Discours d’investiture de Stéphane Troussel

Discours d’investiture de Stéphane Troussel, Président du Conseil général prononcé le mardi 4 septembre 2012 en salle des séances de l’Hôtel du département à Bobigny.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, cher Claude,
Mesdames et messieurs les parlementaires, et permettez-moi d’adresser un salut amical particulier à mon complice politique depuis 20 ans, cher Daniel Goldberg,
Mesdames, Messieurs les conseillers régionaux,
Mesdames Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

C’est bien sûr avec une émotion particulière que je m’exprime devant vous, vous qui m’avez fait l’honneur de me désigner comme nouveau président du Conseil général.

Je remercie bien sur chacune et chacun des conseillers généraux du groupe socialiste, gauche citoyenne et Europe Écologie-Les Verts ainsi que les élus du groupe communiste, citoyen, Front de Gauche de la confiance qu’ils me témoignent en me confiant la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Permettez-moi d’adresser mes premiers mots à notre collègue Gilbert Roger, à son épouse Krystina que je remercie chaleureusement d’être parmi
nous aujourd’hui et qui pourra lui transmettre, pour lui dire, en votre nom, notre soutien amical, et pour lui souhaiter un prompt rétablissement.
Après avoir, pourquoi le cacher, craint le pire, les paroles que j’ai pu directement échanger avec Gilbert ces derniers jours et la combativité que nous lui connaissons me font espérer que nous pourrons le retrouver de nouveau à nos côtés dans quelques temps.

Je salue également et souhaite la bienvenue à notre nouvelle collègue, Danièle Marini, qui siège désormais à la place de Pascal Popelin, nouveau député, à qui j’adresse au nom de tous mes collègues un salut amical. Pascal a consacré au total 24 années à notre collectivité - dont 18 comme élu de cette assemblée - et n’a eu de cesse d’agir pour notre département. Merci Pascal pour cet engagement. Nous continuerons bien entendu à travailler ensemble, mais différemment.

Je salue les élus des deux groupes de l’opposition celui de l’UMP et celui du Centre et des Républicains et je veux leur dire toute ma disponibilité pour trouver les moyens de les associer à notre travail pour peu qu’ils le souhaitent, mais j’y reviendrai.

Faire de la politique, c’est d’abord choisir de s’engager. Les convictions et l’engagement politique ne sont jamais le fruit du hasard, ils se forgent au contact des lieux que l’on fréquente, des gens que l’on rencontre.
La fierté que je ressens aujourd’hui n’est pas une fierté personnelle, c’est la reconnaissance de tous ceux qui m’ont permis de devenir ce que je suis.

Mon parcours, c’est d’abord celui d’un enfant de La Courneuve, d’un gamin de la barre Ravel aujourd’hui disparue. C’est à La Courneuve que j’ai grandi, à La Courneuve que j’ai construit mes engagements, à La Courneuve où, comme élu, j’agis quotidiennement au service de l’intérêt général et des habitants, à La Courneuve où j’ai choisi de vivre avec ma famille, mes 2 enfants et ma compagne. C’est là que j’y ai forgé mes convictions, y ai puisé l’énergie, y ai fait les rencontres qui me permettent aujourd’hui d’être là, devant vous, prêt à assumer la fonction que vous venez de me confier.

Mon parcours, c’est aussi celui d’un enfant de l’école publique qui a eu la chance de trouver sur son chemin des professeurs soucieux de transmettre bien sûr la connaissance, mais aussi de former un citoyen aux valeurs de la République. Je sais combien l’école peut être un lieu où se jouent des vies entières. Le calendrier fait coïncider mon élection et la rentrée des classes. Plus qu’un clin d’œil, voyez-y ma volonté de toujours faire de l’éducation une priorité.

Mon parcours, c’est celui d’un enfant d’une famille pour laquelle la liberté, l’égalité et la fraternité n’étaient pas qu’une devise, et où le service public, notamment local, déjà local, n’était pas un vain mot : tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, moi si. J’y ai gagné des valeurs de solidarité, de justice et de combativité qui irriguent l’histoire et l’âme de notre département.

