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Censure sans censure

Dans le cadre des 16ème journées cinématographiques dionysiennes, les élèves de la classe de 3è du collège Fabien, inscrite au dispositif collège au cinéma, ont rencontré jeudi 4 février Laurent Aknin. Le critique et historien de cinéma a abordé avec eux le thème de la censure au cinéma à L’Ecran de Saint-Denis.

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« J’aime beaucoup travailler avec des collégiens et lycéens car je crois beaucoup en leur perception des choses » s’enthousiasme Laurent Aknin avant de débuter la ciné-conférence avec les élèves.
Dans la salle Armand Badéyan du cinéma l’Écran, les élèves s’installent face au critique et Carine Quicelet, responsable jeune public. Chaque année depuis la naissance du festival en 2000, le thème choisi fait un lien avec l’actualité « L’année dernière c’était la place de la femme dans le cinéma. Mais cette année, après les attentats en France, la question de la liberté d’expression était en phase avec l’actualité » explique Carine. Face à son jeune public, Laurent Aknin présente la censure au cinéma avec : La vie d’Adèle. Les lumières s’éteignent comme si un extrait allait passer à l’écran. Mais non. Les lumières se rallument quelques minutes après. « Monsieur on a rien vu » se manifeste un élève. « Oui je sais. J’ai voulu vous montrer la censure, sans faire de grand discours. Vous confronter directement ». Les élèves sont dubitatifs... Après quelques explications, le critique parle maintenant du film Antéchrist, qui a également perdu son visa d’exploitation ce qui signifie qu’il est désormais interdit aux moins de 18 ans. « Je dois vous parler de la censure, mais qu’est-ce que je dois vous montrer ? » interroge Laurent Aknin. Là est là vraie question. Deux films abordés, deux films qu’ils ne peuvent pas voir. Afin de ne pas perdre son public, Laurent Aknin enchaine avec Faisons un rêve réalisé par Sacha Guitry en 1936, de quoi faire un bond dans le passé et accrocher l’attention des élèves. Attentifs, ils répondent aux questions et réagissent lorsque le critique donne des indications pour le visionnage des extraits. « Les collégiens sont plus actifs, ils répondent. Ils sont spontanés, ce qui m’oblige à leur répondre du tac au tac. » s’amuse Laurent Aknin.

Une journée d’apprentissage

Pour Perrine Baron, enseignante au collège Fabien, cette journée est importante pour les élèves « Ils découvrent des extraits de films qu’ils ne connaissent pas, avec des problématiques inconnues pour eux. Ils étaient assez surpris de voir que la censure existe encore, même si on en avait parlé en classe ». Mais c’est aussi un moyen de réinvestir le travail fait en classe « On travaillait sur Fahrenheit 451 en classe, alors ça tombait à pic. Et je pense que cette journée est également importante pour leur vie de citoyen. ».

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Pour les élèves, à l’issue de la ciné-conférence, le bilan est positif « J’ai vraiment aimé cette rencontre. C’était très intéressant et j’ai apprécié parler avec lui, raconte Morgane pour continuer, On ne connaît pas trop comment çà se passe la censure. J’ai beaucoup écouté. » Du positif, mais également des découvertes cinématographiques « Personnellement je ne connaissais pas les films. Les extraits qu’on a vus m’ont donné envie de les voir en entier. Surtout ceux en noir et blanc car nous n’en voyons jamais. » confie Abigail tout sourire.
Un public qui a largement répondu aux attentes de Laurent Aknin « Ils ont posé de très bonnes questions. Même sous des airs un peu « je m’en foutiste », en grattant, on a des questions très pertinentes. », comme celle de Mohamed après la ciné-conférence « Mais pourquoi il y a de la censure au cinéma, et pas dans les jeux vidéos ? », Laurent Aknin « Je n’y avais pas pensé ! » L’après midi, les élèves ont assisté à la projection du film Agora de Alejandro Amenabar, qui traitait… de la censure.

Maëliss Orboin

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