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Dans la Babel de Noisy-le-Grand

Faisant partie des 12 collèges inaugurés à la rentrée grâce au financement du Conseil général, le collège international de Noisy-le-Grand est le seul établissement de ce type en Seine-Saint-Denis. Visite de ce collège modèle, qui propose 4 langues inhabituelles : chinois, arabe, portugais du Brésil et anglais des Etats-Unis.

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(photographies : Eric Facon/ le bar Floréal)
Au collège international de Noisy-le-Grand, les classes ne s’appellent pas 6eB ou 4eG. Non, ce matin de décembre, nous avons rendez-vous avec quelques élèves de la 4e Rio et de la 6e Tunis. Ainsi va la vie de ce nouveau collège international - le 3e en Ile de France, le 11e dans l’Hexagone – où le seul fait de passer dans un couloir vous fait voyager d’un bout à l’autre de la planète.

200 élèves, répartis en quatre sections internationales, qui proposent des langues peu étudiées et faisant sens pour la population du département : chinois, arabe, portugais du Brésil et anglais-américain. Autant de langues qu’il ne s’agit pas seulement d’apprendre, mais aussi de manier avec de plus en plus de précision.

A côté des traditionnels cours de langue, les 6e et 4e (le collège n’accueillera des 5e et 3e que l’année prochaine) reçoivent en effet aussi des cours d’histoire-géographie ou de mathématiques dans la langue de la section concernée.
Lou-Roch, en 6e, qui a choisi le chinois, suit ainsi des cours de maths dans la langue de Confucius.

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Ces cours portant sur d’autres matières sont dispensés par des professeurs appelés DNL (Disciplines non linguistiques). Alexandre Ktenas, professeur d’histoire-géographie, délivre ainsi une partie de ses cours en anglais. Lui qui a déjà été professeur d’autres classes européennes tire un bilan très satisfaisant de ce premier trimestre. « Ca s’est très bien passé. Avec les 4e, on a commencé l’année en étudiant l’esclavage et la traite négrière dans les Etats-Unis du 18e siècle et là, on commence un chapitre sur la révolution américaine. Le cours en anglais se fait dans la continuité du cours en français : quand on aborde des notions complexes, on fait en sorte que les élèves les aient déjà vues une première fois en français », explique-t-il, tout en soulignant l’implication de ses classes.

Même son de cloche chez Thiago Da Rocha, professeur de portugais du Brésil. « Ici, le critère pour la sélection a vraiment été la motivation des élèves, et pas le fait qu’ils aient déjà des notions dans la langue étudiée. Cela donne aussi l’occasion à des élèves qui s’intéressent à une langue et une culture étrangères de satisfaire leur curiosité et de progresser au contact de ceux qui sont déjà plus avancés », souligne cet enseignant brésilien originaire de l’Etat de Rio de Janeiro. Ainsi, sa classe de 4e compte par exemple 6 grands débutants et 4 élèves bilingues mais qui recherchent à se perfectionner à l’écrit.

Eléna, en 4e, hésitait entre l’américain et le portugais mais elle a finalement opté pour la langue lusophone parce qu’avec une mère d’origine italienne, elle maîtrisait déjà une langue latine.

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Pour Eya, en 6e section arabe, le lien était même encore plus direct. Son objectif est ainsi de pouvoir approfondir davantage la langue et la culture de sa famille, d’origine tunisienne.

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Mais il y a aussi ceux qui, attirés par une calligraphie et une culture déterminée, se sont lancés sur une simple envie. Comme Jules qui s’est mis au chinois sans aucune connaissance préalable.

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« Il existe de toute façon un atelier de renforcement pour les 6e qui ont peu ou pas d’années d’expérience », complète Mei-Yueh Ly, une des professeures de mandarin. « Et puis parfois, ne rien savoir au départ rend même service : certains grands débutants sont ainsi plus attentifs que certains qui croient déjà savoir », glisse-t-elle, dans sa classe de chinois décorée d’affiches répertoriant les caractères de base.

Pour les 6e, les professeurs organisent également des ateliers de découverte des 3 autres langues proposées, en vue du choix d’une LV2 qui se fera dès la 5e. « Pour ces initiations, on commence par des choses très simples », détaille Mme Ly. Par exemple, la rentrée concorde avec une fête chinoise qui s’appelle la fête de la Lune. Ca permet aussi d’introduire un caractère chinois qui fait référence à la lune. »

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Pour Jules, Catarina, Zakaria ou encore Tamara, l’apprentissage de la hamza, de la tilde ou du « th » va se poursuivre tout au long de l’année. Bientôt, ils seront en mesure de recevoir les correspondants étrangers qui ne devraient pas tarder à être accueillis sur les lieux – les différentes sections sont en train de tisser des partenariats, avec le Delaware par exemple. Et pour les plus grands, si tout se passe comme prévu, peut-être pourront-ils rejoindre d’ici 2016 le futur lycée international, en construction à 200 mètres de là.

A suivre : après Noël, un reportage sur l’internat du collège international de Noisy-le-Grand

Christophe Lehousse

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