-Saint-Denis. Les Séquano-dionysiennes ne représentent en effet que 7 % des Franciliennes créatrices d’entreprise et seulement 24 % des entreprises créées dans le département. C’est peu. Leurs entreprises sont en revanche un peu plus pérennes que celles des hommes. C’est une spécificité de la Seine-Saint-Denis, qu’on retrouve aussi à Paris et dans les Yvelines. Elles sont également à l’origine de 40 % des gains d’emploi des entreprises qui ont survécu au bout de 3 ans et qui se sont développées. Cela s’explique en partie parce que les femmes choisissent des secteurs plus viables, comme l’enseignement, la santé ou l’action sociale, alors que les hommes s’orientent majoritairement vers la construction ou le commerce.

L’enquête SINE 2010 réalisée par l’Insee ne nous permet pas d’expliquer cette sous-représentation mais fait néanmoins apparaître certains blocages. Globalement, les femmes semblent par exemple avoir moins le goût d’entreprendre et du risque que les hommes, recherchant plus la stabilité, un emploi en CDI. Dans les motivations exprimées à la création d’une entreprise, on retrouve chez les femmes comme chez les hommes une volonté d’indépendance, mais l’objectif d’assurer son propre emploi ressort de façon plus forte chez les femmes, alors que, pour les hommes, il y a davantage l’idée de relever un défi, de créer de l’emploi, etc. En Île-de-France, les deux tiers des femmes créatrices d’entreprise choisissent ainsi le statut d’autoentrepreneurs, créant leur propre emploi (activité principale pour la moitié d’entre elles, de complément pour l’autre moitié).

Les cheffes d’entreprise sont par ailleurs plus jeunes et plus diplômées que leurs homologues masculins, mais elles occupaient moins souvent un poste de cadre au moment de la création de l’entreprise. Une autre différence est qu’elles apparaissent moins expérimentées. Huit femmes sur 10 créent en effet pour la première fois une entreprise alors que les hommes en ont souvent déjà créé une, deux ou trois. Si un homme fait faillite, il va recommencer. Les femmes semblent davantage le vivre comme un échec et ne se relancent plus ensuite dans la création d’entreprise... »

Pour en savoir plus :
• Les femmes créent un tiers des entreprises en Île-de-France », Mars 2014
http://www.iau-idf.fr
• « Femmes actives dans les territoires d’Île-de-France 2013 » : http://www.iau-idf.fr
• « Une jeune entreprise sur trois crée de l’emploi en Île-de-France » : http://www.iau-idf.fr
• « Des créateurs en Île-de-France, diplômés et orientés vers les services aux entreprises » : http://www.insee.fr

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