Mon parcours c’est enfin celui d’un militant, associatif puis politique, qui a partagé avec des camarades des combats collectifs au nom de l’intérêt général, de l’égalité et de la justice. Depuis les mobilisations étudiantes des années 1980 jusqu’aux mandats politiques locaux, en passant par l’engagement anti-raciste, j’ai toujours trouvé à mes côtés des hommes et des femmes qui m’ont donné envie de poursuivre et qui ont fait de mon engagement pour ce département une passion et un plaisir. Je veux aujourd’hui leur exprimer ma profonde gratitude, certains sont dans la salle. Sans eux je ne serai pas là aujourd’hui.

La Seine-Saint-Denis m’a tout donné, je m’efforcerai de lui rendre au moins autant, et j’espère plus, avec une passion et une énergie toujours intactes. C’est parce que je sais précisément d’où je viens que je sais aussi très précisément où je veux aller.

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Succéder à Claude Bartolone dans cette fonction de président du Conseil général, c’est bien sûr un honneur, mais c’est aussi une exigence supplémentaire. Depuis 2008, Claude a su impulser de grands chantiers pour notre département, il a su faire entendre la Seine-Saint-Denis autrement que pour de mauvaises raisons. Nous avons mené avec lui des combats majeurs : budget de révolte, culture en danger, emprunts toxiques, mineurs isolés. Nous avons lancé de grandes politiques qui changent et vont encore changer le quotidien des habitants de notre département : le Plan de relance des modes d’accueil pour la Petite Enfance, le développement des arts et de la culture aux collèges, le plan exceptionnel d’investissement pour les collèges qui va nous permettre d’inaugurer 17 nouveaux établissements d’ici 2015. Nous avons avec Claude Bartolone voulu remettre la Seine-Saint-Denis au premier plan pour combattre l’image caricaturale qu’il est si facile de lui coller quand on ne la connaît pas. Pour sortir la Seine-Saint-Denis de la colonne des faits divers. Pour montrer au pays que les quartiers populaires sont une solution pour le pays tout entier et non un problème. Car c’est ici, en Seine-Saint-Denis, que se trouvent les ressources pour l’avenir : une jeunesse prête à se mobiliser pour peu qu’on lui en donne les moyens, des espaces pour construire, vivre et travailler. Il faut rebâtir entre la Seine-Saint-Denis et la République une confiance trop souvent écornée par des années d’incompréhension réciproque. Redonner à ce département et à ses habitants leur fierté et leur dignité, c’est certes agir pour le présent mais c’est aussi construire l’avenir de la Nation tout entière.

Claude Bartolone et moi, nous nous connaissons depuis près de 20 ans, quand je suis devenu jeune adhérent du Parti socialiste, où j’ai découvert alors la personnalité au fort tempérament et le militant politique. Ton histoire personnelle, Claude et ton parcours politique sont, pour un responsable de ma génération, un exemple, une source d’inspiration.
Nous avons peu à peu établi une relation de confiance et d’amitié, faite d’exigences, de valeurs partagées, de combats communs et de la même passion pour ce département.

Au moment où tu quittes tes fonctions de président du Conseil général, sois assuré, cher Claude, de ma détermination personnelle et de notre volonté collective de poursuivre l’œuvre entreprise pour notre département. Nous avons été élus sur un même programme, guidés par une même soif de justice et d’égalité, par une préférence pour l’action plutôt que la lamentation. Ton élection comme président de l’Assemblée nationale sonne aussi comme une reconnaissance pour notre département et pour le travail que tu as accompli, que nous avons accompli à tes côtés. Et comme nous avons pour la Seine-Saint-Denis ce même attachement viscéral, cette même passion, je sais que tu continueras à regarder de près ce qui s’y passe. Je te dis d’ailleurs : nous comptons sur toi. Merci.

Je suis membre élu de cette assemblée départementale depuis 2004. J’y ai exercé avec constance différentes fonctions, vice-président au logement et président de l’OPH 93, président du groupe socialiste et gauche citoyenne puis, depuis 2011,1er vice-président. Ces différentes fonctions et les actions que j’ai menées au service de notre département m’ont préparé à assumer la mission de président de l’Assemblée départementale que vous venez de me confier.

Aujourd’hui je suis prêt. Prêt à remplir ce rôle avec détermination et enthousiasme, en y consacrant toute mon énergie. Je continuerai avec sérieux et ambition ce que nous avons commencé ensemble depuis 2008, avec mon caractère, mon style, ma propre vision des choses, mais aussi en prenant en considération l’aggravation de la crise et le contexte politique nouveau au niveau national. Nous devrons continuer certes, mais aussi adapter notre action à la situation présente. Et continuer, ce n’est pas imiter.

