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Carton plein pour le Boxing Beats

Samedi 13 février 2016, le Boxing Beats d’Aubervilliers accueillait pour la 3e fois de son histoire les finales des championnats de France amateurs de boxe féminine. Le club-phare en matière de boxe femmes dans le département a vécu une superbe soirée, avec les titres de Sarah Ourahmoune et Stelly Fergé.

Saïd Bennajem est dos au ring. Comme toujours quand les juges doivent rendre leur décision à l’issue du combat d’une de ses boxeuses, l’entraîneur et fondateur du Boxing Beats s’octroie ce petit geste de superstition. Il faut dire que l’enjeu est de taille : sur le ring, Sarah Ourahmoune, la boxeuse qu’il accompagne depuis ses 15 ans et qu’il a notamment menée au titre de championne du monde en 2008. La locale de l’étape a l’occasion de remporter son 10e titre de championne de France, ce qui lui ferait égaler le record de Virginie Nave, l’ancienne puncheuse de Grande-Synthe.
Le juge central s’avance et lève sans surprise le bras de Sarah Ourahmoune. La salle d’Aubervilliers chavire de bonheur, Saïd Bennajem et Marcel Denis, l’entraîneur actuel de la « petite Sarah », brandissent le poing.

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Pour la boxeuse de 34 ans, à la recherche cette année d’une qualification olympique avant de raccrocher les gants, c’est beaucoup d’émotion d’un coup. « C’est un titre très symbolique ce soir, commentait-elle après coup, les yeux pétillants de bonheur. Je suis heureuse de fêter ce moment entourée de mes amis, de ma famille, des gens qui me soutiennent depuis des années. Et puis, c’est beau de pouvoir dire un au revoir sportif à ma ville, Aubervilliers, puisque c’était sans doute aussi mon dernier combat en France », ajoutait la jeune femme après avoir reçu sa ceinture nationale des mains de sa mère.
Elle comme d’autres devaient sans doute refaire mentalement tout le parcours depuis son tout premier titre de championne de France, décroché en 1999. « Je la revois encore lors de sa première année, se souvenait Saïd Bennajem. Elle est exemplaire, elle n’a jamais lâché et elle a su changer sa boxe au fil des ans. Après le changement de notation des combats, elle a su passer d’une boxe de contre à une boxe d’attaque. C’est une fille qui s’adapte tellement vite ! »
Ce qui s’est encore vérifié samedi soir, où Sarah a mené son affaire de main de maître en -51 kg face à une boxeuse pourtant très volontaire, Wassila Lkhadiri, 20 ans, du BC Hyérois.
« On se connaît bien. Ces dernières semaines, on s’est pas mal croisées dans les stages de l’équipe de France », racontait Sarah Ourahmoune. « Du coup, j’avais décidé de ne pas partir avec une stratégie très définie à l’avance. J’ai voulu y aller au ressenti en essayant de me réadapter à sa boxe toutes les 30 secondes, histoire d’être plus imprévisible ». Un plan qui a parfaitement fonctionné puisque les juges attribuaient la victoire à la locale de l’étape à l’unanimité.
De quoi donner un surplus de confiance à l’Albertivillarienne qui vise désormais une qualification pour les Jeux de Rio, son grand objectif. « Les Jeux, c’est un rêve d’enfant », disait celle qui avait loupé le coche de très peu en 2012.

Déjà subjuguée à ce moment de la soirée, la salle de l’Embarcadère n’avait pourtant pas encore tout vu. En -57 kg, une autre boxeuse du club, Stelly Fergé, était en effet opposée à Julie Le Galliard, championne de France en titre. L’affiche est une revanche, le remake de la finale de l’année dernière. Stelly Fergé, en quête de son tout premier titre seniors, commence son combat sur la défensive, sans doute crispée par l’enjeu. Les deux boxeuses se neutralisent avant que Julie le Galliard ne semble même prendre le dessus. « Change de rythme, Stelly ! », crient Saïd Bennajem et Sounil Louazani à leur protégée au cours du 3e round. Un message qui parvient jusqu’aux oreilles de Stelly qui lâche enfin le frein à main dans la 4e reprise et remporte le combat.

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« L’année dernière, j’avais perdu contre cette même adversaire et avant ça, j’étais bloquée au stade des demi-finales. Donc forcément, j’étais un peu crispée. Mais au 3e round, Saïd et Sounil m’ont reboostée et je me suis dit que je ne pouvais pas perdre devant ma famille, mes amis, mes collègues de travail », rembobinait celle qui a poussé la porte du Boxing Beats il y a 8 ans maintenant. Après ce premier titre national, la puncheuse de 23 ans rêve plus grand : championnats d’Europe et championnats du monde. « Pour moi, c’est un nouveau départ, j’aimerais intégrer l’équipe de France », jubilait-elle.

En équipe de France, Stelly retrouverait notamment Estelle Mossely, impressionnante de maîtrise samedi soir en -60 kg face à la toute jeune Flora Pili (victoire 3-0). Couvée du regard par son champion de compagnon Tony Yoka, qui possède déjà son billet pour Rio, la boxeuse du Red Star Champigny vise elle aussi une qualification rapide pour les Jeux.

Au dernier coup de gong de la soirée – un combat pro masculin en guise de clôture – Saïd Bennajem s’avouait comblé. « Je suis un entraîneur heureux. C’est une soirée magique avec ces deux titres et tout ce monde qui s’est déplacé. Ça veut dire que le Boxing Beats a une vraie valeur ajoutée par rapport à la boxe féminine et en même temps, il nous reste encore tellement de choses à développer... Je sens que j’ai la fibre », finissait-il dans un éclat de rire.

Christophe Lehousse

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Les 8 championnes de France de la soirée :

- 48 kg : Cassandra Crèvecoeur (Calais) bat Nassia Mekkid (Grande Synthe) 3-0
- 51 kg : Sarah Ourahmoune (Boxing Beats Aubervilliers) b. Wassila Lkhadiri (Hyères) 3-0
- 54 kg : Delphine Mancini (Vigneux) b. Mona Mestiaen (Hénin) 3-0
- 57 kg : Stelly Fergé (Boxing Beats Aubervilliers) b. Julie Le Galliard (Dombasle) 2-1
- 60 kg : Estelle Mossely (Red Star Champigny) b. Flora Pili (Saint-Avold) 3-0
- 64 kg : Amina Zidani (Le Havre) b. Wendy Couvercelle (Fosses) 2-1
- 69 kg : Marie-Hélène Méron (Compiègne) b. Malika Gonthier Silva (Pessac) (1 pour, 1 contre, nul préférentiel)
- 75 kg : Erika Guerrier (Istres) b. Davina Michel (Tchok Matinik) 3-0

Les tournois qualificatifs pour les Jeux de Rio :
- tournoi continental du 7 au 17 avril, à Samsun, Turquie, qualification pour les finalistes
- Championnats du monde à Astana, Kazahstan, du 19 au 27 mai, billets pour les trois premières

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