print
 

Des pistes pour le collège du futur

« Il est enfin proposé que dans le cadre des constructions neuves et des reconstructions, une réflexion s’engage pour créer un collège à vocation expérimentale » annonce le rapport sur le plan Ambition collèges 2020 soumis au vote du Conseil général le 27 novembre. Saadia Bouy Sahali, Directrice déléguée au service de l’éducation et de la jeunesse, nous présente les pistes suivies pour construire ce collège du futur.

Pourquoi construire un collège expérimental ?
La loi Fillon de 2005 ouvre la possibilité, à condition d’avoir l’autorisation de l’académie, d’ouvrir des collèges expérimentaux. Pour l’instant, il existe 11 collèges de la sorte réunis dans la Fédération des établissements scolaires publics innovants. En Seine-Saint-Denis, nous sommes confrontés à un grand nombre d’élèves en grande difficulté. Pour eux, se retrouver dans des classes où l’enseignement est identique pour tous est d’une grande violence, car ils se retrouvent en échec. Nous avons besoins de lieux où l’enseignement est plus individualisé, et mette la réussite à la portée de tous.

Y’a-t-il des collèges dont vous voulez suivre l’exemple ?
Le collège-lycée d’Hérouville-Saint-Clair qui fête ses trente deux ans d’existence, reste un modèle en la matière. Le Département a mis en place depuis plusieurs années des éléments innovants qui répondent aux objectifs du « collège expérimental”, aussi bien sur la partie éducative que technique.

Le sixième collège d’Aubervilliers s’inscrira dans cette démarche expérimentale. En effet une équipe d’enseignants de la commune réfléchissait depuis plusieurs années à ce projet et nous avons décidé de l’intégrer dans notre programme dans la phase concours de ce collège qui figurait dans le Plan Exceptionnel d’investissement 2010-2015.

Dans le cadre d’Ambition Collèges 2020, nous comptons aller encore plus loin dans la mise en œuvre de ce projet de « collège expérimental » ou « collège optimal » : en travaillant sur des rythmes adaptés selon les niveaux, sur le suivi individualisé et l’autonomie des élèves, sur les classes qui deviennent des groupes de référence multi-âges etc. En résumé sur toutes les pratiques pédagogiques innovantes que nous devrons prendre en compte dans la conception et la réalisation du collège.
Le collège expérimental sera de dimension réduite, 600 élèves divisés en « maisons » de 150 élèves chacune par niveau, avec des salles pouvant accueillir les nouveaux dispositifs pédagogiques et notamment des salles pour les enseignants permettant le travail en équipe. Dans chaque maison, des espaces modulables seront aménagés pour l’épanouissement de chacun : une salle pour se réunir en conseil, un coin jardin, un foyer pour les élèves, un openspace pour l’administration, des « low-studio » pour accueillir le travail des élèves en autonomie, par deux ou trois.

Dans l’idée des fondateurs de ce collège, chaque salle doit avoir des tables sur roulettes pour pouvoir changer l’organisation de l’espace en fonction de l’activité, un espace bibliothèque, un espace bricolage recyclage, un point d’eau, un espace informatique... Tout doit être fait pour faciliter un va-et-vient entre les savoirs théoriques et les savoirs pratiques. Le collège devra aussi contenir un amphithéâtre pour accueillir les pédagogies alternatives (qui sont du ressort de l’Education nationale elle-même). L’idée serait que les temps scolaires soient revus, comme en primaire, et que l’après-midi soit consacrée à des ateliers pédagogiques, où par exemple, on étudierait les œuvres de Molière en les jouant sur scène. C’est déjà le cas, par exemple, au collège international à Noisy-le-Grand, axé sur la découverte des langues et des civilisations, où les cours durent 45 minutes au lieu de 50, et où l’après-midi est consacrée à des activités citoyennes, culturelles ou sportives.

Avez-vous déjà lancé le processus d’élaboration de ce futur collège ?
Nous sommes au tout début du travail, mais nous avons déjà initié un travail avec Jean-Marc Merriaux, Directeur général du Réseau Canopée (le réseau de création et d’accompagnement pédagogique) qui met en œuvre un travail d’innovations pédagogiques partagées, notamment dans le domaine du numérique. La réflexion est aussi engagée avec Jérôme Saltet, fondateur de l’entreprise Playbac, auteur du jeu Les Incollables et du journal « Mon Petit Quotidien », sur cette question du collège de demain sur laquelle il a écrit un ouvrage. Nous travaillons enfin bien entendu sur ce sujet aussi en étroite collaboration avec la DEGESCO et la DSDEN.
Elsa Dupré

à lire aussi

Le numérique dans les collèges

« Le numérique va bouleverser les relations entre profs, élèves, parents et administration... dans le bon sens ! »


Développer l’accueil des élèves porteurs de handicap

Sophie Genu-Saed, adjointe au chef de service relation avec les collèges du Conseil général détaille l’action du plan Ambition collèges 2020 en ce qui concerne le handicap.


La Seine-Saint-Denis : attractivité et dynamisme démographique

Un taux de natalité élevé et une attractivité très forte expliquent la nécessité de créer 10 nouveaux collèges dans le département.


Ambition collèges 2020 : rentrée 2015

Le Conseil général a voté le 27 novembre dernier le plan « Ambition collèges 2020 ». Il prévoit 80 collèges rénovés, 10 nouveaux collèges construits ou reconstruits, un plan numérique, de nouveaux équipements sportifs d’ici 2020.