Faire de la politique, c’est aussi refuser toute forme de fatalité, c’est préférer agir plutôt que de subir. Je prends aujourd’hui mes fonctions avec la pleine lucidité des défis qui attendent notre territoire. Sans optimisme naïf ni pessimisme résigné, mais avec détermination. Car j’ai la conviction que la Seine-Saint-Denis n’est pas un département comme les autres.

Je veux un département sérieux et ambitieux car sans sérieux, rien n’est possible, et sans ambition rien ne change !
Notre département est un territoire de contrastes. Ici plus que partout ailleurs nous savons ce que signifient les difficultés et les inégalités, les souffrances même trop souvent. Elles ne manquent pas et il serait absurde de vouloir les nier : c’est l’insécurité qui touche d’abord les plus faibles et qui sape l’édifice républicain dans les quartiers populaires ; c’est le déficit de formation et les difficultés scolaires qui conduisent trop souvent les jeunes au chômage et à l’exclusion ; ce sont les inégalités face à la santé qui voient se créer des déserts médicaux aux portes de la capitale. Et puis c’est évidemment le trop lourd tribut que nous payons à une crise dont les victimes ne sont pas les responsables. Cette crise mondiale et européenne, nous y sommes encore plongés et nous n’en sortirons pas du jour au lendemain. Je suis d’ailleurs extrêmement préoccupé comme vous tous ici par la situation de l’emploi, dans le pays avec le franchissement de la barre des 3 millions de chômeurs, mais aussi dans notre département, très durement touché. Il nous faudra donc à la fois répondre aux urgences sociales en accompagnant ceux qui en subissent les effets et préparer l’avenir.

Le choc terrible que subissent en ce moment les salariés de l’usine PSA d’Aulnay et leurs familles en est le symptôme le plus violent. Je tiens à leur réaffirmer notre soutien et à les assurer que nous serons à leurs côtés dans le combat pour l’emploi et pour le maintien de l’industrie. Il n’est pas acceptable que soit privilégiée la spéculation foncière au détriment de l’emploi industriel et du développement économique. J’avais dès le 12 juillet, au nom du président du Conseil général d’alors, indiqué qu’il nous faudrait prendre des initiatives.

Je connais également la demande formulée par Gilles Garnier dans un courrier du 16 juillet à Claude Bartolone de réunir les élus de notre assemblée. Je vous propose de traduire cette volonté commune des élus de la majorité départementale en faisant de la journée du 13 septembre une journée PSA en Seine-Saint-Denis. Je convierai à cette date tous les conseillers généraux pour une réunion exceptionnelle le matin du 13 septembre afin de débattre de cette situation dramatique et de déterminer les actions à mener par le Conseil général, en lien avec l’ensemble des collectivités et en particulier la ville d’Aulnay qui organise le soir même du 13 septembre une séance extraordinaire de son conseil municipal. Je ferai à cette occasion des propositions concrètes afin de mobiliser les moyens du Département pour agir face à cette situation.
Il y a là un sujet qui doit dépasser nos clivages partisans et je souhaite que chacun, chacune – dans la majorité comme dans l’opposition - puisse prendre toute sa place et que nous nous rassemblions largement dans ce combat pour l’emploi et l’avenir industriel de notre territoire.

Contrastes disais-je parce qu’ici plus que partout ailleurs nous voyons aussi se construire la métropole de demain. La Seine-Saint-Denis, c’est une terre d’innovation, de création économique et culturelle, d’aménagement, où s’invente et se construit la ville intense et durable. Demain, elle sera plus encore au cœur du développement de la région avec le réseau de transports du Grand Paris : il est indispensable que la double boucle pour laquelle nous nous sommes tant battus ne reste pas à l’état de tracé, mais soit prioritaire dans la réalisation du schéma de transports. Plusieurs étapes ont déjà été franchies. Il nous faudra rester mobilisés pour que ce beau projet devienne une réalité concrète. Mais nul ne doute que ce Grand Paris, qu’il ne faut d’ailleurs pas réduire aux transports, ne pourra pas exister sans la Seine-Saint-Denis.

