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Des livres à soi, des livres chez soi

Cette expérience inédite est le fruit d’un constat simple : beaucoup d’enfants ne possèdent ni livres, ni bibliothèque. Or, si le livre n’a pas sa place, son temps au sein de la famille, il a moins de chance d’exister dans le quotidien et la pratique d’un enfant. Le fait d’avoir des livres à soi, des livres chez soi, des livres que l’on a choisis, qui nous sont destinés, peut être un élément déterminant pour créer le déclic de la lecture et l’installer dans une pratique régulière.

Le projet « Des livres à soi, des livres chez soi », mené à Clichy-sous-Bois par l’École du livre de jeunesse depuis septembre 2013, se clôturera samedi 12 avril à 16h, salle Charlotte Petit (Place du 11 novembre).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Salon du livre et de la presse jeunesse, dont le principal soutien est le Conseil Général de la Seine-saint-Denis

Des livres à soi

18 familles issues d’un même quartier de Clichy-sous-Bois ont pris part au projet. Tout au long de l’année, elles ont découvert la diversité de la littérature de jeunesse au cours d’ateliers animés par une médiatrice de l’École en lien avec les acteurs de la ville (bibliothèque, PMI et centre social). Dans un second temps, elles ont pu choisir et acquérir des livres, pour et avec leurs enfants, lors de visites organisées en librairie.

Des livres chez soi

La fête de clôture du 12 avril sera l’occasion remettre à chaque famille un exemplaire de la bibliothèque (fonctionnelle et de petite taille) spécialement imaginée par A+A Cooren design studio. Celle-ci permettra d’installer durablement les livres et des temps de lecture au sein de chaque foyer. Cette première expérience a suscité une implication et un véritable enthousiasme de la part des familles accompagnées. C’est pourquoi l’École souhaite réitérer et étendre cette action à plus grande échelle et recherche de nouveaux partenariats pour mener à bien ce projet.

Pourquoi ce projet ?

Selon l’enquête de l’Observatoire des inégalités, publiée en 2008 et révisée en 2013, un tiers de la population de plus de 15 ans ne lit aucun livre. Les écarts entre les catégories sociales sont importants : 45 % des ouvriers ne lisent pas de livres contre 10 % des cadres supérieurs. L’exemple de la lecture montre une nouvelle fois que les inégalités d’accès à la culture entre catégories sociales dépendent du niveau de vie, du milieu familial, du capital culturel, du diplôme, de la maîtrise de la langue et de l’écrit. Ces inégalités se forment dès la petite enfance c’est pourquoi le projet « Des livres à soi, des livres chez soi » s’est adressé à des familles composées d’enfants de tous âges.

Les activités des familles

De concert avec les acteurs locaux (le Centre social de l’Orange bleue, la PMI du Chêne Pointu, la bibliothèque Cyrano de Bergerac et l’Espace 93), 18 familles se sont donc vues proposer de participer à ce projet. Les volontaires ont assisté à 14 ateliers organisés par une médiatrice du livre de jeunesse détachée par l’École. Ces séances ont eu pour but de sensibiliser les familles et d’enrichir leurs connaissances sur la multitude des genres littéraires destinés aux enfants.

« À mon sens, c’est d’abord cette diversité qui fait de la littérature jeunesse un bon
vecteur de lutte contre les inégalités d’accès à la culture. Le rapport à la lecture est très personnel, la diversité des livres, des univers, des imaginaires, mais aussi des formes est attractive pour des enfants aux parcours, aux sensibilités, aux cultures, aux attentes ou aux réticences tout aussi différentes. »

Sylvie Vassallo (Directrice du Salon)

Parallèlement, des temps d’achats ont également été mis en place. Le premier, à l’occasion du Salon, a pu donner aux familles une idée de la diversité de la production et de les inviter à faire un choix personnel. En février, une deuxième vague d’achats a été réalisée dans une librairie indépendante de Seine-Saint-Denis (Folies d’encre). Après plusieurs mois, le projet a permis d’accroître l’intérêt des parents envers les lectures de leurs enfants. Les retours se sont avérés particulièrement probants et positifs sur l’importance que revêt la mise en relation des familles avec les livres.

La bibliothèque

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"Le projet s’appuie sur une observation simple : beaucoup d’enfants n’ont pas de livres, ni de bibliothèque ou d’endroit pour s’installer. Si le livre n’a pas un espace et un temps dédiés, il est peu probable qu’il trouve sa place dans le quotidien de l’enfant. Plus on a de livres à la maison, plus on a de chance d’en lire… Avoir des livres chez soi, que l’on a choisis et qui nous appartiennent est un élément crucial dans le développement d’une pratique continue de la lecture."
Précise Sylvie Vassallo.

Inspirée par l’ameublement que l’on trouve habituellement dans les bibliothèques, cette pièce de mobilier, dessinée par A+A Cooren, permet d’exposer des albums et d’autres ouvrages aux formats divers. Elle a également pour objectif de dédier, au coeur de l’habitat, un espace spécifique à la lecture. Destinée à un jeune lecteur, cette bibliothèque donne une vision plus attrayante du livre.
Tout en en permettant un usage facile et pratique, elle permet de développer une vraie
relation avec le livre et plus largement la lecture. Accompagnée d’un tableau noir, d’une lampe et d’un rouleau de papier, cette bibliothèque offre un espace idéal à la lecture et à l’écriture.

Aboutissement du projet

Ce 12 avril 2014, chacune des familles recevra une bibliothèque permettant d’accueillir les livres qu’elles ont elles-mêmes achetés. Des sélections d’ouvrages personnelles, qui répondent à leur sensibilité propre.

Un développement à plus grande échelle

Après observation de l’incidence de cette action sur la relation à la culture, aux livres et à la lecture, qui s’est révélée positive en de nombreux points, le Centre souhaite étendre cette expérience à d’autres villes et d’autres familles. Pour cela, il souhaite engager de nouveaux partenariats et soutiens qui permettraient de mener plus largement cette action de médiation.

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