Ici plus que partout ailleurs nous avons les ferments de la France de demain. Nous avons une jeunesse qui ne demande qu’à réussir pour peu qu’on l’accompagne et qu’on lui donne la place qui lui revient. Elle est un gage de dynamisme, de créativité, d’enthousiasme : il faut répondre à ses impatiences et à ses exigences légitimes. Comment notre pays pourrait-il s’en désintéresser sans commettre une grave erreur, alors que tant de régions et de pays européens s’inquiètent de leur vieillissement ? Nous sommes un département-monde, mêlant les origines, les nationalités, les couleurs de peau, les langues, les religions : notre identité est diverse. C’est évidemment une richesse à condition de ne pas laisser s’ériger des murs, plus ou moins visibles, qui enferment, qui déclassent, qui rongent à petit feu, lentement mais sûrement, et qui finissent par ébranler les fondements même de notre contrat social républicain.

Je ferai de la lutte contre les discriminations une priorité forte de mon action. Je vous proposerai l’élaboration rapide d’un plan départemental pour l’égalité et de lutte contre toutes les formes de discrimination.
Ce n’est donc pas par hasard si les électeurs de notre département ont exprimé plus que partout ailleurs lors de l’élection présidentielle et des élections législatives leur envie de changement, leur besoin de changement, leur exigence de changement. Les attentes sont trop fortes pour que nous puissions les décevoir. Les promesses républicaines ne sont pas faites pour être récitées comme des mots creux, elles sont faites pour être tenues.

À cet égard, c’est ici, en Seine-Saint-Denis, que se jouera aussi la réussite de l’action menée par la nouvelle majorité autour du président de la République et du Premier ministre. La Seine-Saint-Denis doit être considérée comme une priorité pour le pays. Les mesures annoncées par le gouvernement - la priorité à l’éducation, la création des zones prioritaires de sécurité, la mise en place des emplois d’avenir pour les jeunes ou du contrat de génération pour les jeunes et les séniors, le renforcement de la loi SRU et la mise à disposition de terrains pour y construire des logements accessibles, devront contribuer à changer concrètement la vie des habitants de la Seine-Saint-Denis.
Face à ses nombreux défis, le Conseil général prendra toute sa place. Il doit s’affirmer pleinement comme la collectivité de la justice et de l’égalité territoriale. J’entends parfois parler de la Seine-Saint-Denis comme d’un laboratoire. Autant vous dire que je n’aime pas beaucoup cette image : les habitants de la Seine-Saint-Denis ne sont pas des cobayes sur lesquels on testerait tel ou tel dispositif. En revanche, je crois en notre propre créativité, en notre intelligence collective, en notre capacité à inventer nous-mêmes les solutions qui améliorent les conditions de vie des habitants et qui préparent l’avenir, sans tout attendre de l’extérieur.

Cette volonté de nous saisir à pleine main de notre propre destin, voilà ce qui doit guider l’action de notre collectivité. Ce sera là le fil conducteur de mon action et de celle de l’équipe que je vais animer. Notre collectivité a su être innovante à de nombreuses reprises. Elle l’est quand elle imagine le collège de demain, plus ouvert, plus agréable, plus adapté aux besoins des élèves. Elle l’est quand elle lutte contre l’exclusion scolaire. Elle l’est quand elle développe une action culturelle reconnue de longue date et quand elle fait massivement entrer la culture dans les collèges. Elle l’est quand elle lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes. Elle l’est quand elle fait de l’écologie urbaine une de ses marques de fabrique. Et d’ailleurs, j’en profite pour prévenir nos amis, nouveaux ministres, adeptes des visites en Seine Saint-Denis : j’entends bien que ces visites ministérielles ne soient pas destinées seulement à mettre en valeur le ou la ministre mais surtout qu’elles mettent en valeur cette Seine-Saint-Denis qui crée, qui invente, qui innove, et que ces visites nous permettent d’étendre, de généraliser, des dispositifs ou des actions réussis.

Innovants, nous devons continuer à l’être. Et si je me réjouis de l’abandon de la réforme territoriale voulue par la droite, qui caricaturait l’action des collectivités et n’avait comme seule ambition que l’affaiblissement des services publics locaux, c’est parce que je crois fermement à l’utilité du Conseil général comme un maillon essentiel de la cohésion sociale et de l’égalité des territoires. Le président de la République a souhaité ouvrir une nouvelle étape de la décentralisation et renouer un nouveau pacte de confiance avec les collectivités locales. Je souscris pleinement à cette ambition salutaire, tant la relation entre l’État et les collectivités locales a été dégradée par l’action du précédent gouvernement, au détriment de leur rôle au service des populations de leur territoire. Dans cet acte III de la décentralisation, c’est à nous d’inventer le Conseil général de demain. Et je veux que nous nous saisissions collectivement de cette occasion pour imaginer ce que doit être demain notre collectivité. Qui le fera sinon nous ? Rien ne serait pire que d’attendre passivement de l’État des solutions miracles. Mais disons le clairement, rien ne sera possible si les règles du jeu des relations - en particulier financières - entre l’État et le département ne sont pas revues en profondeur. On ne peut pas demander au département d’agir en matière d’insertion, de solidarité, d’éducation, d’aménagement du territoire sans lui donner les moyens d’accomplir ses missions de service public et d’investir pour le territoire. Je continuerai avec la plus grande détermination le combat que nous menons pour obtenir enfin des moyens à la hauteur des enjeux que nous avons à affronter. Il ne s’agit pas de quémander, mais simplement de rétablir les conditions d’une véritable justice territoriale.

La situation budgétaire de notre collectivité devient chaque année un peu plus difficile. Il faut casser l’asphyxie structurelle à laquelle nous condamne irrémédiablement le système actuel, malgré tout le sérieux que nous mettons dans notre gestion de l’argent public et dans l’assainissement des finances départementales. Sur cette question fondamentale, cruciale, la Seine-Saint-Denis ne se taira pas et j’entends demain comme hier être son porte-voix, y compris auprès de mes amis politiques.
C’est le message que je porterai dès la fin de ce mois en votre nom à tous à l’occasion du Congrès de l’Assemblée des Départements de France.

Si le Conseil Général ne devait être progressivement réduit qu’à un guichet déconcentré de distribution des aides sociales, alors disons le, pourquoi s’encombrer des élus et de la démocratie locale ? Je suis lucide sur l’état des finances publiques laissées au gouvernement actuel après 10 années de dérives et de facilités accordées aux plus favorisés, et il ne s’agit pas de se contenter de réclamer indéfiniment le solde du passé, mais je veux obtenir des garanties pour l’avenir.

Le financement de la solidarité nationale ne peut pas être garanti uniquement par des ressources locales. Comment comprendre et accepter que le RSA, l’APA ou la PCH destinés aux personnes les plus en difficulté soient payés par celles qui le sont un peu moins ? Il faut retrouver une plus grande part de financement national de ce qui relève de la solidarité nationale. Cela signifie aussi que les Départements doivent retrouver une plus grande autonomie fiscale qui leur permette d’investir et de faire de véritables choix d‘actions publiques.
On ne peut pas avoir de politique d’investissement sans une part suffisante de ressources maîtrisées et pérennes.

Enfin, au sein de notre région, l’une des plus riches d’Europe, la répartition des ressources doit être revue en fonction des besoins, de la réalité des dépenses et du potentiel fiscal. Je souhaite que des solutions de péréquations significatives soient trouvées au sein de l’Ile-de-France pour en finir avec cette situation insupportable qui voit coexister au sein de la région la plus riche d’Europe des concentrations de richesses et des îlots de relégation. Je reprends entièrement à mon compte la formule du candidat François Hollande et je dis au désormais président de la République : puisque Neuilly doit payer pour Bobigny, les Hauts-de-Seine devront aussi payer pour la Seine-Saint-Denis.
Il ne saurait y avoir de justice sociale sans justice territoriale et le Département est, j’en suis convaincu, une échelle pertinente d’action.

Bien sûr, nous aurons nous-mêmes à regarder sans tabous, nos propres politiques. Il nous faudra à l’évidence redéfinir certaines de nos priorités pour accroître notre efficacité sur ce qui est au cœur de nos préoccupations et de nos compétences.
C’est pourquoi, l’adoption à l’issue d’un débat que je veux le plus large possible de nos quatre projets stratégiques - le projet éducatif départemental ; le projet social départemental ; le projet d’écologie urbaine ; le projet d’aménagement et de développement métropolitain - sera l’occasion de réaffirmer et redéfinir les priorités de notre projet départemental.

Plus que jamais nous nous devons de faire la preuve par l’action de notre utilité. Il nous faudra également poursuivre les efforts entrepris pour trouver en notre sein des ressources complémentaires, alors même que la situation budgétaire du Département reste préoccupante. Mais c’est là aussi le prix de notre crédibilité.

Dans les prochaines semaines, je profiterai donc de la grande concertation lancée par le président du Sénat Jean-Pierre Bel et des échanges ouverts dans le cadre de l’élaboration de cet acte III de la décentralisation pour initier à l’échelle de notre territoire un débat sur la place et le rôle du Conseil général dans cette démocratie locale renouvelée. Je proposerai dans un souci d’ouverture à toutes les composantes de notre Assemblée départementale d’organiser à mes côtés cette mobilisation, autour des trois thématiques que sont nos moyens d’action, nos compétences, et notre fonctionnement démocratique.

Faire de la politique enfin, c’est croire en l’action collective. J’ai toujours été convaincu qu’on ne réussit pas les grands projets en solitaire. Comme président du Conseil général, j’aurai à cœur de mobiliser toutes les énergies prêtes à agir au service de notre territoire.
Les membres de notre Assemblée départementale d’abord, vous toutes et vous tous qui êtes présents cet après-midi. Présider le Conseil général, cela ne veut pas dire décider tout seul. Cela veut dire faire vivre au quotidien dans toutes nos instances la collégialité et le débat démocratique.
Cela veut dire animer une équipe en chef d’orchestre : pour réussir une harmonie, il ne suffit pas de jouer fort, il faut jouer juste. Au-delà des différences politiques que nous avons, je sais que nous sommes tous attachés à la réussite de notre département. Je sais que je pourrai m’appuyer sur un exécutif d’une grande qualité et sur des élus d’expérience. Cette assemblée doit aussi être un lieu d’ouverture et de débat, surtout si les critiques se veulent constructives. Je le dis tant à mes collègues de la majorité dans sa diversité que de l’opposition. Je proposerai aux présidents de groupe, de la majorité comme de l’opposition, que se réunisse rapidement un groupe de travail afin de réfléchir à ce que pourraient être ces modalités nouvelles de fonctionnement.

Les forces vives de notre territoire ensuite. Et je sais qu’elles sont nombreuses : les communes, les agglomérations, les associations, les citoyens engagés, les organisations professionnelles, toutes celles et tous ceux qui ont la Seine-Saint-Denis au cœur. Je crois à la société mobilisée.
Comme président du Conseil général, je me tiendrai à leurs côtés et donnerai la possibilité à tous les acteurs du département qui le veulent d’agir concrètement pour être des acteurs du changement et construire l’avenir.

Les agents des services départementaux enfin. Je veux à cet instant leur rendre un hommage appuyé, les remercier tout particulièrement et leur témoigner toute ma confiance. Depuis que je siège et que j’exerce des responsabilités au sein du Conseil général, y compris quand j’ai eu à présider les instances paritaires de notre collectivité, j’ai pu mesurer à de nombreuses occasions leurs compétences, leur dévouement, leur souci de contribuer à l’amélioration du quotidien, dans des conditions parfois difficiles. Je sais que sans eux, sans leur mobilisation, sans leur énergie quotidiennement déployée au service des habitants de notre territoire, rien ne sera possible. Ils sont l’âme des services publics locaux qui œuvrent, sur le terrain, pour maintenir la cohésion sociale et territoriale qui guide notre action.

Obtenir une meilleure répartition des ressources, c’est aussi pouvoir donner aux personnels du Département les moyens d’assurer leurs missions dans de bonnes conditions, et leur permettre ainsi d’être encore plus utiles pour les habitants de la Seine-Saint-Denis.

Mesdames, Messieurs,
j’en arrive au terme de mon propos.
La Seine-Saint-Denis ne se plaint pas. Nous avons seulement une exigence - l’égalité républicaine et une détermination : faire reconnaître ce que la Seine Saint-Denis apporte d’ores et déjà au pays tout entier.

Lorsque la Seine-Saint-Denis et ses habitants sont fragilisés, c’est le pays tout entier qui s’affaiblit.
Quand les bus ne démarrent pas à Clichy-sous-Bois, c’est la Défense qui est en retard.
Je veux démontrer que lorsque l’on ne permet pas à la Seine Saint-Denis de déployer toute sa force, ce n’est pas seulement une faute morale envers ses habitants, c’est la métropole francilienne, le pays tout entier qui se privent de capacités de redressement collectif.

Car j’ai la conviction que c’est ici que ça se passe pour l’ensemble du pays, que c’est ici que cela se joue pour l’avenir de la République.
C’est cette exigence et cette détermination que je veux vous faire partager. C’est ce à quoi collectivement, je nous engage et je nous souhaite de contribuer tous ensemble.
Je vous remercie.

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